Alain Guionnet – Journal Revision

9 avril 2015

CONDITIONS D’ENGAGEMENT DANS LA HORDE

Filed under: Uncategorized — guionnet @ 11:23

Il n’a pas tort, car le séminaire est ancienne maison de Valois, mais d’autres bâtiments furent construits ensuite, histoire d’Issy étant incoyablement compliquée. Sous Ancien Régime, elle semblait simple. Quand vous voyiez toit en ardoise, la demeure était celle d’un noble, parfois d’un haut roturier, comme magistrat d’une des cours de Paris. Village d’Issy passait à l’époque pour Côte d’Azur des riches parisois. Issy était leur Saint-Tropez.

Pourquoi Valois est-elle venue habiter Val-de-Seine ? se demande l’Issisois. Abruti bretoc semble avoir compris, laissons-le se bercer d’illusion.

Seule connaissance basique d’excision est requise. Il faut ensuite apprendre quelques mots hongrois, mais c’est facile. Les Goths des hordes d’Attila ont vite appris les quelques mots turks huniques indispensables. Personne n’a à être d’accord sur rien, sauf sur les qualités militaires du régiment. Autre exigence, on prononce Talmud, pas Talmoud, comme Soral, l’olibrius et le juif.

Voyez comment on descend doubleplusmètre de son perchoir. Quand on s’en prend à lui, on réduit huluberlu à olibrius.

Voyez que révolution avance avec son conseil ouvrier. Danny devrait être ravi. Le mage s’avoue vrai nègre, ce qui chagrine Smith. Il espère chambouler le monde, conformément à sa vocation, comme disent d’aucuns.

Régiment hussard est différent des autres corps d’armée. Discipline est requise au combat, comme avant et après le coup de main. Interdiction totale d’allumer cibiche ou de s’arrêter au bistrot en chemin. Comme boches et légion étrangère, hussards connaissent le rôle pouvant être décisif du bordel. Surtout que le hussard pense avant tout à sa pomme. Aussi est-il récompensé pour son courage par les putes mises à sa disposition.

Clause qui attire de nombreux volontaires. Mais que voulez-vous ? elle figure au contrat. Argu démagogique, dit Touroul. Mais Aigle Noir s’énerve : « Ça va, Touroul, tu t’emmerdes en Hongrie, où tu dépéris, où tu as donné vie à peu d’aiglons. Moi, j’essaye de former vraie horde, impossible d’y parvenir sans démagogie. »

Bref, hussard a mental anarchiste discipliné, ce qui est redoutable.

L’Issisois est cependant préoccupé par les 40 nourissons qui auraient été sacrifiés à Issy. « Quand leurs cadavres furent-ils  exhumés ? » Enquête difficile en perspective. Mais histoire avance parfois comme ça. Quelqu’un propose à historien piste de recherche, à lui de se débrouiller ensuite. Revision a longtemps étudié le roman du dix-hiuitième écrit par un séminariste en argot issisois. L’auteur était plutôt partisan des jansénistes contre les jésuites. Il a fallu du temps pour que cette étude remontât au sommet des autorités ecclésiastiques, dont une partie aurait jugé qu’il lui est conseillé de taper un peu sur les jésuites au moment où le pape jésuite François sème la terreur.

Ne voulant pas s’avancer à visage découvert, cette coterie aurait voulu recourir aux services du mage d’Issy, dont tout le monde sait l’hostilité aux jésuites. Puis, croyant connaître l’animal, les intrigants se seraient dit que pour l’accrocher il fallait lui donner os à ronger. De telle sorte que l’affaire des 40 nourrissons d’Issy serait vraie et avant tout connue de religieux prêts à révéler cet infanticide massif en faisant appel à un profane.

Si tel est le marché, d’accord, même si l’étude s’annonce difficile, car arme principale du hussard est renseignement, son sabre étant secondaire.

