Alain Guionnet – Journal Revision

12 août 2010

ATTAQUE DE STORMFRONT

Tandis que Momo voit en Aigle Noir un « monsieur », Stormfront attaque l’oiseau majestueux, car il y a rivalité entre lui et les services de renseignement de Sa Grâcieuse Majesté britannique. Difficile de savoir s’il s’agit du MI5 ou du MI6, mais une chose est sûre : de la même façon que le renseignement britannique infiltra Combat 18, il a maintenant pris le contrôle de Stormfront. Impossible d’expliquer autrement le fait que le malheureux Alain Guionnet ne puisse plus répondre aux insultes qui lui sont lancées, sous prétexte que Stormfront ne parviendrait plus à le joindre à son adresse maille, ou courrielle, pourtant accessible à tous. « Pris le contrôle de Stormfront » peut aussi bien se comprendre dans le sens engluche (pris le commandement), que dans le sens français.

Un lecteur de Sturmfront titre ses sournoiseries « Troll ou parano ? » Troll est anglicisme jugé incompréhensible, au même titre que kifer, pourtant turkisme. Disons simplement que l’auteur du billet voit dans le site un pêcheur qui disposerait malicieusement ses filets pour attraper le poisson, pratique inconnue de l’aigle. Son thème est « Holocauste ». Le quidam écrit : « Vous connaissez tous l’excellent documentaire en 6 parties sur l’Holocauste avec la voix de Vincent Reynouard. Si ce n’est pas le cas, il faut absolument que vous le visionniez. Mais ce n’est pas de ça que je veux parler ici. Une personne qui se nommerait Alain Guionnet, et animerait un journal appelé Revision y consacre un pavé complètement absurde et délirant : “Courroux cornélo-issisois”. Alors que pourtant, non seulement la voix de Vincent Reynouard est aisément reconnaissable mais en plus il lui suffisait d’aller sur le site de VHO pour savoir que c’était Vincent Reynouard, et non le Renseignement militaire français ou la “Veuve irrégulière” (il désigne la franc-maçonnerie) qui en est à la source. D’autres articles sur le même blog, décidément très étrange mais pas inintéressant d’une certaine manière, semblent également sortis d’un autre monde. Quelqu’un en sait-il plus à ce sujet ? »

Pourquoi se plaindre de ce billet ? demande l’ingénu, puisqu’il fait de la réclame au site ? Prenons les choses par le commencement : l’archisupost d’Aigle Noir se nomme Alain Guionnet, point barre. Il anime le journal Revision, qui ne paraît plus depuis mars 2009, suspension due aux attaques subies de toutes parts. En imputant « Holocauste » au renseignement militaire français, lié à la Veuve irrégulière, qui n’est pas la franc-maçonnerie en général mais surtout hexagonale, le site, pas Aigle Noir, posait un filet justifié par la concordance des dates entre l’attaque du navire Marmara Bleue par les commandos israéliens le 31 mai 2010 et la mise en ligne d’« Holocauste » peu après. À chacun son truc. Pour le chimiste, tout est neutron, proton ou molécule ; pour l’historien, tout est date, chronologie ou synchronie, ou encore verbe. Cela dit sans penser antisémitesquement. Enfin, que d’autres papiers du site semblent sortis d’un autre monde est plutôt compliment.

Un autre lecteur de Sturmfront s’interroge. Il cite l’encyclopédie juive Wikipédia, qui dit des choses fausses, avant d’en perdre son rubis con.

Un troisième exulte : « On va faire très simple, pérore-t-il, voici un extrait de l’ouvrage de Robert Faurisson Réponse à Valérie Igounet (p. 89). Question : J’aimerais connaître le type de rapports que vous entretenez avec les autres révisionnistes (suivent les noms de plusieurs révisionnistes). Alain Guionnet ? RF : “Alain Guionnet, c’est un alcoolique. Je n’ai rien à ajouter.” »

Quelle crapule ce Fofo ! Il y a quelques siècles, il aurait dit c’est un « hérétique », ou un « arien », propos rédhibitoires destinant Guionnet à l’enfer, sans qu’il pût s’expliquer devant Yahvé-Élohim. Car Fofo a toujours rêvé d’être caïd, comme de nombreuses gens. Seulement, il s’agit de remettre les choses en place.

