Alain Guionnet – Journal Revision

15 avril 2016

ISSY BY NIGHT

Filed under: Uncategorized — guionnet @ 13:53

Il se passe toujours quelque chose à Issy. Après avoir appris la défection de Jean-Michel Morin, en partie pour de bonnes raisons, le guide a descendu la butte. Oui, Morin a raison quand il assure que son patronyme est répandu en Bretagne et qu’il n’a pas de rapport avec Maure, mais avec mor, entré en usage en français avec la Côte d’Armor, nom novlangue d’un département qui, pour une fois, n’est pas idiot. Non, il  a tort de refuser notre offre de promotion, car il espère que Marine Le Pen sera élue présidente en 2017 et qu’il deviendra apparatchik.

Au bistrot, le guide ne paye pas un rond. C’est Bibi qui lui paye un coup, puis le colonel armingo, qui nous dit que 38 soldats arméniens furent récemment tués au Haut Karabakh et beaucoup plus de soldats azéris, qui auraient abandonné 14 véhicules blindés sur le terrain.

Information d’Issy à prendre sous réserves, Issy n’étant pas agence de presse mondiale, mais l’Arménien, devenu armingo à Issy et Clamart, a toujours eu tendance à copiner avec le Magyar, par la suite avec le frangyar, mot qu’on prononce frandyar.

Question races, on n’est pas déçu à Issy, tour de Babel en miniature. Voilà deux portos, un grand (1,93 mètre) et un petit. Le grand se dit porto au mépris de la règle argotique qui veut qu’on fasse semblant de jaser grec. En hommage à Argos, d’où est tiré argot, ce que peu de gens savent.

Venons-en à Bibi, qui est vanvois, pas issisois, car il habite du mauvais côté de l’avenue du Général De Gaulle. Il a bossé aux États-Unis, au Canada et en Australie, normal qu’il ait difficultés à jaser issisois.

Le guide le banche sur le calvinisme, larron un peu basané intervient dans la conversation. On s’aperçoit alors qu’affaires religieuses intéressent tout le monde. De parents laïques, Bibi s’est intéressé à histoire des religions trop tard. Ce néophyte croit à tort qu’islam est religion comme les autres. On doit certes à l’islam le croissant de la boulangerie, mais c’est à peu près tout.

Le larron est évangéliste protestant. Il fustige Rome et son cannibalisme. Ceci est mon corps, ceci st mon sang, dit le curé à la messe, avant de boire du pinard et de donner à manger hostie aux fidèles. Ils sont fous ces Romains, ils ramènent tout à la personne du Christ. L’évangéliste parle du Christ, le guide de Jésus, mais tous deux sont d’accord pour ne pas dire saint.

Hélas ! évangéliste ignore que cette coutume date d’il y a 5000 ans. Du nord au sud de la Mésopotamie, d’Anatolie jusqu’au golfe Persique, temples magiques, à architecture tripartite, furent entrepôts alimentaires où on mangeoit et buvoit. Christ ou Jésus était inconnu, mais Rome a conservé cette tradition en la travestissant.

Le guide a dit quelques mots d’Étienne, qui n’était pas juif et dont le comportement fut magnifique devant le sanhédrin. Avant d’être lapidé, dit l’évangéliste. À comparer avec la croyance imbécile d’un bénévole du Secours catholique du Bas-Issy, à Notre Dame des Pauvres il y a deux semaines, qui s’imaginait qu’Étienne avait été crucifié.

Même Jésus ne fut pas crucifié, mais cloué au pilori en forme de T. Tout le monde comprend. L’évangéliste rapproche Étienne et Paul, sans que le guide sache pourquoi. Du coup il botte en touche. Il assure que le juif Paul a longtemps hésité avant de condamner l’excision. Bibi feint de s’étonner. Le guide assène : « Littré était médecin, il définit circoncision par excision du prépuce. » Le Vanvois ferme sa boîte à camembert.

Puis le guide tente de mettre les pendules à l’heure. Au cinquième siècle, le diocèse d’Issi, « peut-être peuplé de 200  habitants », dirigeait Vanves, Clamart, Meudon, grande partie du quinzième arrondissement de Paris, rive boulognoise de la Seine. C’est à cette époque, celle de Clovis, que nous nous référons.

Clovis est père d’Issy, et tout le monde devrait savoir que Lutèce se trouvait en Hauts-de-Seine,  sans doute à Nanterre. Voyez villa d’Issi, d’environ 200 habitants, au plus, au cinquième siècle, qui détenait un tiers de la superficie de l’actuelle Paris. « Jusqu’à Montparnasse  ? » demande Bibi. Oui, Issi tient Convention et Vaugirard, même si putes bretokes de Montpar’ lui échappent.

Putes dont nous avons jasé. Amende de 1 500 euros pour le client, de 3 500 en cas de récidive, est scandaleuse. Pourtant presque tout le monde ferme sa couenne.

5 jeunots se pointent. Bibi les accuse d’être puceaux, le grand portos le soutient. Guide papy, c’est comme ça qu’on l’appelle, juge qu’un jeune homme au regard vif n’est pas puceau. Il fuit. Puis un de ses collègues, qui reste de marbre. Bibi fait semblant de ne pas avoir pigé. Il trimballe maintenant son petit clébard au poil noir, pas sa femme Laurence, comédienne, dont il dit parfois pis que pendre.

L’idiote dénigre parfois Assad, soutenu par les complotistes dont Bibi fait partie, même si personne ne fait apologie du Lion.

Comment voulussiez-vous qu’on créât parti frangyar dans ces conditions ? Avec un déserteur bretoc et un quart de Slave ?

Le guide a perdu au baby-foot, il est furieux.

Programme du futur Parti frangyar : former l’aspirant secrétaire général Bibi, qui a lacunes et dont maîtrise d’engluche est décommandée pour jaser issisois. Bibi est de surcroît vanvois, étranger à Issy. Mais le guide ne va pas embaucher un armingo, ce serait le monde à l’envers. Les armingos d’Issy n’ont de cesse de taper sur les révisos. Le colonel a payé un coup au guide, à qui il a donné tuyaux sur les affrontements au Karabakh, mais ce n’est pas suffisant. Kara signifie noir en turk, langue que comprennent les armingos non dégénérés parce que francisés, entre autres, et les frangyars.

Armingos veulent-ils adhérer au Parti frangyar ? C’est à eux de répondre, ils sont branchés sur toile, où ils pressurent selon nous maladroitement.

Pourquoi pas un Magyar parmi les responsables du parti ? Mais c’est nous, françois, qui lui avons légué sa double croix, c’est nous, françois, qui prononçons frangyar de façon horrible aux oreilles du Magyar, c’est à nous d’édicter la loi.

Issisois et Vanvois appellent le guide papy, ils ont en partie raison, le sachant doué au papy-foot.

Formule littéraire, car même une femme peut battre le guide au papy-foot. Ce qui signifie pour le musulman qu’il ira en enfer, mais pas pour le guide, qui conclut femme m’a foutu une branlée, quelle salope !

Mieux vaut ne pas chercher finesse d’esprit à Issy, où on trouve bons pinard, champignons et œufs, c’est tout. On ne pêche même pas le silure.

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