Alain Guionnet – Journal Revision

3 décembre 2012

AFFAIRE GYÖNGYÖSI

Filed under: Uncategorized — guionnet @ 17:51

Augmentation des visites. Elles ne viennent pas des ultras, de gauche ou de droite (ni du Paris Saint-Germain, ajoute Jacques Moulin). Le public s’intéresse peu à la question de savoir quel est le sexe d’Œuvre Française. L’affluence vient surtout d’ennemis ou d’adversaires, précaution diplomatique oblige, mais pas seulement. Ils s’intéressent aux affaires oungvaroises*.

Nous les cuisons aux petits oignons, tout en cherchant à éclairer la tête noire. Nous venons de corriger la remarque imbécile de Moulin qui préconisait le port de l’étoile jaune et rouge par le juif hongrois, car Moulin aurait dû parler de rouelle, pas d’étoile ! Moulin est plus nul en histoire que Gyöngyösi, qui ironise en ce moment sur le port de l’étoile jaune et le montant élevé des sommes d’argent payées par chèque jaune de la Hongrie à Israël.

Et dire qu’Escargot, ancien membre de l’équipe, ironisait il y a quelques mois sur la maîtrise du hongrois qu’a Guionnet (on est souvent trahi par les siens)… C’est vrai en ce qui concerne ses connaissances botaniques, des espèces animales, etc., Guionnet ayant de grosses lacunes, mais il est champion en jargons historique et politique.

Nous invitons Martin Gyöngyösi à lire Revision dans le texte. C’est facile pour lui, en sa qualité de trilingue. Gyöngyösi apprendra ainsi que mieux vaudrait qu’il jasât de rouelle rouge et jaune plutôt que d’étoile jaune. Voyez aussi les notes au pied de « Figaro ment » sur la radicalité de Jobbik.

Venons en à l’essentiel. Wikipédia France ment, comme toujours. L’encyclopédie juive vient de consacrer papier à Gyöngyösi en s’inspirant des propos de Revision, mais aussi et surtout de Wikipédia Hongrie. Toutefois il n’y a pas deux façons de traduire jobbik, meilleur et plus à droite, mais une seule : Jobbik signifie le meilleur (pour la Hongrie), même si le mot est tordu.

Wikipédia France prétend que Gyöngyösi aurait déclaré au parlement que « le Jobbik dresserait la liste des dangereux juifs du gouvernement » (A Jobbik listázkozná, hány veszélyes zsidó ül a kormányban). Or c’est faux.

Selon HVG, source assez fiable, Gyöngyösi a dit : « Il y aurait ici [au parlement], en liaison avec le conflit de Gaza que nous évaluons, combien de gens de pareille origine juive qui représenteraient risque pour la sécurité nationale hongroise à l’Assemblée nationale et au gouvernement hongrois ? » Traduction conforme, bien que discutable, le texte original étant accessible. Il est cependant clair que Gyöngyösi n’a pas parlé des dangereux juifs du gouvernement, comme prétend Wikipédia France.

À noter que Gyöngyösi causa à ce moment-là classique magyar, que nous avons dit précédemment ancien, par opposition au novlangue. Mais il y a double, double peine et trouble, comme dit notre ami Shakespeare.

D’abord HVG a odieusement titré son papier du 27 novembre « Le Jobbik dénombrerait les “dangereux juifs” au gouvernement », ce qui indique qu’HVG est tenu par le Cahal. Ensuite Gyöngyösi n’a pas parlé des juifs, mais des gens d’origine juive (zsidó szarmazású ember). Puis Jobbik a eu tort de censurer le propos du député en le résumant, par crainte des fourches caudines. Gyöngyösi n’a pas parlé de liste, mais d’évaluation ou d’estimation d’un nombre. Enfin il ne parlait pas des juifs, mais des israélites dans d’autres citations, des gens de pareille origine juive dans celle-ci, dont il sera question plus loin.

La différence est énorme, car Gyöngyösi ne tient apparemment pas seulement pour juif le religieux, ou quiconque de mère juive, mais quiconque a un parent d’origine juive. Ce faisant, il définirait le juif comme les lois antijuives d’autrefois, sous le régime du maréchal Nicolas Hórthy. Gyöngyösi a sans doute lu La destruction des Juifs d’Europe par Raoul Hilberg, d’origine juive hongroise. Hilberg fut le premier à souligner que la législation antijuive hongroise était plus stricte que les lois raciales de Nuremberg de 1935. Aussi n’y aurait-il pas actuellement plus de 200 000 juifs en Hongrie, mais nettement plus. Dans sa rage, Wikipédia France occulte cet aspect des choses.

