Alain Guionnet – Journal Revision

21 avril 2012

GUILLAUME, DIEUDO’, BLANRUE

Filed under: Uncategorized — guionnet @ 13:54

Deux générations qui ne se connaissent pas, ou bien plutôt à sens unique, Pierre Guillaume se tenant informé des mésaventures de Dieudonné et de Blanrue. Ces trois personnages sont convaincus de leur influence. C’est bien de croire à ce qu’on fait, en cela ils ont raison. Nous allons en parler après avoir rappelé comment eut lieu la transition entre Duprat et Faurisson.

Les ennuis de Faurisson pour révisionnisme débutèrent en 1974 quand il enseignait à Paris III (La Sorbonne-Censier). A l’époque il envoyait de nombreux courriers à des personnalités qu’il interrogeait, ainsi qu’à la rédaction du Démon dans l’espoir que ses observations fussent publiées. En vain, sauf une fois, quand un extrait d’une de ses lettres fut reproduit de façon anonyme dans le texte d’un auteur qui lui était hostile. Ce qui l’empêcha d’invoquer le droit de réponse. Certains de ces textes furent publiés par Faurisson dans le livre signé Serge Thion Vérité historique ou vérité politique ? publié par La Vieille Taupe en 1980. Faurisson eut un peu plus de succès dans Historama en 1975 et Historia en 1977 sur des questions mineures, même si les extraits de la lettre de Faurisson publiés dans Historia sont un peu consistants et référencés (Rassinier, Butz, Harwood, Walendy).

Telle était sa situation avant l’assassinat de Duprat en mars 1978. Ensuite Faurisson fut connu en deux temps. En juin 1978 Défense de l’Occident, revue dirigée par Maurice Bardèche, publia une « note de synthèse » de Fofo sur le « problème des chambres à gaz ». Son avantage est d’être plus complète que les écrits antérieurs du professeur, mais elle réduit le prétendu judéocide aux chambres à gaz, ce que ni Rassinier ni Butz n’avaient fait. Cependant Rassinier était mort depuis longtemps, Duprat depuis quelques mois, aussi Faurisson paraissait le plus compétent pour traiter ce thème qui avait motivé l’assassinat de Duprat.

Bien que Faurisson s’en défendît, il passa alors pour fasciste, objectif des judéocideurs qui prétendaient les révisos nostalgiques du régime hitlérien. Dans son papier Faurisson évoquait Rassinier et Butz, dont il traduisait le titre du livre The hoax of the twentieth century « L’imposture du vingtième siècle » ! De telle sorte qu’hoax se traduirait indifféremment par imposture, mystification ou canular selon Faurisson.

Bref la situation semblait mûre pour que la grand presse s’emparât de l’affaire, qui éclata à la suite de l’entretien avec Darquier de Pellepoix paru dans l’Express, qui assura qu’à Auschwitz on n’a gazé que des poux. Le Matin de Paris ouvrit le feu le 16 novembre 1978 dans un papier ayant pour chapeau « Darquier n’est pas seul. Certains qualifient de « déments » ses propos sur les camps d’extermination nazis. A Lyon, un enseignant, Robert Faurisson, le soutient. » Ce mois-là, Guillaume entend quelques mots de Faurisson sur Europe 1, qui envoie paître un journaliste. Ayant lu Rassinier en 1967, il part vite pour Vichy. Guillaume avait précédemment publié sous forme de brochure « Auschwitz ou le grand alibi », dont le texte n’est pas réviso mais développe d’intéressants arguments sur les raisons de la guerre, propres au capitalisme, sans véritables liens avec les idéologies.

La grosse artillerie tonne le 29 décembre 1978, quand le Démon publie une tribune de Faurisson longuement réfutée par Georges Wellers, auquel se joignent ensuite d’autres auteurs. Les arguments échangés des deux côtés sont maintenant archiconnus, en même temps le combat inégal.

