Alain Guionnet – Journal Revision

8 novembre 2013

PLAGIAIRE WIEVIORKA

Dans Déportation et génocide (Paris 1992), Annette Wieviorka plagie A magyar holocaust de Randolph Braham (Budapest 1988), version hongroise revue et corrigée de The politics of genocide: The Holocaust in Hungary (New-York 1981). Wieviorka indique cet ouvrage en référence, mais quand on cite un auteur dans la quasi totalité d’un paragraphe, on met des guillemets !

Après phrase introductive, la plagiaire écrit : « En effet, 435 000 Juifs hongrois furent déportés à Auschwitz du 15 mai au 8 juillet 1944. Dix pour cent environ furent déclarés “aptes” au travail. Si certains furent gardés à Auschwitz et dans ses différents Kommandos, d’autres furent dispersés dans 386 camps ou Kommandos différents, notamment les plus grands : Bergen-Belsen, Buchenwald, Dachau, Gross-Rosen, Günskirchen, Mauthausen, Neuengamme et Ravensbrück. À l’automne 1944, plusieurs milliers de juifs hongrois furent retirés d’Ukraine et des mines de cuivre de Bor pour être à leur tour dispersés dans les différents camps. Il rejoignirent le milliers de femmes et d’hommes partis en marche forcée de Budapest » (255)

Traduction correspondant mot à mot à la version hongroise, sauf qu’elle indique le but de cette marche : « pour construire mur de défense de Vienne » (Magyar t. 2, 83). Membre de phrase que la plagiaire a oublié, bien qu’il s’imposât. Wieviorka ne précise pas non plus que les juifs hongrois retournés d’Ukraine se trouvaient au service du travail, auxiliaire de l’armée hongroise, qui les avait évacués. C’est aussi Wieviorka qui ajoute « et dans ses différents Kommados », puis « ou ses différents Kommandos. Elle se croit très kitsch avec son doublon superflu.

Braham précise : « Pour se faire idée personnelle des juifs hongrois entrés dans les différents camps de concentration allemands, voyez Randolph L. Braham : The Hungarian Jewish Catastrophe. A selected and Annotated Bibliography, La catastrophe juive hongroise. Une bibliographie sélectionnée et commentée, New York, Institut pour études holocaustiques de l’université de New-York, 1984 (88, n72). Cette note ne se trouvait pas dans l’édition de 1981. Elle révèle en même temps la dualité du personnage.

Ce paragraphe est résultat de ses recherches, à l’exception de « Dix pour cent environ furent déclarés aptes au travail. » Propos obligé, car Braham fait travail de scribe. Il reproduit tas de témoignages, en indiquant à chaque fois sa source. Il écrit, par exemple : « Le but final de la route des juifs déportés de Hongrie était le plus grand centre d’anéantissement de la partie d’Europe occupée par les nazis, Auschwitz » (81). Avant d’indiquer en note auteurs ayant soutenu cette thèse. Voici extraits de citations : « l’usine de mort », « le commando de mort d’Auschwitz », « Enfer d’Auschwitz. Le témoignage d’un Sonderkommando », titre d’un livre de Filip Müller ».

Presque tout l’ouvrage de Braham est écrit sur ce modèle, comme celui de Wieviorka. Mais Braham a enquêté, lui. Il a interrogé témoins juifs hongrois, qui lui ont répondu en donnant versions contradictoires, mais dont quelques-unes sont en partie fiables. Ainsi le régime hitlérien a toujours voulu négocier avec les sionistes. Le marché des 10 000 camions contre un million de juifs est représentation caricaturale, mais il y eut transactions, non de juifs hongrois contre des camions, mais contre des francs suisses. Non pour les faire libérer dans un premier temps, mais pour améliorer les conditions de leur déportation, dès juin 1944.

Un commentaire »

  1. C’est cette même Wieviorka qui, dans son livre Auscwhitz expliqué à ma fille, affirme sans rire bien connaitre la conférence de Wannsee, tout en proposant une traduction falsifiée et partisane du procès-verbal rédigé par Eichmann :


    Elle y voit volonté d’extermination par le travail — les survivants devant être éliminés plus abruptement — alors qu’il s’agissait d’encourager, par une sorte de sélection naturelle accélérée, la régénération de la « race » juive, en vue d’une réimplantation plus à l’Est.

    Commentaire par mohacs — 8 novembre 2013 @ 22:14 | Réponse


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