Alain Guionnet – Journal Revision

14 octobre 2012

« ENGRENAGE »

Filed under: Uncategorized — guionnet @ 18:09

« Engrenage » saison 4 est première grande réussite du film policier télévisé français. Les trois premières saisons étaient remarquables, mais la première souffrait de sa jeunesse et, comme les deux suivantes, de sa brièveté (8 épisodes au lieu de 12). Dans la saison 4, les scénaristes Anne Landois et Éric de Barahir ont eu le temps d’entrer dans l’intimité des personnages sans excès, tout en contant plusieurs intrigues synchronisées.

Dès les deux premiers épisodes Guionnet s’est senti chez lui. Au palais de justice de Paris comme à la maison Poulaga. Le caquetage était clair. Enfin les flics logent, serrent, défouraillent, fument, même quand ils se plantent. Idem au palais de justice de Paris, avec juge d’instruction et proc’, qui feignent d’être honnêtes mais sont souvent corrompus. Il songe moins à la greffière en disant cela (peu d’hommes étant greffiers), car elle peut difficilement être corrompue. Toutefois certaines sont féministes et peuvent parfois faire œuvre de justice, comme c’est le cas à la fin de la série. Bref, c’était limpide pour Guionnet : le scénariste d’« Engrenage » connaît les semi hautes sphères de l’État, dont les dernières sont justice, police et armée.

Confirmation vient d’être trouvée. De Barahir est pseudo’ d’un homme de 47 ans ayant obtenu bac C avant d’étudier droit, puis devenir « commissaire depuis 20 ans » à Paris, ensuite en Hauts-de-Seine. Tiens, tiens, on se retrouve. Barahir est nom nordique qu’on peut affubler d’une origine turke, bara hír signifiant nouvelle, rumeur, propos de bar en ungvarois. Au prix d’un effort d’imagination, car le datif prêté à bar est impropre, le bar ne donnant pas de nouvelle.

Mais Barahir est rusé comme le hussard. Selon lui, dans « les histoires, les scènes de crime, les résultats, les rapports entre les polices, les locaux… : rien n’est crédible, c’est consternant ». Dans les séries télévisées françaises s’entend, dont les scénarios sont écrits par des petites mains emmaçonnées moralisantes. D’où l’unicité d’« Engrenage », qui s’exporte très bien, tandis que la saison 4 a obtenu record d’audience (plus de 15 % de part de marché pour la chaîne payante !), car les peuples sont moins stupides que leurs dirigeants.

Le vrai libéralisme incline à poursuivre dans cette voie, mais les apparatchiks des différentes sectes s’y opposent.

De Barahir soutient la thèse qu’intermédiaires de justice et police sont plus réceptifs à ambition qu’à compétence. À cet égard il suffit d’écouter les conversations des juges de la cour d’appel de Versailles, qui rêvent d’être promus à la cour de cassation. Quand l’autorité est compromise, il s’agit avant tout de légitimer l’État selon eux. Recette donnée par « Engrenage » : quand scandale éclate, sanctionner les subalternes et promouvoir les dirigeants.

Laquelle s’applique à la BAC de Marseille. Les chefs étaient informés des pratiques de leur brigade, dont ils bénéficiaient. Mais elles étaient inévitables, un brigadier de la BAC à mi-carrière touchant un peu plus d’argent qu’un ouvrier déclaré. Et puis, les baqueux bossent entre autres dans le stupéfiant. Ils sont confrontés à des marchands de drogue dont certains roulent en Mercedes ou en BMW. À commencer par des allogènes qui bénéficient de la « discrimination positive ».

« Engrenage », qui sera projeté sur D8, est fort, car il nous fait pénétrer dans les arcanes menant du trafic de drogue au trafic d’armes, dans certains cas au terrorisme. Il y manque l’affaire des drogues hyperdures qui défrayera la chronique d’ici 2015, quand sera projetée la cinquième saison en cours de tournage.

Mais nous n’en sommes pas là. Disons quelques mots des histoires de saison 4. Très bien sa dimension cosmopolitique, avec les nègres des cités, les Ouzbeks, ces turks, les Kurdes du PKK, ces aryens islamisés, aussi crapuleux que les Ouzbeks. Toutefois les gars du PKK sont « staliniens » selon Ruffaut, chef d’un groupe ultragauchiste dans « Engrenage » selon le Démon. Mais c’est faux, comme presque tout ce que colporte le canard, car Ruffaut est gauchiste, favorable aux sans-papiers allogènes qui envahissent la France, ou bien plutôt autonome, comme il est dit à juste titre au début du dernier épisode.

L’autonomisme, courant de pensée transitoire, est apparu dans les années 70. Il résultait de la faillite du gauchisme marxiste-léniniste d’inspiration juive et annonçait l’apparition de l’ultralibéralisme. Il allait de pair avec les squats, la consommation de drogues, l’attrait du cul sans issue (même si Moulinot soutient que le cul en a une). Le mot autonome est juste pour qualifier la bande à Ruffaut du film, avec Charron, la gueuse Mazerat, etc. Tous françois, à l’exception du camarade grec les ayant ralliés, allusion à l’actualité. Tous imprégnés d’idéologie confuse, pour les sans-papiers, contre l’impérialisme, tandis que les femmes du mouvement peuvent s’avérer plus dures que les hommes, allusion à la branche parisienne d’Action directe.

