Alain Guionnet – Journal Revision

21 août 2012

PROTOCOLE DE LA PENSÉE UNIQUE

Filed under: Uncategorized — guionnet @ 10:31

16 août, période creuse pour les magazines, nécessité de trouver titres accrocheurs. Le point publie : « Les mystifications de l’histoire », avec photos en couverture de Napoléon, Churchill, Hitler, Staline, Mao et Reagan, l’« histoire » étant limitée aux yeux de la rédaction au siècle écoulé. À l’exception de Napoléon, car il était souhaitable qu’un Français apparût.

Les deux pages sur Napoléon révèlent des « arrangements » opérés par les artistes peintres pour glorifier l’empereur, tantôt lors de son sacre à Reims, tantôt en lui prêtant panache et courage. Rien donc à signaler, occasion seulement de rappeler que la France eut successivement trois capitales depuis la conquête des Gaules (ou des Gales) : Bourges, qui résista vaillamment à Jules César, Metz, ancienne capitale du royaume de Lothaire, enfin Paris, à partir d’Hugues Capet, qui se trouvait dans un bassin inondable à l’exception de quelques buttes, comme Passy, Montmartre, les Cailles. Aussi Napoléon a eu raison de se faire sacrer empereur par le pape à Reims, tout en favorisant l’essor de la franc-maçonnerie d’empire, ce dont le Point ne parle pas.

Suivent quelques montages photographiques soviétiques, la dénonciation de la « manipulation permanente » dans la Chine de Mao Zedong, avec quelques encadrés. L’un porte sur « Nuit et brouillard » d’Alain Resnais, 1956, où une photo sur laquelle apparaissait un gendarme français gardant le camp de Pithiviers fut censurée par la Commission de classement des films. Un autre sur Timisoara, en Roumanie, où il n’y aurait eu qu’une centaine de morts, au lieu des 4 623 dont parlait la presse. Mystifications ayant l’avantage d’avoir été opérées en France, dont la dernière révèle le rôle néfaste de la presse, qui prétend maintenant dénoncer les mystifications de l’histoire !

Passons sur la prétendue guerre des étoiles et son « poker menteur », sur les écrans de fumée à l’ONU, sur « Les petits bluffs de nos politiques… », pour ne retenir que le sous-révisionnisme de la dernière guerre du magazine, qui titre : « Au procès de Nuremberg, les Alliés, qui connaissaient parfaitement la vérité, ont pourtant ménagé Staline ». Seul propos fondé. Dommage que le Point ne s’appesantisse maladroitement que sur le massacre de Katyn.

Ce dont la rédaction avait sans doute conscience, car elle augmenta ses dires en évoquant « La fiction Theresienstadt ». Été 1944, un film entre dans l’histoire sous le titre « Le guide offre une ville aux Juifs », qui lui aurait été donné après-guerre par d’anciens déportés du camp, le titre original étant « Therezien, documentaire sur le territoire de peuplement juif ». « Chaque mot compte », enchaîne le journaliste François-Guillaume Lorrain, il a raison. Il serait intéressant de savoir, par exemple, si territoire est dit Gebiet ou Raum dans le titre original, mais il n’a pas été trouvé pour l’instant. En revanche Lorrain ment sans vergogne quand il prétend plus loin : « Opération embellissement pour un camp où sont déjà morts de faim et d’épuisement près de 20 000 prisonniers, sans parler des 88 000 personnes qui, en 1945, seront déportées de ce lieu vers Auschwitz. »

Pourquoi le journaliste a-t-il évoqué ces 88 000 personnes dont il savait qu’il ne fallait point parler ? Vu que l’évacuation des détenus du gigantesque complexe militaro-industriel d’Auschwitz débuta à l’automne 1944 et que le camp fut libéré par les Soviétiques fin janvier 1945. Aucun détenu de Terezien ne fut transféré à Auschwitz en janvier 1945, les transferts ayant eu lieu à l’époque d’est en ouest. Événement que, quand on s’appelle Lorrain, on ne saurait ignorer.

Pourquoi le journaliste ment-il ? Sans doute à cause du papier figurant en marge de la page 47, que voici :

« Autre mensonge antisémite

« À l’origine, Les protocoles des sages de Sion émanent des cercles antisémites russes qui veulent forcer le régime tsariste à déclencher des pogroms. Le texte publié en 1905 à Moscou par Serge Nilous est présenté comme les conclusions secrètes du Ier Congrès sioniste de Bâle, qui comploterait pour régenter le monde. Il connaîtra une nouvelle fortune après la Première Guerre mondiale. Traduit en allemand en 1919, puis en anglais, en polonais, en français l’année suivante, ce faux aura un immense retentissement dans les années 20 et nourrira l’antisémitisme hitlérien. »

Nous ignorons l’identité du faussaire ayant écrit ce papier, mais remarquez ses capacités d’adaptation pour réfuter les thèses de Revision, seule contre tous en apparence, qui voit en Protocole œuvre géniale futuriste, dont l’auteur (il n’y en eut qu’un) habitait Paris (sans doute sur la rive droite, près du parc Monceau). La première phrase de l’entrefilet est hypothèse, comme le souligne « à l’origine ». Ensuite l’auteur se réfère à l’édition de 1905 conservée au British Museum, comme si l’histoire du document débutait à ce moment-là. C’est vrai en Occident, mais sa première édition russe semble avoir circulé dès les premiers mois de 1902, tandis qu’une édition tchèque parut avant-guerre, dont l’auteur ne parle pas.

