Alain Guionnet – Journal Revision

22 août 2012

PLUS LOURD QUE REYNOUARD, TU MEURS !

Filed under: Uncategorized — guionnet @ 16:36

Hier soir, réception du dernier message de Vincent Reynouard adressé à ses « amis ». Ou bien Reynouard n’est pas rancunier, ou bien il se dit qu’il n’y a pas de mauvaise réclame. Si le site parle de lui, en bien ou en mal, c’est tout bénéf’. Truc connu des intellos juifs, qui font semblant d’être d’accord sur rien, tout en se renvoyant l’ascenceur. Truc que n’a apparemment jamais compris Robert Faurisson, car il croit être seul à dire la vérité, aussi toute divergence lui est intolérable.

Avertissement avant de lire la prose de Reynouard. Bon pédagogue en ingénierie, assez doué pour le cinéma, il a en revanche de grosses lacunes en français, en histoire et en germain. Aussi allons-nous commencer par lui enseigner le français. Voici sa copie :

« L’équipe de Sans Concession vient de réaliser une nouvelle vidéo. Il s’agit d’une mise en images de la brochure intitulée Lucie Aubrac ment. Dans le film de 27 minutes, Vincent Reynouard démasque les mensonges de l’“héroïne” de la Résistance lorsqu’elle prétend expliquer à ces enfants ce que fut l’Occupation et, surtout, la Milice. S’appuyant sur tous les documents cités dans la brochure et sur plusieurs extraits de films d’archive, Vincent Reynouard prouve que la terrible guerre civile qui sévit en France en 1943-1944 fut causée non par les Miliciens, mais par la politique meurtrière adoptée par des groupements de maquisards soutenus par Radio-Londres. »

Sans Concession est anglicisme. À la guillotine donc la Cap’ de concession ! Accessoirement se pose la question du genre de vidéo. Féminin ? comme dans la presse, qui sous-entend vidéocassette. Masculin ? quand on songe à film vidéo, qui signifie littéralement film que je vois (video en latin). La dualité des genres de vidéo finira par s’imposer. Nous ne tenons pas le fait que Reynouard a donné à vidéo genre féminin pour fautif, bien que nous le soupçonnions d’avoir agi par réflexe pavlovien, Reynouard lisant trop la presse. Puis il parle de lui à la troisième personne du singulier, choix discutable. Quand on a fait un an de taule pour ses idées, comme lui et Guionnet, arrive le moment où on franchit le Rubicon, où on dit, comme Guionnet, j’emmerde le magiar, le boche, l’engluche et la Maréchaussée ! Alors personne ne se plaint, la taule pour délit de presse ouvrant portes fermées au profane.

Vas-y Raye-Nous, dis je ! tu en as le droit, tout le monde n’attend que ça. Suit énorme faute de français : on démasque quelqu’un, pas des mensonges ! Pour le coup, zéro. Puis la fadaise d’Aubrac qui expliquerait à « ces » enfants, source de confusion. Reynouard fait prévaloir sa tête sur celle du lecteur. Lui seul sait qui sont ces enfants. Il aurait mieux fait de dire aux enfants. Faute préjudiciable car sa locution accrédite la thèse suivant laquelle le réviso aurait arrière-pensées et qu’il s’entourerait de subterfuges.

Suit Cap’ à guillotiner. Reynouard a jasé de la Milice avant, ce qui est concevable car il s’agit d’une institution, mais quand il cause ensuite des miliciens, qu’il en parle ainsi au lieu de verser dans une solennité déplacée.

Puis son addiction médiatique le pousse à parler de films d’« archive », quelle horreur ! Reynouard cause novlangue, archives ayant traditionnellement été écrit ainsi, même si les mots latin et d’ancien françois s’écrivaient au singulier. Règle qu’on peut donc transgresser en parlant d’un document d’archive. En revanche Reynouard représente des extraits de films tirés de différents fonds d’archives présumés. Le pluriel est donc souhaitable à double titre, pour ne pas choquer le bibliophile rétif au novlangue et par logique.

D’où mon jugement sur l’écriture prétendument droite (orthographe) et du français de Reynouard : passable. Compte tenu de la nullité de nombreux internautes et de la formation de matheux de l’auteur, circonstances atténuantes.

Note d’histoire à présent. S’attaquer au Parti communiste pour sa politique sous l’Occupation est douteux. En même temps à femme mariée à un juif allemand de Strasbourg. Mais les affaires des époux Aubrac relèvent du fait divers. Plutôt que de « mise en images » de sa brochure, Reynouard aurait pu dire mise en scène, car son but est d’être acteur. Causer ensuite de « terrible guerre civile » est pléonasme, comme quand les journalistes jactent d’« affrontement violent ». Travers journalistique emphatique.

Revision, dans sa centaine de numéros, n’a jamais évoqué le prétendu génocide franco-français commis contre les chouans, car cet événement lui a semblé coup tordu. La revue a aussi préféré éviter le piège de la guerre civile de 1943-1944, conformément au credo ultragauchiste : pour l’insurrection, contre la guerre civile. Option idéaliste, certes, mais Revision n’a jamais prétendu donner leçons de morale, sauf en ce qui concerne les sacrifices humains.