Puis éclate affaire dans l’affaire, en 1980, quand Faurisson est invité par Ivan Levaï au micro d’Europe 1. Guillaume va au studio avec Faurisson, qui lui lit sa phrase de 60 mots. Guillaume est convaincu qu’il la faut corriger. Il s’imagine qu’ils pourront le faire ensemble avant de passer à l’antenne. Mais Guillaume n’avait pas de suggestion précise en tête. Comme souvent, il se fiait à ses impressions. Pourtant déclaration enregistrée ne s’improvise pas, pas plus que plaidoirie. Il est idiot de se fier à son génie. Ce n’est pas pendant un entretien qu’on imagine ce qu’on va dire. On prévoit les réponses à donner à toutes sortes de questions à l’avance, ainsi éventuellement pièges qu’on va tendre au journaliste ou à la partie adverse.

A cela s’ajoute l’énorme tort de Guillaume, qui surestime son influence. Parfois il parle de lui à la troisième personne du singulier : « La Vieille Taupe décida alors de… » Il se prend pour une institution faisant choix déterminants. Non pour lui, mais pour la cause. Mégalomane, il croit parler engluche. Qu’il essaye avec Fofo, il verra la note qu’il lui donnera ! Guillaume attache énorme importance à ses conversations. Il tente de convertir son interlocuteur, de se convaincre de la justesse de son combat. Ce à quoi il ne parvient jamais. Son auditeur fait le tri, car certaines de ses informations sont intéressantes, mais il partage rarement ses remarques psychologiques. Surtout pas Faurisson, caïd qui n’en fait qu’à sa tête. Il ne s’en cache d’ailleurs pas. Il part du principe que le goy ne comprend pas les questions abstraites, en revanche il saisit les questions techniques ; d’où sa décision de réduire le prétendu judéocide à la chambrette à gaz. Ce que sa phrase de 60 mots résume bien. Elle est de lui et de lui seul, comme on va le voir :

« Les prétendues chambres à gaz hitlériennes et le prétendu génocide des Juifs forment un seul et même mensonge historique, qui a permis une gigantesque escroquerie politico-financière,  dont les principaux bénéficiaires sont l’Etat d’Israël et le sionisme international et dont les principales victimes sont le peuple allemand mais non pas ses dirigeants, et le peuple palestinien tout entier. »

Ouf ! beaucoup de mots pouvaient sauter. Autant parler de judéocide plutôt que de génocide des juifs. Seul et même est redondant, seul aurait suffi. Historique ne s’impose pas, car pareil mensonge l’est forcément. On peut garder politico-financière, mais tout le monde se doute de la nature de l’escroquerie, mais supprimer international, car le sionisme est international, bien qu’ayant dimension nationale, ce qui complique les choses. Et puis le juif pense que Faurisson parle de sionisme international par allusion au complot juif international. Enfin non pas est doublon. Généralement on choisit l’une ou l’autre négation. Faurisson a retenu ce ton emphatique à dessein, car il voulait donner à son propos caractère solennel. C’était sa harangue ou son chant du cygne, comme on veut.

Au fond la première idée est bonne, voire capitale : la prétendue chambre à gaz hitlérienne et le prétendu judéocide forment un seul mensonge. C’est le prédicat, la suite étant interprétation. Qui a permis une gigantesque escroquerie passe encore, le mot gigantesque étant apprécié des enfants. Mais la suite est à jeter au panier : dont les principaux bénéficiaires sont l’Etat d’Israël et le sionisme international et dont les principales victimes sont le peuple allemand mais non pas ses dirigeants, et le peuple palestinien tout entier. Non seulement parce qu’il s’agit d’une interprétation, mais parce qu’elle est de nature politique. C’est petit d’accuser les dirigeants politiques boches d’être bénéficiaires du canular. Le Troisième empire a perdu la guerre, point. Les dirigeants du pays qui succèdent à ce régime se soumettent à la loi du plus fort. Au lieu de les accuser, mieux aurait valu encourager leurs velléités de résistance face à l’ordre mondial dominant. Enfin l’antisionisme est déconseillé, le révisionnisme mettant forcément en question le droit historique d’Israël en Judée. Seulement le droit historique des pays n’existe pas, le droit des Etats étant fondé sur leur force, accessoirement sur leur richesse, les deux étant liées. Sinon Indiens d’Amérique, Kanaks, Maoris pourraient demander à jouir de leur droit historique, alors qu’ils n’avaient pas d’histoire avant l’arrivée des colons (histoire étant liée à écriture, secondairement à idée de nation, inventée par les chrétiens, après qu’ils l’eurent empruntée aux païens).

