Alain Guionnet – Journal Revision

1 mai 2015

GÉRARD, GÉRARD, GÉRARD

Filed under: Uncategorized — guionnet @ 19:16

Premier mai, rien d’autre à foutre que glander. Guionnet rencontre Gérard dans la rue, notez l’identité de la première lettre de glander, Guionnet et Gérard. « Ça va ti, ça va ta ? » c’est comme ça qu’on jase à Issy. Gérard est ouvrier du livre depuis longtemps retraité, il appartient à la même secte que Guionnet.

Gérard a entendu causer des cadavres de nourrissons exhumés, mais il ne connaît pas la date. Selon lui, on trouve pareils charniers partout, y compris au jardin du Luxembourg. Il a participé à fouilles dans la vergne. Sous la Maison forte, il y avait trois niveaux de caves. Au presbytère de Saint-Étienne, un souterrain, où il a parcouru une dizaine de mètres il y a soixantaine d’années, car il n’avait pas de lumière et n’était pas rassuré. Le curé interdisait aux enfants d’y entrer. Gérard ne sait pas où il conduisait. Ce tunnel date de l’époque carolingienne.

Des soldats ont souvent cantonné à Issy, car on voit tout ce qui se passe alentour du haut de la « colline ». Il y avait galerie souterraine reliant Issy à Versailles, qui conduisait peut-être plus loin, en direction de Dreux. Elle permettait le passage de deux carioles, avec relais-poste, ainsi qu’aux nobles et aux bourgeois de fuir Paris en cas d’émeute. Elle avait été creusée au moins en partie au-dessous de la voie dite romaine reliant Paris et Versailles. De telle sorte que la ligne de métro d’Issy emprunte peut-être le trajet de l’ancienne galerie. Ce qu’il en reste pourrait faciliter la construction du prolongement de la ligne jusqu’au sud des Moulineaux. Difficile d’aller plus loin, car ça monte quand on arrive à Meudon.

Selon Gérard, enfants des religieuses n’étaient souvent pas tués après leur naissance, mais pensionnés dans des fermes, avant qu’ils devinssent garçons d’écurie, ou bien qu’ils entrassent au monastère ou au couvent. Il était simple d’abandonner « marmot » autrefois, aucune formalité à accomplir. Nombreux étaient les bébés qui mouraient faute de pouvoir téter le sein maternel.

C’est Gérard qui a dit souvent, car il n’exclut pas que certains nourrissons fussent tués, même si des bébés des religieuses ont pu connaître le sort des enfants abandonnés, dont beaucoup moururent de mort naturelle. Les survivants auraient été pensionnés, souvent dans une ferme, avant de devenir peut-être pour la plupart religieux, faisant vœu de chasteté, bien que telle ne fût pas leur volonté. Gérard croit savoir que ces enfants entraient à l’école religieuse à l’âge de six ans.

Voilà interprétation d’histoire d’un gars qui nous a fait découvrir les ronds de sorcières de la forêt de Meudon, qui nous a appris hier qu’il y a deux Plaines, celles d’Issy et de Clamart. Gérard est pur issisois, espèce très rare. C’est chic type de race parigote (trois générations ou plus).

Ça fait plaisir de jaser entre ouvriers du livre. Revision a cru voir dans les cadavres des 40 nourrissons qui auraient été exhumés dans l’ancien jardin du séminaire montagne. Non, corrige Gérard, c’est monticul. Et il parle de Marguerite (de Valois, pour les étrangers), de son château et son domaine. Guionnet a fait mine de le corriger : « De la maison de Marguerite, même si c’était un palace. » Puis tous deux sont tombés d’accord sur le fait que Marguerite était sans doute sacrée sauteuse.

Idem sur le plan machiavélique de Guionnet pour tuer Santini. Gérard a tout de suite compris que le coup du « whouaf ! » pouvait lui être fatal, car le parigo est loin d’être idiot. C’est lui qui, le premier, nous a donné explication tangible du sort des enfants des religieuses. Tout paraît coller, qu’enfants des religieuses devinssent religieux semble tomber sous le sens, bien qu’il fallût y penser.

Bravo Gérard ! Tu montres au monde ébahi que le parigo-issisois en a dans le cigar — même si Gérard fume pipe. Occasion en même temps de découvrir l’existence d’une secte dont peu de gens parlent, celle des ouvriers du livre.

Gérard est comme Napoléon, il bigophone et lit en même temps. Il s’écrie soudain : « La chapelle des Enfants fut inaugurée en 1933 rue de l’Abbé Grégoire ! » Traduction : dans l’ancienne rue de l’Église, à quelques dizaines de mètres au sud de l’ancienne Maison forte. Mais pourquoi des Enfants ? Gérard ne pose pas la question tant réponse semble évidente : parce qu’un charnier de bébés aurait été découvert dans l’actuel parc Jean-Paul II avant 1933.

On appelle le bâtiment chapelle rose, devenu église orthodoxe, car Issy fut victime de nombreuses invasions, dont celles des Slaves ou des portos. Maison polonoise, où exerçait sœur Madeleine, se trouve presque à côté, notre champ de vision étant actuellement très limité. Le polac, bien que slave, est souvent catholique romain, mais il y eut immigration à Issy et alentour de Slaves orthodoxes. Avantage, on peut célébrer deux fois Noël chaque année.

