Alain Guionnet – Journal Revision

30 décembre 2011

LE BEL CONTRE LA BÊTE

Filed under: Uncategorized — guionnet @ 19:55

La Bête est sobriquet de Paris Amendes première division, qui court sus à Aigle Noir. Lequel rétorque « Freres humains qui apres nous vivez N’ayez les cuers contre nous endurciz,  Car se pitié de nous pauvres avez  Dieu en aura plus tost que vous merciz ». C’est Aigle Noir qui le dit, pas François Villon, car il est difficile de trouver sur la toile le texte du poëte, y compris sur Gallica. Aussi l’écriture de Villon n’est pas garantie à 100 %, mais cette transcription d’Aigle Noir est proche.

Serré au cou par le Trésor Public, l’aigle baisse son bec comme il a appris à le faire, moyen pour éviter l’étranglement. Mais le combat est inégal entre le volatile au long cou et le Trésor Public, rapace qui n’ose pas dire son nom. La plupart des observateurs jugent l’aigle perdant, mais ce n’est pas sûr. Pour la youdestice de France, le fond est totalement secondaire, en revanche la procédure est Royne. Amen !

Voici texte au fond adressé à Trésorerie Paris Amendes ce jour par Alain Guionnet, archisupost d’Aigle.

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Au fond la question est cocasse. Après avoir interrompu vos saisies mensuelles le 12 décembre 2008, ce que j’ai apparemment à tort interprété comme faisant suite à la loi du 17 juin 2008, sinon à ma réhabilitation, mon casier judiciaire étant vierge de toute condamnation pour délits de presse, commis entre 1994 et 1996, ceux prétendus de 1997 étant fantaisistes.

Or la loi sur la presse était et demeure à moindre titre très stricte dans son application, la prescription de l’action publique étant de trois mois, y compris en ce qui concerne la signification du jugement intervenu. Et je suis certain qu’une grande partie de mes condamnations que vous évoquez ne m’ont pas été signifiées en temps et en heure. Non par huissier, simplement par lettre recommandée avec accusé de réception. Des juristes peuvent argüer du caractère réputé contradictoire de ces décisions. Mais qu’en est-il quand le prévenu, sans avocat, ne vient pas à l’audience où est prononcé son jugement de façon succincte après délibéré ?

Pareille procédure est contraire aux lois européennes, car le prévenu devrait savoir les motifs de sa condamnation avant de faire appel ou de se pourvoir en cassation. Il devrait aussi pouvoir être assisté d’un conseil au titre de l’aide judiciaire, ce qui n’était pas le cas dans les années 90, car le révisionniste, pour les avocats du barreau de Paris, était indéfendable, contrairement au tueur en série.

L’actuel acharnement du procureur, autrement dit de la chancellerie, à la veille du vote de la loi réprimant la contestation de tout génocide, est suspect. Mais vous avez raison, l’affaire du recouvrement des amendes qui m’ont été infligées pour délits de presse il y a quinze ans et plus gagnera à être plaidée au fond. Aussi vous prié-je de m’indiquer la juridiction compétente.

Sans même parler de confusion des peines, sans s’interroger sur la prescription acquise, en amont ou en aval, lors des procédures ou des tentatives de recouvrement des amendes. Surtout que la moitié des peines ressemblent à des contraventions. Vous avez contesté un crime contre l’humanité : 91 euros d’amende ! Cette fois, vous avez franchi les bornes : 274 euros !

Résultat, vous m’empêchez de vivre et de travailler. Depuis deux ans la Bibliothèque Nationale pleure pour recevoir ma revue Revision. Mais elle ne paraît plus parce que la presse écrite est pour ainsi dire morte, mais aussi et surtout à cause de l’institution judiciaire de France, qui interdit d’écrire l’histoire.

Enfin j’ai été réhabilité car je deviens de moins en moins manichéen. Je dis à présent que les chambres à gaz ont existé, car cela fut prouvé scientifiquement pas la délégation soviétique au Tribunal militaire international. Quant à la multiplication des génocides, pas de problème. Les Arméniens furent génocidés, comme les assyro-chaldéens. Moins que les habitants de Bourges par Jules César, mais je ne conteste pas pour autant la notion de crime contre l’humanité — à voile et à vapeur, ce qui est très chic.

Bref, je devrais peut-être vous remercier car mon ardoise sera sans doute bientôt effacée. Alors, peut-être, Bibliothèque Nationale cessera de pleurer, car je la nourrirai de littérature françoise et argotique.

Alain Guionnet

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Premier janvier 2012, selon le conseil de Guionnet, cette lettre est catastrophique. Non seulement les fonctionnaires de Paris Amendes se fichent du fond, mais ils vont penser qu’ils ont affaire à un cinglé. Comme Santini, répond Guionnet, qui considère que son avocat est là pour ramasser les débris. La proie de la justice est irresponsable, la cause est entendue. Sinon elle ne se serait pas lancée dans cette galère, même si elle a attaqué la raison d’État à bras armé, avec sa maîtrise d’histoire, arme de cinquième catégorie. Qui plus est ancien séminariste d’études juives, titre que de nombreux suplicians aimeraient avoir.

Le brave conseil fait contre mauvaise fortune bon cœur. Vu les bêtises de son client, bien que ce soye l’État qui le paye, il lui sera facile de briller. À la suite de la diatribe du malheureux, son avocat va augmenter son dispositif en déposant requête de confusion des peines près la onzième CA. Elle aboutira forcément. Guionnet ne l’a pas fait par paresse, mais aussi parce qu’il croyait ces affaires caduques. L’huissière de la onzième, qui le connaît bien, lui est favorable. Les juges aussi, même s’ils ont changé. Pour eux Guionnet est idéaliste borné. Son cas est désespéré, mais il n’est pas dangereux. Il attaque le spectacle, ce qui n’est pas répréhensible.

Et puis Vidal-Naquet a tranché : c’est au civil, pas au pénal, que Guionnet doit être condamné pour sa « mauvaise foi », comme disent les juges.

Un commentaire »

  1. Il faut faire valider ou non avant, pas après, même si on se doute bien que le volatile n’est pas du genre à demander la permission avant de passer à l’action.
    C’est gageure de défendre Guillotine qui court sus aux ennemis sabre au clair alors qu’en face, ça tire au canon !

    Commentaire par Lecteur assidu — 2 janvier 2012 @ 10:42 | Réponse


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