Chez les hussards, on voit généralement dans la thèse du vingtain, ou un homme pour vingt, fable. Question débattue dans les cercles frangyars et magyars passant au-dessus de la tête de nombreux François. Mais cette clause figure au contrat, où il est écrit que tout hussard doit avoir notions d’histoire, au point d’être susceptible d’avouer qu’il ne sait pas l’origine de son nom.

Un commentaire »

  1. Putes ou pas putes, à Jacquot et ses moulins à vent les belles meunières, à la horde les belles émeutières !

    Cela ne s’impose pas, mais il est vivement recommandé, avant toute forme d’engagement, de lire Le Hussard, roman de l’espingouin Arturo Pérez-Reverte narrant l’aventure andalouse de Frédéric Glüntz, un jeune Alsacien, et son ami Michel de Bourmont, tous deux officiers du 4e régiment de hussards des troupes de Napoléon. Ça en fiche un coup.

    (Non, ne lisez pas ce livre, c’est œuvre de faussaire. Le vrai officier hussard était magyar. Il avait appris à jaser françois, mais avec son accent, avec son r palatal plus roulé que la bite d’un juif. Il n’employait jamais certains mots comme mec, qu’il disait meg. Idem pour pèze, qu’il appelait pénz. Le vrai hussard ne causait jamais non plus du lac Palatin, mais du lac Balation. Il connaissait en revanche le camembert de Tihány, et ne vous risquez pas à lui dire que camembert n’est pas mot hongrois, car vous risquez de prendre un coup de sabre. L’écrivain espingouin continue de se vanter de la râclée que les Ibères ont foutue à Napoléon. Il a vu dans les hussards ses ennemis les plus redoutables, étant entendu que les Ibères ont vaincu les troupes de Napoléon en grande partie par la petite guerre, ou guérilla, dont les hussards sont spécialistes. Il y eut peu d’Alsaçois parmi eux, car les Germains ou assimilés sont réputés peu doués en cavalerie légère. Bien sûr de vrais hussards du Roy de France habitèrent en Alsace et dans les départements de l’est en général, pour raisons climatiques et gastronomiques, le Magyar supportant mal le climat marin. Pour la bouffe, il aime les assiettes bien garnies comme le boche. Si vous l’invitez à manger, ne songez pas faire des économies sur les patates ou sur les cochonailles. Le vrai hussard est souvent svelte et athlétique cependant, car il consacre une grande partie de son temps à son hongre. Ce n’est pas le hussard qui fixe ses heures de travail, mais l’animal. Il arrive que le hussard se bourre la gueule, tandis qu’il est souvent confus au plan des idées. Il déteste seulement le despotisme oriental, et mieux vaut parfois éviter de lui parler des Turcs de la Sublime Porte. Dans tout roman sur les hussards, présence d’un vrai Magyar parmi les personnages, si possible officier, est indispensable, sinon on risque de ne rien comprendre. Il est courageux et intelligent, en même temps parfois mélancolique. Le romancier est invité à préciser son origine géographique. Le plus simple est de la fixer en Slovaquie, éventuellement près d’une ville, car l’officier hussard avait des notions de françois, langue de la noblesse, de Germain, langue des affaires, de latin, longtemps langue officielle, avant qu’il quittât Hongrie. Les hussards magyars étaient devenus assez peu nombreux sous Napoléon, en partie pour de sombres raisons politiques. Il y avait de tout parmi eux, des nobles et des roturiers. Précisions indispensables à donner quand on jase des hussards. Il est d’ailleurs sptipulé dans le contrat d’engagement dans la horde que notions d’histoire sont requises, en particulier sur celle des hussards. Tout a changé au fil des siècles. Le hussard contemporain ne monte plus un hongre, tandis que les règles de petite guerre ont changé, mais l’esprit demeure. Bien que souvent individualiste, le hussard fait passer avant tout l’intérêt de son unité. Il est anarchiste discipliné, NDLR.)

    Commentaire par Mimile L. — 9 avril 2015 @ 20:08 | Répondre


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