Vanves est source à laquelle s’abreuver, Gérard est d’accord là-dessus. Il lance G sur le sentier d’Enfer de Vanves. Péremptoire, G rétorque : « Place Denfert-Rochereau est imposture maçonnique, parce que construite sur le tracé de la rue d’Enfer ; rue d’Enfer de Vanves conduisait sans doute dans sa direction. » Heureux les ignorants, dit Grand Frère, avis que nous ne partageons point.

Conseil ouvrier est en cours de formation à Issy. Nous avons lacunes, mais projettons de liquider la salope d’Historim, faussaire d’Historia. Rues de l’Église et du Moulin de Pierre sont nôtres, Maison forte et chapelle rose nous appartiennent, sus à l’étrangère !

Gérard conseille à G de laisser tomber bataille d’Auschwitz, car il est perdant. Il a raison. Lecteurs ne se passionnent pas pour bataille d’Issy, ils ont tort en revanche. Les idiots n’ont pas compr!s que qui tient Issy, tient Paris.

Gérard a beaucoup voyagé. Il s’intéresse aux symboles. C’est lui qui a jasé de la croix gammée qu’on trouve un peu partout depuis l’antiquité. Il parle de l’Inde, qu’il connaît bien, et de Rome. Il ne précise pas dans les catacombes, vie souterraine romoise ayant été très riche, comme à Paris et Issy. Mais il est vrai que le touriste l’ignore généralement. On peut certes visiter les catacombes de Paris, hélas ! sur petit circuit touristique. Lors du siège de Paris de 1870-1871, rien n’était plus facile que de briser l’encerclement de la ville en empruntant souterrains, mais aucun historien, à notre connaissance, n’a évoqué cette possibilité, sans doute utilisée par le renseignement militaire.

Propos révisé par un lecteur en commentaire. Question à étudier, bien que Revision soye beaucoup moins douée que Vieille Taupe en matière de vie souterraine.

Sur la croix gammée, G a asséné : « On l’a trouvée à Suse, au quatrième millénaire avant notre ère. On y voit parfois roue solaire, mais rien n’est mois sûr. » Réponse du corniaud : « C’est où Suse ? » — A l’extrême sud de la Mésopotamie. » Doublement faux, car la croix gammée fut mise au jour en Susiane, pas forcément à Suse, sa capitale. Et puis, Susiane se trouvait au nord-est du golfe Persique, pas au nord-ouest, au pied des monts Zagros. Tout le monde devrait avoir entendu parler de Suse et de Susiane, mais Veuve a rayé ces noms des manuels scolaires. Idem en ce qui concerne les « Indiens » d’Amérique, qui auraient disparu dans la dernière édition des manuels d’histoire Nathan. De telle sorte que pensée unique risque bientôt de nous interdire de parler de ruse de Sioux.

Gérard a enchaîné sur la croix celtique qu’on n’aurait trouvée qu’en Bretagne. Whouaf ! rien n’est moins sûr. Nationalistes nippons arborent croix celtique, connue en Hongrie, cercle et croix alliant masculin et féminin. Or le mag’, comme le nippon, sont négationnistes du genre des mots. Toutes les croix peuvent traverser millénaires et faire tour du monde. Croix à double traverses de longueurs inégales date par exemple d’il y a cinq mils ans. C’était signe d’écriture qui signifiait prince. Nous croyons comprendre que la traverse supérieure représentait tête du prince, l’inférieure ses épaules. Dans le feu de la conversation, G s’est encore planté, d’où cette rectification.

Gérard est au jus de la symbolique maçonnique. Selon lui, elle date d’avant l’apparition de la franc-maçonnerie spéculatrice en 1717. Il suffirait de sortir du métro Porte de Vincennes et de monter dans la tour du château pour la constater. On y trouverait tout : triangle, équerre, compas, œil. Mais de quand datent ces symboles ? Nous ne savons pas.

Comme faussaire, le veuvard est fortiche, résistance d’Issy est dérisoire à côté. Gérard n’emploie pas subjonctif parfait, bien qu’il voye et croye.

Un commentaire »

  1. Pour un souterrain allant bien au-delà de Dreux, lire, parmi les contemporains : Arnaud de l’Estoile ou Didier Audinot ; mais, certains mystères resteront indéchiffrables aux faux mages imbus qui prétendent « dater » les symboles !
    Avant de « jaser » sur la Sigaut, lire son bouquin, par politesse.

    (Merci du tuyau, je n’étais pas dans les souterrains dans le passé, surtout que je supporte mal obscurité et humidité. Faux mage est diffamation, mais je ne te ferai pas de procès, car je les perds tous. Sur la croix gammée, je fais mon boulot d’historien de banlieue. On la trouve dans Sumer d’André Parrot. Si garce Sigaut m’envoie son bouquin, je le lirai, mais elle parle mal françois et est franche-maçonne, deux crimes à mes yeux. Ça fait toutefois plaisir d’être lu par gens attentifs, quel est ton grade ? Et être lu par gens attentifs signifie que J doit s’inquiéter pour ses couilles. Ce n’est pas moi qui le liquiderai, c’est à d’autres de le faire, NDLR.)

    Commentaire par lefort — 3 mai 2015 @ 21:44 | Répondre


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