Ce qui nous renvoie en arrière, quand Guionnet a vainement recommandé à Joëlle Aubron, à Montparnasse, de se calmer après qu’elle fut libérée par La Francisque, car Guionnet pressentait la suite. Oh ! il ne savait pas qu’AD allait assassiner le général Audran et Georges Besse, crimes susceptibles d’avoir été commandités par un service secret, sans preuve. Mais des gens identifiés, surveillés, ne pouvaient être résistants clandestins que dans leur imagination. Il était facile de les manipuler après les avoir ou non infiltrés.

Caractéristiques des membres d’AD : tous françois, ils ne touchaient pas à la drogue, ainsi que leurs homologues mis en scène dans « Engrenage ». En un mot, ce film est excellente fiction s’inspirant de la réalité.

Le blog du Démon du premier septembre 2012 titre « Superbe mécanique de précision » le papier de Pierre Sérisier consacré à cette série. Juste. Comme c’est vrai que Jean-Patrick Manchette fut pendant longtemps seul auteur de polars de qualité. Quand Guionnet lui rendit visite, après qu’il l’y eut invité, Manchette habitait près de chez lui, dans une ville du Bas Hauts-de-Seine. Manchette s’intéressait à l’ultragauche, pas aux autonomes dont il se souciait peu. Il se plaignait du rythme ahurissant d’écriture que lui imposait son éditeur (un polar par mois). Il faisait partie des rares gens qui vivaient de leur plume, espèce en voie de disparition. Ceci explique cela. Pendant longtemps il n’y eut qu’un seul écrivain de vrais polars en France, Manchette, car ce travail est ingrat.

Bref, le Démon dit deux trucs vrais pour mieux assener ses mensonges. Non seulement il qualifie la bande d’autonomes d’« Engrenage » d’ultragauchistes, mais il estime que de Barahir s’inspire de la bande ticouniste de Tarnac. Nenni, c’est à AD que songe le commissaire, pas à la bande à Coupat. À preuve, l’égérie de Ruffaut s’appelle Mazerat, pas Lévy !

Encore que Mazerat, avec sa perruque de cheveux noirs à la fin d’« Engrenage », ressemble à une juive. En plus, avec sa bombe, elle tue le sarrazin Samir, capitaine de police, harki amoureux de la capitaine Berthaud, pas toute jeune, prête à s’amouracher de plusieurs mecs à la fois. Dimension du film sans doute imputable à Landois, qui sait à quel point femme adore être courtisée et cherche à séduire, non un homme, mais plusieurs, la femme étant polygamique en dépit de son apparence.

Raison de l’interdiction traditionnelle de l’entrée des femmes en loge, car partout où va femme, elle cherche à focaliser l’attention sur son sexe, sur sa chatte ou sa moule, comme on voudra. Or là est moment fort d’« Engrenage », quand le film nous invite en loge. On y voit frangins d’une soixantaine d’années ou presque. Bien vêtus, beaucoup au cheveu blanc, ce qui suggère qu’il s’agit d’une tenue blanche (« bien trouvé ! l’initié comprendra », juge Jacques Moulin). De race pâle, ils sont françois ou juifs allemands.

Ils prétendent diriger l’État et ses institutions, à commencer par le Conseil d’État dans « Engrenage », c’est mille fois vrai. À noter cependant que la tenure (ancien mot) ne se déroule pas en temple, pourtant nombreux à Paris, mais en bibliothèque augmentée d’un triangle jaune à raies noires. L’orateur commence par citer Sophocle, avant que la scène soye coupée. On voit seulement des frangins applaudir en tapant leur main sur leur cuisse.

Scène de fiction-réalité. Fiction, car la tenure eût dû se dérouler en temple, avec ses deux colonnes et tout le toutime. Réalité, car les frangins sont principalement composés de vieilles barriques qui se prennent pour des sages. Réalité, car ils prétendent diriger justice et hautes institutions.

Bravo Barahir ! Tu ne racontes pas seulement des histoires de bistrot, contrairement à ce que suggère notre interprétation bancale de ton nom en hongrois. Tu dis ce que Revision soutient depuis longtemps. Au point que nous t’accueillerions volontiers dans la secte Aigle Noir, à côté de Manchette. Le titre de la série est bien trouvé, car engrenage débouche sur union. Goye, bien entendu. Celle d’un commissaire de police et d’un ultragaucho étant presque naturelle.

Camarade Barahir, nous comptons sur ton soutien pour obtenir victoire le 8 novembre dans l’affaire Protocole des sages de Sion. La balle n’est plus dans notre camp, nous avons fait le boulot. Nous méritons d’avoir même sort que François Roban, dont nous avons semblable comportement. À ceci près qu’à la place de Roban, Guionnet demandât à sa fidèle greffière si elle était frangine. Question qui s’imposait, que Barahir n’a pas évacuée, car elle correspond à long silence de Roban.

Quand Guionnet a jugé Barahir homme bien informé, il avait raison. Quand il voit en lui hussard du Roy de France, il a peut-être raison. L’avenir nous le dira. Auquel cas les mages comploteraient encore et toujours contre la coterie juive. Ils seraient son seul vrai ennemi. Ce qui n’est pas exclu. D’ailleurs Google et le CRIJF en sont convaincus.

Un commentaire »

  1. Moutons devant l’église de Tarnac :

    (Nous atteignons là sommet de philosophie de l’histoire, NDLR.)

    Commentaire par jules — 16 octobre 2012 @ 09:43 | Réponse


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