C’est Guionnet qui a soutenu Fofo en 1986, initialement à son insu. C’est lui qui a décidé de bousiller sa vie pour lui, pas l’inverse. Guionnet reprochait à Fofo ses excès rhétoriques, tout en désirant associer sa forme de révisionnisme à l’antijudaïsme, car il voyait dans les deux unis pierre philosophale. C’est Guionnet l’historien, science dénigrée par Fofo, incapable de débattre ou de comprendre les vers de Rimbaud et Lautréamont, où alcool et drogue ont leur place. Fofo fait partie des siffleurs de la merveilleuse pièce de Corneille Attila roi des Huns, difficile à saisir. Fofo est de culture jésuitique, Guionnet plutôt janséniste. Mais s’il faut être alcoolique pour apprendre le hongrois, pourquoi pas ? S’il faut être alcoolique pour comprendre qu’Ausrottung signifie bannissement, très bien. S’il faut être alcoolique pour commenter « Holocauste » sous le titre « Courroux cornélo-issisois », c’est possible. Ou encore pour dire que Leichenkeller signifie morgue, au lieu de dépositoire, tant mieux.

Les auteurs d’« Holocauste » ont clairement saisi ce dernier point. Que le commentateur soye Vincent Reynouard, soit, mais il subsiste des contradictions. Comme on l’a vu dans l’affaire Jürgen Graf, son traducteur hongrois dit Ottó Perge travaille pour le renseignement. Car le renseignement est là, dans l’ombre. Sur ce point, en dehors de la qualité des commentaires d’« Holocauste », la richesse de la documentation assemblée par les auteurs du reportage est troublante, au point que nous nous interrogeons : Reynouard est peut-être le commentateur, mais comment ces documents sont-ils tombés dans ses mains ? Question que nous pourrions lui poser s’il était libéré. Une chose est sûre, le site travaille pour le renseignement privé, indépendant. Il s’imagine que la tête noire pourrait un jour être susceptible d’entendement. Hélas ! il ne touche pas un rond.

Pour la petite histoire, c’est Guionnet qui initia Reynouard au révisionnisme de la dernière guerre à Caen il y a de nombreuses années. Il participa à un tournoi de go et en profita pour papillonner la ville, avec « Rapport Leuchter, finies les chambres à gaz ! », « Cabalistes, cachez vos Protocoles ! » et quelques autres étiquettes. C’est sans doute la première qui retint le plus l’attention de Reynouard en sa qualité de futur ingénieur. Un peu plus tard, lors du procès Michel Lajoye à Caen, où Guionnet témoigna en sa faveur avant d’être vite exterminé, il parla avec Reynouard dans cette ville victime des bombardements alliés de 1944. Guionnet introduisit ainsi le ver dans le fruit caenois.

(15h40 : à signaler un premier commentaire arrivant de Floride : « Stormfront, et tous les autres forums, sont fortement infiltrés par nos ennemis et très mal gérés. » Son auteur emploie des mots différents que ceux du site, mais le constat est proche : rares sont les têtes goyes qui dirigent un site hostile au judaïsme. Accessoirement, parler de Sturmfront au lieu de Stormfront n’est pas coquille.)