Bah ! Wikipédia France est version nullissime. Coup d’œil sur Wikipédia Hongrie. Martin Gyöngyösi est né en 1977 à Kecskemét. Son père travaillait dans le commerce international. Enfant, il vécut en Égypte, en Irak, en Afghanistan et en Inde. En 1996 il eut son bac à Budapest. En 2000 il fut diplômé d’économie et de sciences politiques à Dublin. Durant un an il étudia à l’université de Nuremberg grâce à une bourse d’étude. De retour en Hongrie en décembre 2004, il adhéra à Jobbik en 2006. Il devint vite conseiller de Gabriel Vona. Pendant les élections de 2010, Gyöngyösi joua le rôle de ministre des affaires étrangères de Jobbik (c’est Wikipédia Hongrie qui le dit). Il fut élu sur la liste du Bács-Kiskun (Kiskun signifie Petite-Coumanie, région dont le père de Sarközy serait originaire). Gyöngyösi parle engluche et germain précise Wikipédia Hongrie, comme si on ne s’en doutait pas. Marié, il a un enfant.

Suit passage sur l’accusation d’antisémitisme faite à Gyöngyösi. On y découvre en note le compte rendu de séance de l’assemblée nationale du 26 novembre. Gyöngyösi pose d’abord deux questions : combien de gens d’origine hongroise vivent en Israël ? Combien de juifs israéliens, « nos concitoyens », vivent en Hongrie ? Ce n’est qu’ensuite que Gyöngyösi demande combien de gens de pareille origine juive sont membres du gouvernement et combien siègent à l’assemblée nationale. Il ne parle pas expressément des juifs israéliens, mais pareille origine juive renvoie à ce propos.

Encore que les choses ne soient pas si simples, car Gyöngyösi évoque les juifs israéliens originaires de Hongrie. L’orateur fut deux fois interrompu par une partie des députés et le président de séance dut par deux fois faire tinter sa clochette pour rétablir le calme. Les clameurs survinrent aux moments les plus croustillants. Enfin le député fut uniquement applaudi sur les bancs de Jobbik.

Nous en restons là pour l’instant. De vains discoureurs s’inquiètent pour l’image que donne le parlement hongrois à l’étranger. Dans les jours qui ont suivi, le jobbikard Elöd Novák en a rajouté une couche, tandis que Gyöngyösi ne démord pas de ses idées. Pour une fois qu’il y a un peu d’animation dans la vie politique de la vieille Europe, nous aurions tort de nous en plaindre.

Cependant le problème reste le même depuis de longues années. L’antijudaïsme en Hongrie est plus vif qu’ailleurs pour raisons compréhensibles. Ajoutez à cela une crainte de la population : de nombreux juifs israéliens fuyant l’État juif risquent de se réfugier en Hongrie ! Phénomène depuis longtemps observable à Budapest, où nous avons bavardé avec un jeune juif friqué dans une brasserie branchée. Au moins bilingue, il avait trois nationalités : américaine, australienne et hongroise. Il avait sans doute aussi nationalité israélienne, mais n’en a point parlé. C’est lui qui vint à nous. Il était surpris de voir étranger d’Europe occidentale baragouiner magiar. Ce soir-là il semblait maître des lieux. Il était roi, surtout qu’il faisait partie de la famille du propriétaire de la brasserie. Courtois, il avait l’air civilisé.

Pourtant Guionnet avait déjà choisi le camp de Gyöngyösi, alors que Martin avait dizaine d’années. Forcément, les deux hommes ont trois points communs. Ils ont cheveu noir, leurs patronymes commencent par G (par GY pour Gyöngyösi, avec g mouillé hunique, comme dit Jacques Moulin), mais aussi ils ont voyagé et appris idiomes étrangers. Ils se sont alors aperçu que partout où ils allaient, en particulier dans les capitales, une population était distincte et presque partout pareille, la juive.

Seul petit problème, le manque de reconnaissance réciproque entre les deux, question du ressort de Gyöngyösi, « ministre des affaires étrangères de Jobbik ». Revision a fait premier pas en cherchant à reproduire le plus fidèlement possible ce que nous savons de la situation au Pays-magyar. À Gyöngyösi de renvoyer l’ascenseur. Non, la France ne se réduit pas à l’odieux accord de Trianon. Orbán a refusé en 2002 d’accorder la nationalité hongroise à Guionnet sous prétexte qu’il n’habitait pas pays limitrophe de la Hongrie, mais cela peut être revu et corrigé.

Jobbik pourrait déposer projet de loi en vue d’accorder nationalité magyare à Alain Guionnet à titre exceptionnel. Il l’a bien méritée, en dépit de ses lacunes dans la langue d’André Ady. Bien sûr, Guionnet fut membre du Parti socialiste hongrois, mais ce peut être argument en sa faveur.

_____________

* Et dire que la plupart des Magyars ignorent la signification d’oungvarois. Mot pourtant simple, c’est ungvariungvári en novlangue, d’où est tiré le mot hongrois, conformément à la légende d’Árpád.

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