Que ce papier fût écrit par Lorrain n’est pas exclu, car il est le premier à parler de Nilous au lieu de Nilus. Éternel problème des gens ayant à transcrire le son ou des langues où u n’existe pas. Toutefois l’usage était il y a un siècle, comme accessoirement en turc, de transcrire ou par u. Il y eut en revanche hésitation en ce qui concerne Boutmi. Fallait-il écrire Butmi ou Boutmi ? En 1989 Revision trancha, en écrivant Boutmi et Nilus, comme d’autres auteurs.

Mais trêve de linguistique ! encore que… Le papier affirme que le pamphlet « est présenté comme les conclusions secrètes du Ier Congrès sioniste de Bâle ». Il le fut certes, mais après-guerre, par l’école antisémitique teutonne. C’est elle qui préféra parler de « conclusions » plutôt que de protocole, gallicisme des membres de l’Alliance israélite universelle et des fonctionnaires français, qui demeurait étranger pour les boches, qui finirent par lui donner l’acception de procès-verbal. Indice que l’auteur, qu’il s’appelle Lorrain ou non, lit le germain.

C’était pourtant clair, « Protocole officiel du premier congrès sioniste de Bâle de 1897 » parut en Autriche en 1898, ouvrage dont le titre suggérait qu’existait protocole secret. Il n’y avait pas besoin de sortir de Polytechnique pour tenir ce raisonnement, limpide pour le boche, matérialiste comme la femme. D’où trois possibilités : Protocole des sages de Sion est vrai, faux, ou vrai-faux. Étant entendu que ce document est authentique, car trouvable dans de très nombreuses éditions ; même si celles de Boutmi et Nilus nous intéressent en premier lieu. D’où il s’agit d’extraire les gallicismes et d’analyser les observations portant sur les années 1890 en rapport avec trois histoires, de France, de Russie et des relations internationales. Sans que nous nous appelions Descartes ou Pascal, notre démarche ne souffre pas le contredit.

La substance du numéro du Point se résume à cet entrefilet, qui dit au cadre sup’ ce qu’il doit penser du Protocole. Soit peu de chose, ce pamphlet étant entouré de nuit et de brouillard. Or Guionnet propose de le rattacher à sa mère patrie, même si ce document fut écrit par un étranger, ce en quoi il s’accorde avec la pensée unique. Sauf que nous ignorons l’identité de cet étranger. Était-il russe ou juif hongrois ? Ignorant le russe, langue aryenne, le magiarisant croit reconnaître le style d’un juif hongrois fils de néologue. Avis qui ne se dispute pas.

Le magazine est lié à Claude Imbert, son fondateur en 1972. Membre de la Commission trilatérale et du Siècle, Imbert se croit influent, même s’il est pantin des sages de Sion. En 2003 Imbert commença à dire son islamophobie, bienvenue pour accréditer la thèse que les attentats du 11 septembre 2001 auraient été commis par des seuls musulmans excités du bocal, thème de prédilection du Bney Brit.

Au Siècle, comme à la Trilatérale, il y a des goys qui se croient informés et influents. Ils obéiraient en réalité aux sages de Sion. Leur mission : prétendre, contre vents et marées, que Protocole des sages de Sion serait faux antisémitique, ce à quoi se résume le dernier numéro du Point.

Nous revivons l’histoire d’Astérix et d’Obélix, bien contée par feu le juif Goscinny, Guionnet étant les deux à la fois. Parfois génial, il est lourd. Mais il faut lui pardonner, car il combat le protocole de la pensée unique.

La DCRI, qui a besoin d’agents provocateurs, est prête à en créer de toutes pièces et à les payer. Par chance, quelques-uns ne lui coûtent rien. Aussi a-t-elle intérêt à laisser Guionnet crier Sus, sus, sus ! Sus à la pensée unique ! Et elle doit parfois lui donner l’impression de gagner, comme le 4 octobre devant la cour d’appel de Versailles. C’est la moindre des choses.

22 août, 8h30, le titre original du film sur Terezien, Terezin en slave, n’a toujours pas été trouvé. Il n’est apparemment cité nulle part, bien que plusieurs dizaines de sites diffusent le documentaire sur la toile. Cependant l’emploi de Raum (espace) pour dire territoire semble exclu. Pourtant il aurait correspondu à la pensée de Hitler selon laquelle chaque peuple a droit à un espace vital, le plus loin possible de la Germanie et sans espoir de retour en ce qui concerne le peuple juif. D’autre part, François-Guillaume Lorrain fut contacté par téléphone, mais il était absent. Un message lui fut adressé sur son répondeur. C’est lui qui devrait trouver le titre original du film. Au sujet du prétendu transfert de 88 000 prisonniers de Terezien à Auschwitz en 1945, il lui suffira de publier un rectificatif, comme quoi il s’agirait d’une coquille et qu’il fallait lire 1944, cela passera comme lettre à la poste. Eh oui, il faut bien que des gens apprennent aux faussaires à faire leur travail. À force de mentir, ils n’arrivent plus à s’y retrouver. Comme disait le marquis de Custine : « À force de déguiser la vérité aux yeux des autres, on finit par ne plus l’apercevoir soi-même qu’à travers un voile qui, chaque jour, s’épaissit davantage. »

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