Alain Guionnet – Journal Revision

29 janvier 2013

TOUTSICIDE

Filed under: Uncategorized — guionnet @ 13:28

Nous avons hésité à faire notre choix à pile ou face. De quoi parler en premier, de Faurisson ou de la tentative de génocide du Toutsi en 1994 ? Mais comme nous avons évoqué le prétendu armingocide, il est logique de jaser d’abord du toutsicide pour plusieurs raisons.

D’abord une à laquelle presque personne ne songe. Édouard Balladur, dit Balladurian, patronyme de ses ancêtres, est d’origine zimmie armingote. Premier ministre de 1993 à 1995, Balladur était informé du sale boulot que faisait la France au Ruanda. Bien sûr, il n’était pas chef des armées. Bien sûr, c’était La Francisque qui dirigeait la cellule africaine de l’Élysée, mais Balladurian jouait rôle d’intermédiaire entre la présidence de la République et le ministre de la Défense. Il a couvert la tentative de génocide, comme l’aurait fait presque tout homme politique à sa place, Jean-Pierre Chevènement étant exception.

La deuxième raison est capitale. Au colloque, plusieurs orateurs ont accusé la France d’avoir participé au plan génocidaire depuis au moins octobre 1990.

La troisième raison semble aller de soi. Des organes de presse sont accusés de falsification et de négationnisme. En premier lieu le Démon, dont c’est la spécialité. Au nom de la raison d’État, bien sûr, la politique étrangère de la France, animée de bons sentiments, étant juste et parfaite. Au point que beaucoup de gens de gôche, mais aussi des trotskards, comme a dit Jean-Pierre Chrétien, étaient partisans des Houtous en 1994. Certains au nom de la démocratie, les Houtous, majoritaires, étant autorisés à tuer les Toutsis, minoritaires.

Les avis d’autres gens étaient partagés. Pour certains, que des nègres s’entre-tuent ne posait pas de problème, bien au contraire. Et il fallait avoir l’esprit tordu pour être partisan du Toutsi, comme Revision, qui se mettait dans la tête de La Francisque, désireux de diriger un génocide avant sa mort. Il ne voyait pas des nègres, mais des fils d’Abel et de Caïn ; et, comme le juif, La Francisque prenait le parti de Caïn contre Abel. Voilà résultat de l’éducation religieuse, surtout chez un homme qui croit avant tout en lui. La Francisque voulait aussi peut-être démontrer par l’absurde l’authenticité de la Shoah.

Voilà idées qui trottaient dans la tête de Revision, après que la revue eut été victime de l’opération Carpentras. Puis il y a les dates : 13 juillet 1990, vote de la cruelle loi Fabius-Gayssot, octobre 1990, intervention militaire de la France au Ruanda pour combattre une invasion étrangère qui n’existait pas. Et des officiers, seuls autorisés à s’exprimer, mentaient. Ils faisaient leur travail, comme les journalistes qui reproduisaient leurs bobards. Excellente leçon pour les étudiants de l’École supérieure de gestion : pour réussir en France, il s’agit d’apprendre à mentir le mieux possible, l’idéal étant d’avoir l’air sincère.

L’offensive des futurs génocideurs dura des années par voie de presse écrite d’abord, puis par radio, en langue locale incompréhensible pour l’étranger. Tout y passa. Le Toutsi, ce cafard, applique code maçonnique connu de lui seul. Il faut se méfier quand la Toutsie écarte les jambes. S’y ajoutent références bibliques du même type que celles de La Francisque, associées à réécriture de l’histoire. Le Toutsi, avec ses vaches, est venu du nord vivre dans le pays il y a plusieurs siècles. Il est hamite (ou chamite), ce qui sous-entend qu’il n’est pas d’origine nègre malgré la couleur de sa peau. Le Toutsi est juif, selon certains propagandistes, qui s’imaginent avoir bien compris leur mission.

Mais les mots ne suffisent pas, il faut hommes armés pour accomplir le toutsicide, et pas seulement de machettes. Aussi les génocideurs demandent l’aide de la France en s’adressant à la cellule élyséenne, qui leur répond favorablement selon un numéro du Parisien paru la semaine dernière. Ensuite le capitaine Paul Barril sera décoré à la fin de l’année pour sa contribution à la tentative de génocide.

S’ensuit accrochage entre journalistes. Patrick de Saint-Exupéry, ancien grand reporter du Figaro, dénonce le « négationnisme » du Démon, dont une des pires formes est le silence. Attila, qui a fait scandale peu de temps avant, applaudit vivement Saint-Exupéry, seul orateur qu’il a ainsi honoré. Aucun hordard ne l’imité.* Mais Saint-Exupéry a bien vu ce soutien inattendu. Du coup, il se fend d’une histoire à l’eau de rose sur deux jeunes de l’Union des étudiants juifs de France qui sont allés au Ruanda voir de leurs propres yeux les ravages causés par la tentative de génocide. Émus, en larmes, l’un d’eux aurait confié « on peut pas croire ». Saint-Exupéry ajoute « on veut pas croire ». En clair, il signifie qu’il est veuvard ; comme tant d’autres, à commencer par Le Drian, ministre de la Défense, auteur présumé de la fuite de documents auprès de la rédaction du Parisien.

Les deux journalistes du Démon reconnurent la culpabilité de leur torchon. Laure de Vulpian, journaliste de France Culture, avoua que dans son métier « c’est plus facile de suivre la position dominante », le journaliste étant à la recherche de la « ligne médiane ». Quelles banalités !

Comment en est-on arrivé à la reconnaissance par la France d’avoir favorisé cette tentative de génocide ? En partie grâce à l’aveu de Charkeuz en février 2010, qui a reconnu, en voyage à Kigali, que la France avait commis une « grave erreur ». Façon de se laver les mains. Mais pourquoi l’affaire prend-elle un tel essor ? Sans doute pour la même raison. En guerre au Mali, dont les conséquences sont imprévisibles, le gouvernement tient à faire savoir qu’il n’a pas la moindre intention génocidaire. Il prétend que le Parti socialiste n’est pas uniquement composé de tueurs, comme l’était l’illustre François Mitterrand, qui avait Balladurian pour complice.

Enfin, dit un orateur, il n’a pas été question de cette tentative de génocide pendant longtemps car il y a très peu de Toutsis en France, contrairement aux populations juive et arménienne. Au contraire, ce sont des Houtous qui sont venus se réfugier en France. Merci du cadeau !

______________

Pas tout jeune, le hordard ne comprenait pas. Il se doutait qu’Attila avait plan derrière la tête, mais il ignorait son protocole. Le voilà décrit noir sur blanc. Attila voulait impressionner Saint-Exupéry, le mettre mal à l’aise pour qu’il avoue sa condition de veuvard. Opération réussie.

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