Alain Guionnet – Journal Revision

25 décembre 2013

COCHE ET COCHON

Filed under: Uncategorized — guionnet @ 16:34

Boche et Magyar se plaignent de la difficulté du français, avec ses trois racines et ses lettres muettes, ils ont raison. Le François jase tantôt d’eau, tantôt d’hydro-, tantôt d’aqua-. Mais c’est de la faute à Académie française, même si tel n’est pas toujours le cas. Prenez cochon, porc, verrat. Porc est tiré du latin, mais cochon est d’origine inconnue, tandis que verrat serait tiré d’ancien françois selon Robert, peu de temps avant sa disparition, en 1334 ; alors que cochon apparaît aux premières heures des chansons de geste, en 1090.

Ce qui signifie que cochon serait tiré du magyar, ou oncroit. Tout le monde s’accorde pour dire que coche, coche en espingouin, coach en rosbif corrompu, est tiré de Kocs, prétendument en 1545 ; ou bien de kosci, koscsois, kocsoise en l’occurrence, Kocs ayant été ville relais entre Pest et Vienne selon la légende. Mais coche fut inventé longtemps avant, voyez études sur attelages antiques en Mésopotamie et en actuelle Russie, le magyar y ayant ajouté sa finesse, que nous ne disons pas légèreté, par rivalité (haine francomgyare étant plus forte que haine francoboche).

D’où conviction possible de l’ancien François, qui aurait vu dans le Moger grand homme ayant pu le transporter ailleurs, en monde merveilleux ; avec son coche, ou son cochon, de la même façon que Guion est diminutif de Guiot. Cochon nous montrerait ainsi voie à suivre.

À noter succès du cochon plus marqué en Alsace et en Bretagne que partout ailleurs en France, dont les races ont souvent traits plus grossiers que les autres. Nous attribuions précédemment ce phénomène au fait que le bretok aurait été taillé dans le granit — ou dans un menhir, pour lui faire plaisir. Erreur, car il serait fils du cochon, quatrième animal le plus intelligent, après dauphin et éléphant, bien sûr.

images

Spécimen bretok

Voyez intelligence de la bête, avec son teint rose et ses yeux persans. Devant le radiateur, comme il le fut toujours à l’école. Et encore, il s’agit d’un métis, comme M’Bala M’Bala. Mais il sait le oncroit, où cochon à trois noms sinon quatre, comme en françois, disznó, cochon, sértés, porc, kandisznó ou vadkan, verrat ; porc étant employé pour désigner viande de cochon, comme en françois. De telle sorte que quand nous jasons de Jew-Pork au lieu de New-Amsterdam, nous évoquons viande de cochon juif mort.

Année dernière, Julie Couronne, alias Luc Pfister, s’étonna qu’on ne trouvât pas site plus « antisémite » que Revision. Mais non, mon coco, ou ma cocotte, Revision est là, car État en tire profit. Sans elle, personne ne saurait que cochon est vraisemblablement tiré de kocs, peut-être nom commun avant de devenir celui d’une ville, nombreuses archives magyares ayant disparu. On prétend, en Hongrie, que coches furent fabriqués à Kocs, mais pas seulement là.

Bref, il faudrait ajouter cochon à liste des mots françois d’origine hongroise, comme pèze, mec ou hussard. À noter que régiment de hussards parachutistes se trouve en Centrafrique. Il représente les frangyars. Pas étonnant que ses soldats ayent pour devise Mon honneur s’appelle fidélité. Leur jeunesse n’est pas excuse pour crime de pensée, mais espoir pour France, Magyarie et Germanie.

Un commentaire »

  1. Il ne fallait pas compter sur le franc-maçon Buffon pour rendre justice au Cochon. Il est plus que temps de réhabiliter ce grand calomnié, qui nous montrerait la voie à suivre. Revision, à sa manière, s’y emploie.

    Écoutons en la matière M. de Cherville :

    « Tout son avilissement est de notre fait ; de mieux doués n’eussent pas résisté à l’épreuve, et nous avons d’autant moins le droit de lui reprocher la grossièreté de ses habitudes, sa voracité, sa goinfrerie, que nous en tirons un large profit ; que, grâce à tout cela, les rebuts, les déchets de la cuisine, du jardin, de la laiterie, les immondices mêmes, se trouvent transformés en une viande saine et succulente. »

    Pour Bernard Prost, son intelligence n’est plus à démontrer :

    « Il est susceptible de beaux sentiments ; on peut l’initier aux exigences du bon ton ; témoin le Cochon de Grimod de la Reynière, qui assis sur un fauteuil, occupait très convenablement sa place, les jours de gala, à la table du célèbre gastronome. (…)
    Il est en effet, aussi bien doué, du côté de l’intelligence, que certains autres animaux vantés à l’envi. Qu’on se rappelle les Cochons savants dont les danses et les exercices variés charmaient les loisirs de l’empereur Alexandre-Sévère et la vieillesse maladive du roi Louis XI. »

    Le même auteur nous propose une évocation de l’instinct maternel d’une vieille coche à laquelle nous ne saurions résister, tant elle est émouvante. On a beau se dire ultra-gaucho, on est néanmoins sensible :

    « Ne faisons donc pas du Cochon le bouc émissaire de toute la gent animale ; admirions plutôt cette Truie aimante, dévouée, poussant l’abnégation jusqu’à l’héroïsme, épuisant ses mamelles à allaiter une douzaine de cochonnets affamés, inventant pur eux des câlineries adorables dans leur gaucherie, adoucissant sa voix en inflexions inquiètes ou attendries pour les rappeler autour d’elle ou leur faire la morale, dirigeant leurs premiers pas, prenant part à leurs jeux, attentive à leurs besoins et à leurs désirs ! »

    Bernard Prost (1849 – 1915) : Le Cochon (1882) http://www.bmlisieux.com/

    (Le cochon qui est en nous guide nos pas, c’est lui qui nous porte. Au point que chaque nation lui donne nom particulier, comme si cet animal l’incarnait : cochon, pig, Schwein, disznó, maiale, même si porco est également employé en italien pour désigner le cochon vivant. On dit aussi porco madone! en argot rital, expression intraduisible. C’est en français que la distinction entre cochon, porc et verrat est la plus marquée. À noter, par exemple, que le boche ignore le porc, car il mange viande de cochon, Schweinefleisch. Il méconnaît subtilités du français, comme celle qui veut que vache change de « sexe » sur l’étal, où elle se transforme en bœuf ! Voilà sujet intéressant plus le lecteur qu’anecdotes révisotes. Quand le chrétien entend dieu est en nous, il prie avec ferveur en songeant cochon est en nous, surtout en France, NDLR.)

    Commentaire par Danny — 26 décembre 2013 @ 14:47 | Réponse


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