Enfin Reynouard retire son masque d’historien quand il prend le parti de la milice contre les maquisards communistes ou prétendus tels. Il se transforme en juge, fantasme fréquent du taulard. Bref, Reynouard est médiocre en histoire.

Quant à sa diplomatie, elle mérite zéro. Mais c’est peut-être ce qu’il désire, être maudit, heremisé par les partisans de l’idéologie politiquement correcte. Heureusement que Reynouard est plus détendu dans ce film que dans d’autres. Ce qui devrait être un de ses objectifs : parler calmement et distinctement, en évitant les prises de position partisanes qui ne convainquent personne.

23 août, 15 heures, film vu intégralement. C’est à ses petits-enfants que Lucie Aubrac prétendait expliquer en l’an 2000 l’histoire de la milice. Pourquoi Reynouard ne l’a-t-il pas dit ? Mystère. Ensuite les films d’époque qu’il représente sont tirés des archives de l’INA, ce dont nous aurions pu nous douter tant l’État français est centralisé. Ils sont bienvenus, car ils plongent le spectateur dans le décor de l’époque, en un temps où les gens étaient plus petits et plus maigres. En outre nullement cosmopolites, ou si peu. Aucun membre d’une minorité visible n’apparaît à l’écran, d’autant plus qu’il est très peu question du juif.

La prétention d’historien de Reynouard n’est pas totalement usurpée, même s’il retrace surtout l’histoire de la milice de février à fin novembre 1943, date à partir de laquelle elle se transforma en unité de combat. Annoncée par Joseph Darnand le 30 janvier 1943, la milice fut formée au mois de février. Elle n’était pour ainsi dire pas armée, ses francs-gardes ayant eu pour mission de défendre la Révolution nationale en luttant contre le marché noir et en portant secours aux sinistrés des bombardements anglo-américains.

Mais le chef juif hongrois des résistants communistes de France ne l’entendit pas de cette oreille. Les attentats contre les miliciens se multiplièrent à partir de juin 1943, de telle sorte que 33 miliciens avaient été tués fin novembre 1943, 165 blessés. Parmi les morts, au moins un portait patronyme germanique, un autre polac.

On devine le jugement de Reynouard : la Résistance a attaqué la milice, non l’inverse. À cet égard, quelques propos de Joseph Darnand sont saisissants. Comme quand il prononce bolchevique avec e non accentué, tradition en voie de diparition. Parlez de genèse dans un cours d’ancien françois, le professeur fera les yeux ronds. Grevisse passe en revanche, grevisse signifiant écrevisse en vallon, écrevisse faisant partie des rares mots où le son du e intercalaire est préservé. Idem avec revision, que Guionnet a longtemps prononcé rèvision à la méridionale, par démagogie, mais c’est revision qu’on devrait dire, prononciation plus rogue. À noter aussi que le journal de la milice dénonçait deux radios, Londres et Alger, alors que Reynouard est focalisé sur Radio-Londres en sa qualité de Normand détestant le rosbif.

Pas au plan culinaire, bien sûr. Ce qui nous rappelle observation d’un quidam ayant récemment découvert le site. Il n’arrive pas à savoir quand il est ironique ou sérieux. Ce pourrait être occasion d’un jeu question-réponse. Par exemple, quand le site assure que Franz-Olivier Giesbert dit : « Où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir », est-il sérieux ou ironique ?

Enfin Reynouard déroule sur la guerre civile. Il joue au grand seigneur en assurant que des atrocités furent commises par les deux camps. Il conclut par ces mots : « nous préférons l’histoire objective et vraie ». Qui ça ? Les révisos ? Il y en a parmi eux qui se méfient comme de la peste de l’histoire objective et vraie. Elle l’est dans la bouche de celui qui l’énonce, mais rien ne tient sans contredit avant réflexion. Histoire objective et matérialisme scientifique sont même charabia.

Voilà comment nous en arrivons à dénoncer le marxisme de Reynouard, qui se dit nationaliste mais est socialiste en réalité. Sans doute aimât-il que nous le traitassions de socialiste national, mais il ne le mérite pas, car l’idiot ne parle que de national-socialisme comme la presse. Il est d’ailleurs incapable d’accorder correctement ce mot. En fait il y a deux possibilités : national-socialistes au pluriel, national étant invariable, nationau-socialistes, comme pour chevau-légers et nouveau-nés. Écrire nationau-socialistes est snob, mais Olivier Mathieu, par exemple, de père boche, de mère belge, est sans doute prêt à adopter cette écriture. Comme des fans d’Orgul, qui se croient branchés.

Ainsi le centime tombera : Revision est snob.

Oh ! Reynouard, prends garde à toi ! Tu seras apprécié quand tu tiendras compte du contredit, pas avant.

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