Comment réécrire cette phrase en se basant sur son prédicat ? Simplement en expliquant la nature de la supercherie. La prétendue chambre à gaz hitlérienne et le prétendu judéocide formeraient un seul mensonge ? Soit, mais alors que s’est-il passé ? D’où cette réponse : La prétendue chambre à gaz hitlérienne et le prétendu judéocide forment un seul mensonge, qui a permis gigantesque escroquerie, alors que la politique hitlérienne consista à ruiner et déporter à l’Est quelques millions de juifs adultes originaires d’une partie des pays d’Europe. »

La règle est simple : quiconque dénonce un mensonge est invité à dire aussitôt la vérité. En l’occurrence, elle ne porte pas sur la durée de la guerre, mais sur sa majeure partie, à partir d’été 1941 et de l’invasion de l’Union Soviétique. Les mots sont choisis, mais pas de la façon de Faurisson, comme quand il est question des juifs adultes. On aurait pu préciser valides, mais point trop n’en faut. Les enfants juifs de moins de seize ans n’étaient pas concernés par cette « évacuation », car ils étaient détenus dans des camps pour enfants, à l’arrière du front. Idem en ce qui concerne les vieux, là est essentiel, même si une partie d’entre eux étaient détenus dans des camps de concentration qui ne leur étaient pas réservés. Enfin il est temps de s’affranchir des anglicismes, ce dont Faurisson est incapable, et des germanismes. Autant parler d’adultes valides plutôt que d' »hommes aptes au travail ».

Voilà comment on réécrit l’histoire. Si Faurisson avait prononcé la phrase que nous recommandons en 1980, que nous ne pouvions pas lui conseiller par ignorance, les révisos auraient beaucoup moins souffert pendant trente ans. Les éléments de preuve de l’application du plan Orient en ce qui concerne le juif sont nombreux, il aurait suffi de les rassembler. Hélas ! Faurisson ne s’est pas engagé dans cette voie. Pour sa défense il était persécuté, ce qui n’incline pas à la lucidité.

Bah ! tournons la page, racontons histoire drôle. Dieudonné est dans le pétrin avec ses récidives. Il le sera encore plus quand éclatera la guerre à l’Iran. Mais nous pouvons le conseiller pendant qu’il en est temps. Comme Faurisson aurait dû le faire en 1978-1980, qu’il modifie sa rhétorique. Au lieu de taper sur le juif, qu’il s’en prenne au goy. C’est facile, il ne court aucun risque et cela revient au même. C’est avers et revers de la médaille.

Nous lui proposons de monter sketch dont voici grandes lignes. L’action se déroule le 18 mars 1978. Elle débute dans la nuit. Le héros est un truand. Appelons-le Diabledonné. Il est préoccupé par le bon déroulement de son contrat. Il ne connaît pas son employeur, seulement l’intermédiaire sérieux qui lui a proposé le contrat. Diabledonné est bête mais ne doute pas du sérieux de l’intermédiaire. Non seulement il lui a donné une avance, mais il lui a fourni l’explosif qu’il doit installer dans la voiture d’un certain François Duprat, homme qu’il ne connaît pas. Le chef lui a expliqué comment poser la bombe. Spontanément il aurait pensé à brancher l’explosif sur le démarreur qui déclenchera la mise à feu. Eh bien non, le système est plus compliqué, l’explosion aura lieu après le démarrage, quand la voiture sera loin.

Quel bonheur ! Diabledonné sera loin quand la bombe explosera. Et puis les flics penseront d’abord à un accident de la route avant de s’apercevoir que ce n’en est pas un. Diabledonné est inquiet cependant, car le meurtre doit impérativement avoir lieu ce jour-là. Il ne sait pas pourquoi. Il s’en fiche, sauf qu’il ne sera pas payé si la date n’est pas la bonne. Et si Duprat ne prenait pas sa voiture ce jour-là, s’il tombait malade… Quelle angoisse !

