Alain Guionnet – Journal Revision

29 mai 2015

PATIENCE

Filed under: Uncategorized — guionnet @ 17:42

Timide et prétentieux que Ladislas Nemes parce que fils à maman ? C’est possible, ce qui n’était pas évident au départ. Nemes serait un peu comme Olivier Mathieu, métis belgo-boche éduqué par sa mère, victime de sensiblerie artistique.

Pédés ne sont pas seuls parfois efféminés, garçons de mère seule sont susceptibles de l’être. Culture hongroise est plus patriarcale que la française, c’est en partie tant mieux. Les gens appellent là-bas le Grand prix du festival de Cannes Nemes Fejes, Fejes étant nom de son père. Il est réalisateur de cinéma et de télévision. Il débuta sa carrière sous l’ancien régime, en un temps où de très nombreux professionnels des médias étaient juifs. Pas officiellement, puisque tout le monde était « camarade », mais c’était connu de tous. Dans les années quatre-vingts, on estimait à 300 000 le nombre de juifs de Hongrie pour un peu plus de 10 millions d’habitants, soit près de 3 % de la population, record d’Europe.

André Fejes est né à Jászberény, dans le nord de la Grand Plaine, en 1945. Il débuta sa carrière cinématographique en 1969, ayant réalisé la plupart de ses films sous l’ancien régime, surtout pour la télévision mais aussi quelques-uns pour le cinéma, en y incluant 1989. Il n’en réalisa que trois depuis, dont le dernier en 2008. László est son fils unique, dont il a reconnu la paternité, tandis qu’il n’a sans doute pas épousé Nemes. Wikipédia Hongrie ne l’indique pas dans sa brève biographie, son œuvre ne retenant plus guère l’attention. Fejes n’est sans doute pas juif, parce que né le 27 mars 1945. Il fait vraisemblablement partie des anciens membres du Parti socialiste hongrois.

C’est son caractère qui fait l’homme. Ladislas Nemes est ambitieux et s’est montré audacieux en écrivant le scénario, avec la scénariste Clara Royer, de « Vie de Saul », et en tournant le film de façon originale, entouré de gens compétents. Il aura beaucoup plus d’impact que « Shoah », navet de Lanzmann, qui s’appuie sur les témoignages de prétendus rescapés des Sonderkommandos. Aussi Nemes a raison, mieux vaut montrer les Sonderkommandos en action, en faisant œuvre de fiction, plutôt que les paraphraser, comme fait Lanzmann.

Impact de « Vie de Saul » est difficilement prévisible, mais il sera grand. Il provoquera choc en retour, car, comme l’a établi le veuvard Léon Bourgeois, image marque plus les esprits que mots.

Toile est rigolote, elle réagit au quart de tour. Juifkipédia vient de publier papier sur András Fejes, traduction incomplète mais fidèle de celui de Wikipédia Hongrie. Hier vendredi, quand vous entriez Nemes Fejes sur Google, vous tombiez aussitôt sur articles hongrois et sur ses photos, dont la dernière reproduite par Revision bat record de popularité. Mais c’est fini. Commentaire de Revision est cité en partie par Google, car le regard de l’agent présumé de CIA sur Nemes est intrigant.

Plutôt que de s’opposer entre agences juive et antijuive de presse, mieux vaudrait que Ruquier invitât Nemes et Guionnet à se crêper le chignon sur son plateau. Sur histoires de France et Hongrie, tout le monde sachant Sonderkommando foutaise. Ça aurait plus de poids qu’à Bonaparte. Auschwitz sera cependant incontournable, aussi Guionnet dira que le Documment URSS-008 a prouvé l’existence des « bains spéciaux » et qu’il est la véritable source de Nemes. Le cinéaste prétend que c’est Voix sous la cendre, ce qui n’est pas totalement faux, mais il s’agira de rendre le bébé Auschwitz à son père, l’ours d’Union Soviétique.

Patience, cela devrait finir par se faire. Secte révisote française est nulle en magyaritude. Elle rejette Guionnet parce qu’il ne l’est pas. Il n’y aura pas besoin de sortir son sabre, ce sera occasion de montrer pusillanimité d’État, fier d’afficher qu’il existe François d’esprit frangyar (mieux vaut tard que jamais).

Politis du 16 mai juge Nemes d’« une incroyable prétention et d’une terrible naïveté », opinion similaire à celle de Revision (c’est apparemment femme qui a écrit le papier). Mais pourquoi ? Parce que Nemes est fils à maman ? C’est possible. Parce que sa création fut supervisée et avalisée par services de renseignement ? C’est aussi possible, car ne jase pas d’Auschwitz 2 qui veut. Bonaparte fut angoissée (au féminin, car c’est une rue) quand Revision l’assaillit jeudi. Hongrie est impliquée dans l’affaire, c’est sûr, mais aussi France. A quel niveau ? On ne sait pas, mais ce n’est sans doute pas Hollande qui a planifié l’opération, plus préoccupé par son ancienne prostate que par toute autre chose.

Résultat de l’affaire, tout le monde va bientôt jaser d’Auschwitz 2 au lieu d’Auschwitz-Birkenau. Fofo a fini par l’indiquer dans Courrier du continent. Hélas ! le jésuitard écrit II au lieu de 2, comme si le boche avait voué culte au latin. Vous avez d’un côté le pape, avec ses anglicismes et ses latinismes, de l’autre Revision, avec ses francismes. Il faudra être patient avant que frangyaritude entre en usage ; mot décoiffant, selon Taubira. Mais toile va vite.

Cahal, tu es cuit sur ce terrain.

Biographie de mère de Nemes n’a pas encore été trouvée, parce que cachée. On ne sait pas si elle est juive.

Un commentaire »


RSS feed for comments on this post.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :