Alain Guionnet – Journal Revision

30 janvier 2013

CONSEIL DE HORDE

Filed under: Uncategorized — guionnet @ 00:11

Attila et sa horde ont mangé deux fois ensemble dimanche dernier. Il y avait deux maîtres d’histoire, le bretok et Attila. Enfant, le bretok parlait cet idiome à la maison. Pour lui il est plus simple de dire « passe-moi le sel » en bretok qu’en françois. Il a aussi licence de géographie et est matheux, ce qui est rare. Il parle françois, même s’il en ignore toutes ses subtilités (ce qui est impossible, sauf peut-être pour Littré et Grevisse). Il apprécie le nom bretok.

Puis vient le portos. Comme les hordes d’Attila d’autrefois, celles d’Attila en 2013 sont cosmopolites. À noter toutefois que le portos est galois, ou celtique, comme on dit. Le gars est rusé et fortiche, comme nous le verrons plus loin.

Vient enfin bouteilliste, que nous appelons ainsi faute de mieux. Pote de Georges Theil, dit Bouteille, il est le plus vieux. Germaniste, il a toujours refusé d’apprendre l’engluche.

Et nous regrettons l’absence du métis basque, qui aurait un peu rajeuni l’assemblée.

À l’agape du midi, portos proposa de partager l’addition, quelle horreur ! Attila, radin comme pas deux, pire qu’un juif, ne voulait payer que ce qu’il avait commandé : un plat et un café, alors que bouteilliste avait proposé bouteille de Sancerre à 35 € à l’assemblée. C’était à lui de la payer, à personne d’autre. Puis le coup s’arrangea, bouteilliste tint parole. Du genre vieille France, il est têtu. Il n’a pas cédé au caprice du démagogue portos.

À l’agape du soir, dont le lieu est tenu secret, mais où il y aurait 40 % de juifs dans les confortables appartements alentour, conseil se tint dans les meilleures conditions. L’origine raciale de Chirac fut discutée. Non, nous n’avons pas de preuve que Chirac est d’origine marrane, comme dit Ours, même si sa sa mère, sinon ses parents, vien(nen)t des Asturies. Sur la sinistre loi du regroupement familial, Attila remarque qu’elle fut votée à l’initiative de Giscard d’Estaing. Oui, dit bretok, mais il avait Chirac pour premier ministre. Attila songea alors au culte shoahtique de Chirac, sans mot dire.

Portos sembla un peu coincé quand il parla du bordiguisme, avec Attila à son écoute. Il dit que Bordiga était ennemi de la démocratie, partisan de la dictature du prolétariat. Ce que tout le monde savait, sauf peut-être bouteilliste. N’importe comment, la horde est hostile à la démocratie, à l’exception de bretok selon bouteilliste. Portos aurait pu ajouter qu’Amadeo Bordiga voyait moindre mal en fascisme et socialisme national qu’en démocratie amerloque. Il aurait conquis le public, mais il ne l’a pas fait.

Pourquoi était-il tendu à ce moment-là ? Nous ne savons pas.

Bretok nous informa que le connard, pédé, enculé lorientois Le Drian est membre du Grand Orient de France. Nous lui faisons confiance, en partant du principe que maître d’histoire bretok ne saurait mentir.

Bouteilliste, qui connaît bien Udo Walendy, confia que ce dernier écrit vite et commet erreurs. Bouteilliste, sur le balcon, demanda taf de cigarette à Attila. Il a arrêté de fumer il y a six ans, mais il aime bien l’odeur du tabac qui lui rappelle sa jeunesse. Bouteilliste devient humain. Avant, il boudait Attila, peu sérieux selon lui, piètre bochisant. Mais il se ravise. Oui, la Hongrie a plus souffert de la première guerre mondiale que la Germanie. Oui, la deuxième intervention d’Attila au colloque était magnifique, car bouteilliste en a marre des bains spéciaux de Faurisson. Oui, il aimerait habiter Issy plutôt que la banlieue où il vit, peuplée d’allogènes sans foi ni loi, autres que celles de leur gang.

Tout devint limpide en quelques mots. Bouteilliste demande à Attila pourquoi il parle du boche. Car Allemand ne convient pas. Germain, tiré du latin, est nettement préférable. Et puis boche signifiait bouche en ancien françois. Boche est abréviation d’Allboche, mot inventé par des typographes nancisois, qui connaissaient le germain, avec ses nombreux dialectes dont ils se moquaient. Or dialecte se dit Mundart en germain, mot qui signifie sorte de bouche. Et l’usage veut qu’on abrège nom souvent employé, comme boche pendant la guerre 14-18, l’idéal étant qu’il soit monosyllabique, boche correspondant à Welsch — pour désigner le Französe en germain.

Nous n’osons pas imaginer que Faurisson, dans le passé, ait souligné que Guionnet parle du boche, mot qui résumerait le personnage, mais ce n’est pas exclu. Surtout quand on songe aux deux nouvelles apprises au colloque. Non seulement Faurisson se vanterait d’hypermnésie, mais il a sens aigu du spectacle, au point qu’il aurait demandé aux infirmières de le prendre en photo, le visage ensanglanté, sur son lit d’hôpital, le 16 septembre 1989. Anecdote d’autant plus vraisemblable qu’un cliché fut publié en première page de Revision n° 8 d’octobre 1989. Et, bien sûr, le pape du révisionnisme ne souffre pas le contredit, pas plus que l’analyse de ses textes.

Quelques mots furent échangés sur les autres révisos et sur l’éventuel successeur du pape. Reynouard ? Non. Sédévacantiste, il se rallierait à l’église conciliaire. Un jour ceci, lendemain cela. La liste de ses élucubrations est interminable. Tantôt le régime hitlérien est paradisiaque, tantôt l’africanisation de l’Europe ne pose pas de problème. Quant à Guillaume, il n’est plus dans le coup.

Bretok demande à Attila précisions sur l’éventuelle liaison de Guillaume avec le renseignement. Or libraire-éditeur singulier depuis les années soixante Guillaume en a forcément, ne serait-ce à son insu. Surtout qu’il fréquenta Guy Debord et sa bande, et qu’il dégomma le Parti communiste en publiant les unes de l’Humanité de 1939, faisant l’apologie du pacte germano-soviétique, et de 1945, qui titrait « Plus forts les coups sur le boche chancelant ! » ; en chiant sur la tombe à Thorez, etc. On peut le dire maintenant, son délit étant prescrit. Mais c’est piste à suivre. L’affaire fit scandale, c’est ça qui est étonnant. Trouver un étron sur une tombe est fréquent. Il n’y pas dégradation, intempéries et insectes en viennent vite à bout. Aussi l’outrage devait être vite découvert, et un agent des Renseignements généraux a vraisemblablement informé les dirigeants du Parti communiste et la presse du scandale.

Encore qu’il y ait deux possibilités : ou bien les RG communiquèrent l’information, auquel cas Guillaume pouvait travailler dans le renseignement, ou bien Vieille Taupe a lui-même transmis à la presse cette nouvelle d’une importance capitale. Dans un cas comme dans l’autre, Attila et sa horde sont unanimes : bien joué, Vieille Taupe ! Attila évoqua cette affaire au conseil, mais il ne jasa pas des questions qu’il se pose sur la façon dont éclata le scandale. C’est maintenant chose faite.

Bretok nous en a appris une bonne : Maître Éric Delcroix est de la famille Daudet. Alors tout s’explique, la vieille Action Française est représentée chez les révisos, il ne manquait plus qu’elle. L’hostilité de Delcroix au calvinisme devient limpide, quand il va jusqu’à prendre le parti du libertin pour dénigrer Calvin ; comme l’incapacité de Delcroix à digérer l’affaire Dreyfus. Au colloque, une crapule parla de l’innocence de Dreyfus. Attila songea corriger : « Dreyfus ne fut jamais innocenté, mais deux fois condamné, avant d’être amnistié par la cour de cassation. » Mais il a préféré se taire par lâcheté, car il ne voulait pas se griller pour la gueule à Dreyfus.

Il y eut influence réciproque entre Delcroix et Guionnet. De Guionnet sur Delcroix, en ce qui concerne les indispensables modifications de la rhétorique faurissonienne à apporter au combat réviso, de Delcroix sur Guionnet pour l’affaire Dreyfus. Surtout que le hussard Esterhazy fut finalement accusé. Esterhazy n’appartenait pas à un régiment de hussards, mais cet officier, qui picolait et perdait de l’argent aux cartes, était de race magyare. Guionnet est convaincu de son innocence, pas de celle de Dreyfus. Surtout que le dossier fut en partie détruit, ce qui est suspect. N’importe comment, ayant lu ou non les observations des Delcroix, Guionnet étudiât l’affaire, dont il retient deux éléments : Dreyfus ne fut jamais innocenté, Esterhazy était innocent.* Ce qui coule de source quand on connaît la Weltanschauung hongroise.**

Guionnet dit mot du quart de juif Hitler. Tout le monde est au courant. Seul bretok pose question anodine.

Le papier enfle au fil des heures, tout en restant incomplet, car Attila et sa horde ont protocoles officiel et secret, comme la crapule juive hongroise dite Max Nordau en 1897 et 1900.

Mais revenons à notre précédente conclusion : tout le monde en a marre du bain spécial qui appartient au passé. Les vieux ont fait leur boulot, c’est aux jeunes d’embrayer, en respectant ultragauche, ennemie de l’ultralibéralisme et du Cahal. (Propos qui passe loin au-dessus de la tête du connard de Bloc identitaire.)

_______________

* Dreyfus jamais innocenté, Esterhazy innocent, impossible de concevoir négationnisme plus doux. Le Cahal est invité à l’autoriser.

** Le Magyar dit látókör au lieu de Weltanschauung, à notre avis à raison, Weltanschauung étant intraduisible ; ce que nous montre le monde, ou le spectacle qu’il donne, ne pouvant être rendu par conception du monde. Spectacle du monde est assez juste, mais látókör, horizon, vue d’esprit, est pas mal. N’importe comment, il est difficile de parler de notre rapport au monde en un mot. Mais la question se pose en germain et en hongrois. Le Magyar la considère de façon inverse que le Germain. Il ne part pas du monde, mais de la façon dont l’homme le voit. Quant au François, il est largué, même si conception du monde rejoint point de vue hongrois, la base étant l’homme et ce qu’il perçoit, pas l’image que donne le monde. Pardon d’avoir évoqué cette question philosophique de l’histoire, incompréhensible pour la tête noire.

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