En quelques minutes Diabledonné installe l’explosif puis il s’en va loin. Il se fabrique alibi et écoute radio. Tombe alors la bonne nouvelle : Duprat est mort dans ce qu’on a d’abord cru être un accident de voiture, tandis que sa femme est gravement blessée. Chic ! se dit Diabledonné, elle va peut-être mourir, je pourrai demander petit supplément. Deux pour le prix d’un, j’ai bien fait mon boulot… Mais non, je vais toucher mes deux patates et puis le chef verra la qualité de mon travail. Peut-être qu’il me réembauchera. Ce qui tombera bien, car j’aime ce boulot. Eh oui, ma vie de voyou est parfois difficile. Elle est risquée, et puis ce n’est pas le tout de faire un coup, le plus dur c’est d’y penser, tandis que tuer quelqu’un dans ces conditions, c’est du billard, les flics n’auront pas la moindre piste, c’est comme dans un rêve. Personne ne me balancera et je sais me taire. J’ai du métier, c’est pour ça que j’ai été choisi.

Au fond nous avons envisagé deux possibilité : Duprat fut tué par le Mossad ou sur ordre du cahal, car l’hypothèse selon laquelle Duprat aurait été zigouilléé par le Mossad est douteuse. Comme le suggère le gaulliste Vincent Monteil dans un livre, le Mossad a liquidé des Palestiniens dans les années 70 en France, mais tout ne se passa pas toujours comme prévu. Il arriva au moins une fois qu’un agent du Mossad fut arrêté avant d’être relâché. Cependant le gouvernement français protesta auprès d’Israël contre ces meurtres commis sur son territoire. Aussi faire tuer un homme politique français était mission difficile à confier au Mossad.

Et puis il y a la date symbolique de l’attentat, importante dans l’esprit du cahal, moins du Mossad, pour qui yom shabbat n’existe pas. Ses agents travaillent ce jour-là. Comme pour les terroristes du GAL, le mieux était de recruter un tueur dans le milieu en passant par un intermédiaire. Eventuellement tueur goy, ce qui semble conseillé au cas où il serait vu s’affairer près de la voiture de Duprat. Ce qui est possible et comporte peu de risque, car le témoin n’aura pas compris que le tueur installait explosif. Il aura pu songer qu’il tentait de voler la voiture, avant de s’apercevoir que non. Aussi le témoin aura à peine prêté attention au physique du tueur. Et puis les descriptions des témoins sont très rarement fiables. Mieux valait que le criminel n’eût pas des cheveux noirs crépus, le nez busqué, les oreilles décollées, etc., mais c’est tout.

Cette proposition de sketch est intéressante car vraie-fausse fiction. Abruti, Diabledonné aimerait le travail bien fait, image souvent donnée au tueur au cinéma. L’originalité n’est pas là mais dans le récit, l’événement évoqué ayant eu d’importantes conséquences dans l’histoire des idées. Non que le révisionnisme soit idée, il n’a pas cette prétention, mais il est indispensable dans tout courant de pensée, comme dans toute science.

Vient enfin Blanbec, qui se met en sommeil jusqu’au 6 mai, en prônant l’abstention. Même symptôme que chez Guillaume, Blanrue semble s’imaginer que ses prises de position ont beaucoup d’influence. Et puis il a peur que Charkeuz s’imagine que Blanbec soit responsable de sa défaite. On sait le Sultan narcissique, impulsif et assez primaire. Il lui semblera impensable d’attribuer son échec à son comportement et à sa politique, aussi lui faudra-t-il trouver des responsables. Il pourra alors songer à Paul-Eric Blanrue, premier dans le temps à l’avoir attaqué dans un livre en se fardant de son statut d’historien. Mais sur la base de coupures de presse, de façon consensuelle, sans chercher à s’informer sur l’origine raciale de Charkeuz auprès des gens compétents.

D’autres gens attaquent Charkeuz pour toutes sortes de raisons. Certains ont même diffusé les signes satanistes qu’il a faits en 2007 juste après son élection. Ils sont de bon ton en Amérique ou en Italie, mais passent mal en France, eu égard à l’histoire politique et religieuse du pays. Au point que pour un laïc afficher son satanisme est choquant. Le satanisme n’est pas une religion comme une autre en France, comme en Amérique.

Blanrue semble trop sur la défensive. Il n’a pas tort de prôner l’abstention, car il est difficile de dire votez Hollande pour faire barrage à Charkeuz. C’est pourtant ce que fera Guionnet au second tour. Non qu’il s’imagine avoir grande influence. Il n’a jamais dit votez Hollande, mais je voterai Hollande bien que je le déteste. Ce qui lui semble un poil cohérent, sans plus.