13 avril 2010

ÉTUDE DE JACQUES HALBRONN

Jacques Halbronn développe actuellement sa thèse suivant laquelle l’auteur du Protocole des sages de Sion se serait inspiré de publications antitalmudiques. À commencer par la plus célèbre d’entre elles, celle d’August Rohling, initialement publiée à Münster en 1871 sous forme de petit livre de 67 pages : Der Talmudjude : zur beherzigung für Juden und Christen aller Stände (Le juif talmudique : pour l’encouragement des juifs et des chrétiens de toute condition). C’est sans doute la première fois que le titre est intégralement traduit en français. Il fallut attendre 1888 et 1889 pour qu’il fût publié en français, sous les titres Le juif talmudiste et Le juif selon le Talmud. Halbronn n’en est qu’à son premier brouillon, où il met l’accent sur l’originalité de sa démarche, hélas ! traditionnellement rejetée en France par l’israélite comme par l’antisémite (seul Jean Drault l’a esquissée, à un moindre degré que le colmarois Joseph Santo, qui a insisté dessus, sans doute sous l’influence teutonne). Toujours fâché avec le germain, Halbronn peut donner l’impression dans son brouillon que Franz Delitzsch, opposant à Rohling, était juif. Or l’auteur de Rohling’s Talmud beleuchtet (Le Talmud de Rohling éclairé, 1881) était luthérien et ses arguments gagneraient à être connus.

Surtout qu’il eut pour fils Friedrich Delitzsch, assyriologue bien connu de Revision. C’est lui qui retraça comment, en kiènguigeois, mag (grand dans le sens de sublime) fut initialement transcrit par un pictogramme représentant une verge en érection et sa bourse. C’est Friedrich Delitszch qui amena le site à voir dans le « chiffre d’homme » 6 une verge au repos avec sa bourse. De telle sorte que la démarche d’Halbronn et celle du site sont inverses. Halbronn part de Rohling pour en arriver à dire mot de Franz Delitzsch, tandis que le site part de son fils avant de considérer les écrits de son père comme forcément intéressants. Avant de jeter un œil, enfin, sur le petit livre de Rohling de 1871, qui se trouve à la biliothèque de l’Alliance israélite universelle. Il y a d’autre part la démarche d’Édouard Drumont, qui préfaça Le juif selon le Talmud, traduit en français d’après une version postérieure à celle de 1871.

Rohling était francophone et 1871 retient l’attention, car ce fut cette année-là que les Prussiens, accompagnés de leurs banquiers juifs, entrèrent victorieusement dans Paris. Voilà un lien entre antijudaïsmes français et germanique auquel Halbronn ne songe pas. Pour le reste, Halbronn reprend la thèse dominante suivant laquelle les Protocoles (quel barbarisme !) auraient été écrits à Paris par un agent de la police secrète russe. Il n’examine pas le texte, mais s’arrête sur le mot sage, qui n’a rien de péjoratif et qu’il compare à rabbin. Seulement, avant l’âge de quarante ans, un rabbin ne saurait être sage selon la cabale juive. En sa qualité d’astrologue et de juif juste, Halbronn a étudié la cabale juive, mais il n’en parle pas, comme si elle était étrangère à l’affaire Protocole des sages de Sion, ce qui est en partie vrai. En revanche, sa maîtrise de l’hébreu est remarquable.

Outre-Rhin, Johannes Rothkranz commet la même erreur qu’Halbronn dans Die Protokolle erfüllt (Les Protocoles accomplis, dont le deuxième tome parut en 2004). Ce sédévacantiste n’a toujours pas compris que protocole fut écrit au singulier par les sionistes en 1898, quand ils publièrent le compte rendu de leur premier congrès de Bâle, en 1897. Et le choix des sionistes s’explique aisément : ils empruntaient ce mot au jargon administratif français, à cet État laïque dont les fonctionnaires sacralisaient le protocole. Autrement dit, le sionisme est d’inspiration néologique juive. Il s’agit d’un courant de pensée racial et national, plus politique que religieux. Ce qui échappe à Rothkranz, pour qui le religieux prime le politique. Quant à Halbronn, il se trouve quelque part dans le cosmos.

Encore qu’il soit coincé par sa religiosité. Halbronn tient la lecture du chiffre 6 par le site pour « obscène ». Point sur lequel il rejoint le catho’, mais pas le chrétien réformé. Delitzsch était réformé, comme Élie Reclus, auteur d’une étude remarquable sur l’éviration-excision. Encore ce matin, un alsaco réformé écoutait attentivement la thèse du site suivant laquelle 6 représenterait verge au repos et bourse. Ce qui expliquerait l’ostracisme dont est victime le site. Ni juif ni catho’, il serait d’inspiration réformée ! Grave erreur quand on sait son hostilité à Luther, Calvin et à leurs compères.