Alain Guionnet – Journal Revision

3 janvier 2012

QUESTION QUI TUE URBAIN

Filed under: Uncategorized — guionnet @ 18:25

La lie journalistique se déchaîne sur Victor Urbain, pardon sur Viktor Orbán, mais personne ne lui pose la question qui tue : « Monsieur Orbán, n’êtes-vous pas fils d’Anjou ? » Auquel cas le calviniste sera désemparé. Il dira « oui, mais… ». Mais le François fut lamentable à Trianon, etc. Là-dessus il a raison. Cela n’empêche, France et Hongrie sont liées de façon viscérale.

Tout le monde sait la nouvelle constitution hongroise symbolique, tandis que sa loi réprimant la contestation du judéocide est quasiment inapplicable. Dommage que Guionnet n’aye pas le temps de faire un saut au Pays-magyar, où il pourrait agiter les têtes noires contre Jobbik et Fides. Au lieu de ça, il se tape Santini et Brison. Oui, vous savez, le gars d’Actevi qui l’a poussé à dire des conneries sur les tours.

Demain le preux retourne au charbon. Oh ! discrètement, par boîtage, l’heure des diffusions publiques n’étant pas venue. On mine le terrain d’abord, on attaque ensuite. Il sera discret. Il n’arborera pas croix fléchées ni double croix, il montera au feu aux noms de la francitude et de la magyaritude. Il part du principe que l’Issisois est plus germain que lombard, même si ce n’est pas sûr selon l’abbé Lebeuf. Mais peu importe, le gars étant frangyar, mi-aryen, mi-touranien.

Il y a longtemps Démon tenait Revision pour publication du lobby magyar. Que ses pisse-copie viennent à Issy, ils ne seront pas déçus du voyage.

La nouvelle constitution hongroise est entrée en vigueur le premier janvier, jour de fête d’excision. Lundi 2 janvier une foule de plusieurs dizaines de milliers de personnes a manifesté rue Andrássy, tenue pour Champs-Élysées de Budapest, notamment devant l’Opéra où se trouvaient d’importants effectifs de police. Les visages de ces fonctionnaires sont floutés dans la presse, nouvelle règle politiquement correcte ? Ou bien la rédaction de Népszabadság aurait-elle soudain peur, au moment où les têtes des journalistes volent dans tous les sens, tandis que d’autres sont placés en préretraite ?

Urbain et son entourage n’ont pas fait les choses à moitié. La République de Hongrie disparaît, seule reste la Hongrie, ou Pays-magyar. Le nouveau régime sera despotique éclairé. Le libéralisme continuera d’exister, même si l’État envisagera de nationalister certaines entreprises pour les rendre plus productives. On peut s’étonner que la gauche hongroise réunie ait défilé dans cette rue huppée de la capitale. En réalité il s’agit plutôt d’un boulevard, voire d’une avenue. Mais elle compte sur le soutien de Bruxelles et du FMI, elle veut avoir l’air présentable. Et puis de nombreuses manifestations se déroulent là, aussi bien nationalistes que celles des « chauds ». Oui, vous savez, les chauds sont ceux dont le mariage est dorénavant interdit par la loi.

Les visages des manifestants ne sont pas floutés, leur moyenne d’âge est assez élevée, leurs pancartes souvent écrites en novlangue. Orbán serait dictateur, rien de moins ; maigre discours et piètre programme. Surtout qu’il n’en a pas le profil. Mais si la situation dégénère à cause des pressions internationales, si l’économie hongroise continue de s’enfoncer dans le rouge, comme c’est prévisible, la Hongrie pourrait inviter les donneurs de leçons de morale à aller se rhabiller. Il y a un peu plus de mille ans, c’est la conversion du roi Étienne au catholicisme romain qui a sauvé le peuple magyar, autrement menacé de disparition, aussi le Démon a tort de reprocher au nouveau régime les références chrétiennes qu’il fait du bout des lèvres. Surtout que la foi chrétienne du Magyar est souple. Il est tolérant et comprend l’incrédulité, d’autant plus qu’il conserve en esprit son héritage païen.

Bien sûr, il est possible qu’Urbain se prenne pour Napoléon, sans se douter qu’il a deux siècles de retard, mais qui pourrait sérieusement le lui reprocher ?

Un commentaire »

  1. http://lionelbaland.hautetfort.com/archive/2012/01/05/traduction-de-la-marche-officielle-du-hvim.html

    (Comme l’histoire est maltraitée ! On traduit généralement megye par comitat, Vármegye, rendu par Comté, est locution emphatique. Regardez ces militants, teint très pâle, système pileux peu développé, qui arborent croix celtique, symbole qui leur est étranger. Notez aussi les nombreuses fois où ils sanctifient les choses, comme la couronne du roi Étienne, au nom lourd de sens. Ils ne sont pas de type anjousois, pourtant certains de leurs ancêtres sont françois, mais le climat continental a eu de l’effet. Et c’est quoi ce pataquès ? Cette liste cosmopolite de groupes nationalistes ? Merci toutefois Jules, grâce à toi l’auditeur est invité à ouïr la légèreté de la langue magyare, dite des oisels. Mais mieux vaut revenir à la source, à Issy, où le parti frangyar, aussi appelé du chêne et de la fontaine, fait des ravages. Même les postiers du centre de tri crient « le tri, ah non ! » Ils signifient que quelques comitats du royaume de Hongrie auraient pu sauter le 4 juin 1920, mais beaucoup moins, NDLR.)

    Commentaire par jules — 8 janvier 2012 @ 12:09 | Réponse


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