Alain Guionnet – Journal Revision

1 décembre 2012

FIGARO MENT

Filed under: Uncategorized — guionnet @ 18:48

Voyez le papier du Figaro du 27 novembre sur la Hongrie communiqué par Georges Theil en commentaire de « Vive la casse ! » Comme promis, nous avons jeté coup d’œil sur le sit de Jobbik*. Il évoque les attaques portées par le parti de Victor Orbán à la double croix, souvent appelée en français croix de Lorraine, bien qu’elle fût celle des ducs d’Anjou. Toute atteinte à cet emblème national hongrois est jugée scandaleuse par Jobbik, avis que nous partageons. En revanche, cela nous semble facile de taper sur le tzigane.

Quant à l’éruption antijuive dont aurait souffert Jobbik cette semaine, nous n’en avons pas trouvé trace, sinon en liaison avec la situation au Proche-Orient. Jobbik écrit le 27 novembre : « “Après le bain de sang à Gaza en 2008-2009, nous assistons encore à la terreur militaire israélienne. En plus du bain de sang, le silence des gouvernements occidentaux soulève l’indignation.”  (…) “Ils plaident en faveur de l’allégeance à Israël au nom de son droit à l’autodéfense”, a dit Martin Gyöngyösi, député de Jobbik à l’assemblée nationale. Le représentant du parti national radical** attendait réponse du premier ministre à sa question initiale : quand le gouvernement hongrois s’élévera-t-il en faveur des victimes palestiniennes ? » Le papier d’où ces citations sont extraites est intitulé « Il ne faut pas avoir peur de Jobbik, mais du sioniste Israël ».

Voyez qu’il y a loin de la coupe aux lèvres. Jobbik soutient le palestinoque, c’est tout. Mais pour la camarilla juive Jobbik est fasciste antisémite. Gyöngyösi réclamait que la Hongrie prît le parti de l’Europe dite latine et septentrionale dans le vote à l’ONU en faveur de la reconnaissance d’un État palestinien. Ce qui devient dans la presse juive odieuse attaque antisémitique du parti fasciste hongrois, avec ses 47 députés !

Europe dite latine est expression malheureuse, car la Roumanie s’est abstenue à l’ONU. Pays de toutes les trahisons, la Roumanie fut formée dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle afin de servir de foyer national pour les juifs qui quittaient le Yiddischland. Nous avons d’illustres témoins vivants de cette page d’histoire en France, comme Copé et Roumanoff.

Selon nous Jobbik est trop mou. Raison pour laquelle Revision lui est hostile. Même si Jobbik s’améliore, car il cite dorénavant volontiers Barrikad, blog lié au renseignement hongrois, qui lit attentivement les sottises de Revision.

L’affaire de la liste des israélites réclamée par Gyöngyösi est évoquée par Jobbik. Le député souhaite voir publier les noms des israélites membres du gouvernement et parlementaires. Il ne parle pas des juifs, contrairement à ce que prétend Figaro, mais des israélites. Signe que Gyöngyösi sait manier le novlangue et qu’il s’est intéressé à la façon dont Napoléon tenta en vain de résoudre le problème juif. Il ajoute que sa demande est légitime. (Comme le serait le port de la rouelle jaune et rouge par le juif de Hongrie, ajoute Jacques Moulin).

Tout ceci explique le succès dont Gyöngyösi jouit actuellement auprès d’une partie grandissante des magyarisants. Il se pourrait qu’il ravisse prochainement la vedette à la juriste Morvai, égérie de Jobbik, qui fut longtemps victime de la pollution juive, car ayant épousé juif coupé dont elle eut plusieurs enfants avant de divorcer. Mieux vaut tard que jamais.

Fil après fil, le tricot prend forme. Revision pousse Œuvre française à se dire d’ultradroite, tout en misant sur le hussard, champion de p’tite guerre. C’est peu, mais beaucoup à la fois, le tout étant de partir de bases solides.

Toutefois l’histoire se déroule en sens inverse de celle que nous avons connue pendant des siècles. Quand les idées révolutionnaires venaient de France avant de contaminer la Hongrie. En premier lieu celle de révolution nationale et d’abolition des trois ordres, qui aboutit en théorie à la dilution de la noblesse, du clergé et du tiers-état. Or maintenant Hongrie est en tête de la révolution. Beaucoup plus proche géographiquement d’Israël que la France, l’aile radicale de Jobbik verse dans la nuance. Elle distingue l’israélite du juif, mais aussi le juif sioniste, car tous les juifs ne sont pas sionistes. Y compris en Israël, où vivent juifs opposés au sioniste. Ce « nazi » disent les uns, cet imposteur suggèrent les autres.

L’alliance de plus en plus marquée de Jobbik avec Barrikad est elle aussi remarquable. Que signifie barrikád ? se demande l’idiot. Revendication nationale + barricade, cela nous éloigne de l’extrême-droite. L’ultradroite est née en Hongrie peu après la première guerre mondiale. Elle semble renaître à présent, au point que l’historien datera sa réapparition de cette semaine, même si elle était en gestation depuis longtemps.

Yisraêl a le chic pour mettre feu à poudre, Figaro a tort de surenchérir. François et Magyar ne sont pas antijuifs de naissance, ou plutôt le huitième jours après leur naissance ; mais quand ils le deviennent, ils sont incurables.

______________

L’appellation complète de Jobbik est Jobbik magyarországért mozgalom, Mouvement du meilleur pour la Hongrie. Ou du mieux pour Hongrie, comme disent engluches et boches, mais le mieux est meilleur. C’est un comparatif, pas un superlatif. On pourrait dire Mouvement du mieux pour la Hongrie, mais cette traduction n’est pas chevaleresque, elle ne correspond pas à l’esprit magyar.

** Nemzeti radikális párt dans le texte, parti national radical, avec deux gallicismes. Ils ne datent pas d’hier, mais leur association est remarquable, szélsö, extrême, ayant pu être préféré à radikális ; mozgalom, mouvement, à párt. Surtout que le Magyar ne fait souvent pas de rapprochement entre radical et racine, pas plus qu’entre parti, part, partie, particule, particulier, etc. Pour lui part signifie côte, bord. Phénomène appelé à se développer, car il existe deux langues hongroises entremêlées, l’ancienne et l’internationale. De telle sorte qu’il est beaucoup plus facile pour le Magyar d’apprendre grande langue européenne que l’inverse. Toujours est-il que Jobbik rompt de plus en plus ses amarres avec la droite politique quand il s’appelle parti national radical. Comme le Front national, Jobbik a le soutien d’un nombre croissant d’ouvriers, peut-être supérieur à 30 %.

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