L’influence de Guionnet, qu’il revendique, se situe aux niveaux tactique et stratégique. Guillaume, Dieudo’ et Blanrue semblent à certains égards imbus d’eux-mêmes, ce qui les empêche de voir des évidences. En matière révisote les remarques du café du Commerce sont non seulement superflues mais nuisibles. Il ne s’agit pas de répéter sans cesse les mêmes choses ni de chercher à justifier son comportement. Trop de mémoires en défense ont été écrits, comme si c’était bonne recette. Dans les dizaines de procès qui lui furent intentés jamais Guionnet n’a utilisé ce moyen qu’il jugeait vulgaire, car il n’a pas à se justifier de ses écrits. Il fut incriminé et presque toujours condamné pendant dix ans, jusqu’à sa relaxe pour « Auschwitz : 125 000 morts », dont Alain Jakubowicz reconnaît qu’elle pose sérieux problème à la LICRA.

Il sembla alors que la question était réglée, avis que ne partageait pas Faurisson. Pourtant la justice s’était avouée vaincue, en partie grâce au travail de Jean-Claude Pressac. Tant et si bien que les mésaventures révisotes ultérieures font figures de combats d’arrière-garde. Y compris quand Faurisson fut débouté en 2007 comme faussaire de l’histoire antisémite. Ainsi la voie faurissoniene est déconseillée. En premier lieu à la « jeune » génération des années 2000, à Dieudonné et Blanrue en particulier.

Dieudo’ a eu raison de décerner le prix de l’infréquentabilité à Faurisson, dont les provocations ne justifient pas la malédiction qui le frappe. Ses piques sur Auschwitz aussi tombent bien, mais il s’agit de sortir de ce foutu camp. D’autres cibles sont recommandables, antérieures au tribunal militaire international. Comme la façon dont furent rédigés les accords de Londres d’août 1945, ou le rôle joué par la justice militaire française dans le montage du canular cette année-là. Voilà thèmes de la compétence de l’historien français que rejette Faurisson, qui se garde de dénoncer le rôle joué par les différents Etats dans la construction holocaustique.

Ce qui est intéressant, car les Etats-Unis s’y sont engagés avant de reculer, bien que l’Union Soviétique eût pris le relais, puis la France, enfin la Grande-Bretagne sous pression de la France. Avec les méthodes que l’on devine, arracher des aveux sous la torture étant tâche assignée dans certains cas à des militaires. La conscience tranquille, car agissant sur ordre, ils font leur travail et, bien sûr, certains y prennent plaisir. C’est banal. Evénements que l’historien n’a ni à juger ni à dramatiser.

L’influence de Guionnet se trouve peut-être là. Dans son livre Josef Kramer contre Josef Kramer, il a implicitement accusé la justice militaire française pour le rôle qu’elle a joué dans cette affaire qui allait s’avérer capitale. Oh ! sans se scandaliser, sans pousser de grands cris. C’est ensuite que le renseignement (on ignore quel service), mais le renseignement militaire fut consulté, se mêla de la partie. Fut alors décidé de faire publier le pavé de Pressac sur Auschwitz, qui révèle le fond de l’affaire au plan technique. Par la suite, Pressac récidiva et c’est à partir de ses observations sur la mortalité à Auschwitz dans la revue l’Histoire que Guionnet a conclu : « Auschwitz : 125 000 morts ».

Il n’y a rien de génial là-dedans, pourtant Guionnet a pu avoir influence historiographique considérable. Comment ? Après avoir pris ses distances avec Faurisson, comme il le fait depuis qu’il l’a connu (sans doute en 1979). Vu l’évolution déplorable de la situation, après avoir lu les livres de Rassinier, ceux de Vieille Taupe et l’ouvrage de Butz, il décida de passer à l’offensive en mai 1986 en soutenant Faurisson, faute de mieux. Ce qui l’obligeait, croyait-il, à observer la loi du silence. Il tenait pour impossible de critiquer ouvertement Faurisson, de dire qu’il voyait en lui un provocateur et un manipulateur.

