Alain Guionnet – Journal Revision

14 février 2015

PEAU DE BANANE

Filed under: Uncategorized — guionnet @ 14:42

Sages de Revision ont beaucoup papoté ces derniers jours. Vieil utragaucho a décidé de mettre de côté conseil ouvrier. À peine plus jeune ultragaucho, guide du sit, l’y a encouragé. Résolution fut prise par le conseil : on laisse tomber idéologies révolutionnaires, on glisse peaux de banane sous les pieds de l’ennemi. Sur théorie du complot nous sommes modérés. Bien sûr qu’il y a complot, mais aussi complots, important étant d’en discuter ; principe étant on observe d’abord, on jase ensuite.

D’aucuns remarqueront que conseil de Revision perd son côté subversif, que c’est jargon administratif. Mais il deumeure ouvrier, sages œuvrant au sein du conseil. Et puis, on ne peut plus être subversif sous Grand Frère, mais seulement faire petites objections et tenter de glisser peaux de banane sous ses pieds, tactique adoptée à l’unanimité par les sages.

On pourrait enchérir, par exemple sur thèse du complot en ce qui concerne les attentats du 7 au 9 janvier, plusieurs éléments nous y autorisant, mais on ne le fait pas, car on veut du lourd ; voyez débat des sages en commentaires des papiers de cette semaine. Ça chauffe au conseil entre ultragauchos et agent du Mossad. On a décidé, par exemple, de ne plus jaser de Panamza, mais de Panamza, car il y a guide à la tête de cette publication pour l’instant mystérieuse. Il dirige une équipe, c’est certain, il n’est pas historien, c’est certain. Propagandiste ? Oui, mais pour qui bosse-t-il ?

Pour Veuve, qui s’est sentie attaquée le 7 janvier ? C’est possible. Mais Panamza, c’est du lourd. Voyez discussions de cette semaine des sages à ce sujet. Agent du Mossad le déteste. Chef de Mossad France, excusez du peu, invité au conseil de Revision, est tranchant. Pour lui, pas de quartier pour Panamza.

On ne sait pas qui est Panamza, mais il ratisse large et confirme que ses dires ne sont pas balivernes. Il cite Journal officiel du 27 janvier, qui reproduit question de Christophe Premat, député socialiste républicain et citoyen des Français établis hors de France, qui « attire l’attention de M. le ministre de l’intérieur sur les circonstances du décès du policier Helric Fredou dans la nuit du 7 au 8 janvier à Limoges. Helric Fredou était directeur adjoint du service régional de la police judiciaire de Limoges et était chargé de rédiger un rapport sur l’entourage familial de Charlie-hebdo. Ses funérailles se sont tenues dans la plus grande intimité. Les interrogations sur les conditions de son décès se multiplient et notamment dans la presse internationale. Il aimerait savoir si un rapport plus détaillé sur les conditions de son décès est envisagé. »

Cazeneuve n’a pas répondu. On avait compris ce qu’a dit le député des Français de l’étranger à la lecture de Panamza, malgré ses lacunes en écriture d’histoire, mais c’est affaire dans l’affaire. Qu’un commissaire de police ait été assassiné par les services de renseignement est scandaleux. Que deux sous-officiers français et une de leurs femmes le fussent au Ruanda par DGSE l’est moins, hiérarchie oblige. Barbares s’interrogent sur cette pratique française, ils ont raison, car il était inutile de tuer Fredou.

Guionnet plaisante avec un agent du Mossad. Il lui dit qu’il le quitte car il a plusieurs plats au feu dont le Fredou, dont il espère que la viande ne sera pas trop cuite. Mieux vaut goguer en pareille situation. Mais c’est affaire dans l’affaire, tuer Fredou ne servait à rien.

Jasant modérément de complot, Revision s’interroge sur la mort de Fredou, comme barbares et Français de l’étranger, c’est tout pour l’instant. Revision n’a pas sorti son artillerie lourde, mais elle le fera le cas échéant. En boche on dit déjà Revision überalles! en magyar Revision mindenütt!

Que banane est bonne !

Un commentaire »

  1. Ça ne fera certainement pas avancer le schmilblick mais il est bon de se remémorer cette page importante de Debord, extraite des Commentaires sur la société du spectacle :

    « Ainsi, mille complots en faveur de l’ordre établi s’enchevêtrent et se combattent un peu partout, avec l’imbrication toujours plus poussée des réseaux et des questions ou actions secrètes ; et leur processus d’intégration rapide à chaque branche de l’économie, la politique, la culture. La teneur du mélange en observateurs, en désinformateurs, en affaires spéciales, augmente continuellement dans toutes les zones de la vie sociale. Le complot général étant si dense qu’il s’étale au grand jour, chacune des branches peut commencer à gêner ou inquiéter l’autre, car les conspirateurs professionnels en arrivent à s’observer sans savoir exactement pourquoi, ou se rencontrent par hasard, sans pouvoir se reconnaître. Qui veut observer qui ? Pour le compte de qui, apparemment ? Mais en réalité ? Les véritables influences restent cachées, et les intentions ultimes ne peuvent qu’être assez difficilement soupçonnées, presque jamais comprises. De sorte que personne ne peut dire qu’il n’est pas leurré ou manipulé, mais ce n’est qu’à de rares instants que le manipulateur lui-même peut savoir s’il a été gagnant. Et d’ailleurs, se trouver du côté gagnant de la manipulation ne veut pas dire que l’on avait choisi avec justesse la perspective stratégique. C’est ainsi que des succès tactiques peuvent enliser de grandes forces sur de mauvaises voies.
    (…)
    Puisque les sources d’information sont rivales, les falsifications le sont aussi.
    (…)
    La surveillance se surveille elle-même et complote contre elle-même. »

    La salade niçoise présente quelque qualité, à condition d’en faire bon usage.

    Il n’est pas indifférent de penser que Panamza est une des branches concurrentes du complot généralisé pour maintenir l’ordre établi en place. En jouant le rôle de pôle de négation et en balançant des « informations » ou des « leurres » en dehors des moyens discrédités de la communication officielle, Panamza joue la carte des représailles et en même temps anesthésie, puisque privé de pensée, mais non dépourvu d’arrière-pensées. Pourquoi ? Pour le compte de qui ? Pour quels services ? Qui cela intéresse vraiment ? Pour l’heure difficile de le dire clairement.

    Une certitude malgré tout, en refusant de se mouiller avec le réviso, Panamza délimite son champ d’investigation et se montre assujetti aux vieux préjugés d’un monde qui, quoi qu’il en pense, est en train de disparaître. À ce jeu de dupes, qui se croit gagnant, perd.

    (Voilà que, comme Debord, tu vantes la salade niçoise, mais cela ne fait pas avancer le schmilblick. Tu aurais pu écrire qui se croit gagnant perd, comme qui ose gagne, NDLR.)

    Commentaire par Danny — 14 février 2015 @ 19:33 | Réponse


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