Manipulateur de textes et faussaire de l’histoire sont notions comparables, mais c’est la première fois que Guionnet les associe en ce qui concerne Faurisson, étant entendu que ces accusations sont bénignes quand on sait que presque tout le monde ment. En particulier au prétoire, dans la presse, en politique. D’où ce conseil donné à Dieudo’ et Blanrue : le mensonge tue le mensonge, qu’ils prennent leurs distances avec lui, bien sûr pas au nom de la vérité, mais en introduisant plus de bribes de vérité. En sachant le public moins exigeant avec le comique qu’avec le prétendu historien, qui doit serrer ses fesses et se bien documenter pour ses écrits, surtout se méfier des coupures de presse.

Quant à Guillaume, parfois il est bonne source, parfois sa mémoire vacille. Phénomène que tout le monde connaît, mais Guillaume a ego surdimensionné. Seules comptent ses interprétations. Il ne note rien, dans un procès ou ailleurs. Du coup, il est incapable de citer le moindre propos qu’il a entendu, il le déforme presque toujours. Or les mots d’un juge, de Faurisson ou de Badinter ne sauraient être déformés, car ils sont pesés, taillés, ciselés. Pour caricaturer, disons que les mots de Faurisson sont pesés, car il pense au poids et à l’impact qu’ils auront, ceux du président de la dix-septième chambrette taillés, car ce représentant de l’Etat doit être bref, clair et concis, ses propos adaptés à la situation et au point où en est arrivé le litige, ceux de Badinter ciselés. Sans élever la voix Badinter parle distinctement. Débarrassé de la vaine question que se pose le baveux, de savoir quand il lui faut hausser ou baisse la voix, Badinter se concentre sur ses dires auxquels il a précédemment songé. Dans son vocabulaire il s’arrange pour glisser quelques mots faisant apparaître qu’il n’est pas simplement juriste mais se pique de bonne littérature. Il n’est pas snob mais prétendument chic. Puis il sort des vacheries ciselées, tranchantes comme le verre à Faurisson, par exemple quand il dit la joie qu’il a éprouvée en l’ayant eu pour adversaire, sous-entendu à cause de ses faiblesses.

Bête Immonde, lecteur assidu du site, conclura de ce qui précède : Guionnet et Badinter pensent la même chose de Faurisson. En revanche Guillaume, moins superficiel que Joël Bouard, s’interroge sur la question de savoir si Guionnet a raison quand il émet l’hypothèse que l’assassinat de Duprat était destiné à faire place nette afin que Faurisson apparût sur le devant de la scène. En 1978, il n’y a pas songé. Puis il fut pris dans le tourbillon militant. Dans les années 90 encore il jubila quand la Vieille Taupe publia le livre de Roger Garaudy, qui s’avéra vite en partie plagiat, en partie fantaisiste, en tout cas creux. Comme si le révisionnisme était affaire d’opinion, ce qui est faux.

Si Guillaume s’interroge réellement sur cette question il mourra moins idiot. Il y a en effet gens, pas seulement sages de Sion, qui anticipent le cours de l’histoire, comme c’est décrit en Protocole des sages de Sion. Faurisson ruait dans les brancards depuis 1974, il rêvait de monter sur scène. Ses argus étaient connus début 1978, après que Faurisson eut assailli la presse, le Démon en particulier, et des personnalités de ses missives, dont seuls quelques extraits furent publiés. Mais leur contenu était limpide, Faurisson ne parlait que des chambres à gaz. Tant et si bien qu’il était moindre mal, car il invitait le curieux à entrer en prétendue chambre à gaz homicide sans jamais en sortir.

La suite aussi était prévisible. Faurisson allait perdre ses procès, au civil d’abord, jusqu’à la chute du Rideau de fer en 1989, prévue depuis des années, qui accéléra le vote de la loi Gayssot, qui permit de condamner Faurisson au pénal, mais aussi Guionnet, en désaccord avec Faurisson, à des condamnations plus lourdes que celles infligées au professeur.

Maintenant, Guillaume, le centime est-il tombé ? Tu n’as apparemment pas compris le rôle assigné à Faurisson, instrument du spectacle. (Nous ne disons pas marionnette, mais ce mot vient forcément à l’esprit.) Ce n’est pas à toi que s’adresse cette étude, mais aux plus jeunes qui tombent dans le même piège que toi. Tu as une part de responsabilité vis-à-vis d’eux. Dis leur que l’hypothèse de Guionnet est peut-être fondée. C’est le moment ou jamais, car la guerre à l’Iran approche.

Ah oui ! J’oubliais, Guionnet adhéra au Parti socialiste magyar en 1986 en prévision de la chute du Rideau de fer. Fait anecdotique, mais pas tant que ça, puisqu’il contribua à précipiter l’événement. Eh oui, goy aussi anticipe parfois cours de l’histoire.

Ultime hypothèse qu’il convient de rappeler. Ancien élève du Prytanée de La Flèche, Guillaume serait demeuré lié sa vie durant au renseignement militaire, distinct de celui des innombrables crapules des Renseignements généraux. Ouvrir librairie ultragauchiste à Paris avant mai 68 était fortiche. Lire Rassinier, sans doute in extenso en 1967, après la guerre des Six jours, ne doit rien au hasard. Accepter de recevoir Guionnet à son domicile, lui offrir tous les bouquins révisos qu’il a publié, est fort de café, comme lui conseiller de rencontrer le gaulliste Monteil, spécialiste du terrorisme israélien. Tolérer Guionnet tout en s’en méfiant à cause de son caractère imprévisible est performance.

Quant au courage de Guillaume, qu’il évoque dans Droit et histoire, il est certain. Un jour, il donna à Guionnet l’impression d’avoir des yeux derrière la tête, au sortir de la Sorbonne, quand il vit trois youtrons approcher d’eux pour les attaquer dans le dos, conformément à leur habitude. Au moment donné, Guillaume et Guionnet se retournèrent pour leur faire face. Les youtrons s’enfuirent. Exemple de petite victoire ultragauchiste. A moins qu’elle fût celle d’un ultragaucho et d’un homme du renseignement militaire. Nous ne savons pas.

Imaginons que tel soit le cas. Cela signifierait que Guillaume s’est toujours méfié de Guionnet dont les pensées lui étaient étrangères et qu’il aurait vite compris les manigances de Faurisson, qu’il aurait soutenu faute de mieux. Ensuite, quand Zigounette voit en Guillaume et Pressac des « coreligionnaires », elle aurait en partie raison, car leur formation n’est ni historique ni littéraire, ni jésuitique comme Fofo. Ainsi tout s’expliquerait. Guillaume, Pressac et Guionnet seraient à l’origine des maigres victoires révisotes, beaucoup plus que Faurisson, qui aurait servi de vecteur et de point de convergence entre militaire et ultragaucho que tout oppose.

C’est ainsi que Dieudo’ et Blanrue devraient considérer Fofo. Non comme pape ou archiprêtre, mais comme vecteur. Trois hommes se sont appuyés sur lui. Guillaume, qui se flétrit mais dont certains tuyaux restent fiables. Pressac, décédé prématurément à cause de sa connerie de pharmaco, qui ignorait à peu près tout de l’histoire, sauf militaire. Guionnet, plus jeune, réputé alcoolo comme Dieudo’, ayant heureusement échappé au service militaire où il était désigné pour entrer à l’Ecole d’officiers de réserve. Bien sûr, sa réputation d’alcoolo, connue à Issy, est en partie fondée. Mais l’indigène le respecte, car il combat le despote licrasseux Santini depuis plus de vingt ans.

Dernière phrase en partie superflue, car c’est de Guillaume, Dieudo’ et Blanrue dont cause le papier, pas de la guerre d’Issy. Toutefois Guionnet pourra se montrer plus indulgent pour la crapule Santini que pour le monstre Charkeuz. Il fallait que cela fût dit. Quant à Hollande, que Guionnet contribuera à élire, ce sera en vue de le raccourcir.

Shabbat 20h30, informé de quelques observations le concernant sur ses rapports possibles avec le renseignement militaire Guillaume raccroche au nez de Guionnet après l’avoir insulté, après lui avoir dit : « Ecoute, tu racontes ce que tu veux ! » Voyez la colossale dimension que prend l’affaire.

Cela dit le goy est bête. Sur des sujets sensibles le juif réagit aussitôt, il évite seulement de dire des bêtises, mais il faut attendre des jours avant d’avoir la réponse du goy, qui se croit malin. Résultat de la course : juif 1, goy 0. Difficile à dire pourquoi le goy est aussi bête, mais ce n’est pas nouveau.

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