Alain Guionnet – Journal Revision

16 décembre 2011

PROBLÈME POUR LE TYRAN

Filed under: Uncategorized — guionnet @ 03:43

Semaine prochaine, distribution de feuilles volantes dans les rues d’Issy contre le plan de construire d’horribles tours dans et autour de la ville, qui ne fut jamais faubourg de Paris. Santini, comme toujours, songe à se débarrasser d’Aigle Noir en le faisant coucher à l’Hôtel de police. Seulement, Issy est inféodée à Versailles, où la cour d’appel jugera le nouvel incident soulevé par Guionnet dans l’affaire Protocole des sages de Sion, qui accuse la société Doc en Stock de l’avoir diffamé en violation de la loi, jeudi 19 janvier, à 14h30. L’issue est prévisible, comme pour le premier incident, Doc en Stock sera condamnée, car on ne traite pas Guionnet comme un chien crevé.

Lektion, comme on dit en boche, pour le juriste Santini. Il se doute de l’issue de la procédure, Doc en Stock étant très vulnérable. À cela s’ajoute que le tyran n’a plus le punch d’il y a dix ans, aussi le « magistrat » n’ordonnera pas à la flicaille d’arrêter Guionnet, bien qu’il l’eût autrefois fait emprisonner.

En revanche il devra faire avec l’accusation d’ennemi de Voltaire, qui figurera en toutes lettres sur la feuille. Provocation calculée, à laquelle le fils de bistrotier devra répondre. Mais il ne le pourra pas ; en sa qualité de membre d’honneur de la LICRA, il est forcément ennemi de Voltaire.

Aussi le tyran ne sait plus à quel saint se vouer. Il rêve d’avoir destin comparable à celui du cardinal Hercule Fleury, qui commença à gouverner la France à l’âge de 73 ans, jusqu’à sa mort à Issy en 1743, à 89 ans. Cependant Guionnet a longtemps hésité avant de passer à l’action, le rapport des forces ayant longtemps paru trop inégal, car Santini n’est pas seul. Pote de Bouygues, il a le soutien des dirigeants des sacro-saintes sociétés du CAC 40. Confrontés à la dépression, annoncée par Revision, puis par l’INSÉÉ, ils veulent toujours plus centraliser leurs administrations et réduire leurs effectifs. Malheur à qui s’oppose à leur conception pyramidale des choses !

Heureusement, le soutien implicite qu’apporte la cour d’appel de Versailles à Guionnet stimule sa témérité. Au point qu’il n’est pas exclu que les adorateurs du chêne remportent victoire symbolique, le despote étant sans doute prêt à planter douzaine de chênes dans la ville.

2 commentaires »

  1. On ne traite pas Guionnet comme un chien crevé.
    La formule revient souvent sous la plume du guide, elle semble plaire à Guillotine.
    Pour autant, j’ai toujours trouvé le caractère insultant de la formule assez inefficace. Le chien est un animal noble, fidèle, aimant, franc du collier, souvent courageux et protecteur. Crevé, il suscite la tristesse, personne ne danse de joie devant un chien crevé.
    Poulet élevé en batterie, pigeon, ou corbeau seraient à l’endroit d’Aigle Noir insultes bien plus outrageantes.
    Vivement que Doc en Toc soit châtiée ! Une tâche infamante sur le CV du faussaire qui a obtenu le prix Albert Londres.

    (Susciter tristesse et compassion est but de cette locution, tout publiciste sachant l’avantage qu’il peut tirer en excitant l’émotion du lecteur. Santini a traité Guionnet comme un chien crevé ? Sniff, sniff, sortez vos mouchoirs… Guionnet va de nouveau se lancer dans un combat très inégal ? Oh ! le malheureux… Mais il propose de remplacer les tours par des chênes, c’est pas bête comme idée. Il voudrait voir planter trois chênes à côté du futur temple magique, ainsi tout sera clair : druidisme et magie sont liés, au cas où des gens ne l’auraient pas encore compris. Fontaine aussi est souhaitable, NDLR.)

    Commentaire par Lecteur assidu — 16 décembre 2011 @ 14:29 | Réponse

  2. La partie en cours est passionnante. Nous le savons, Santini rêve de gloire et d’un destin à la Fleury. L’époque lui est somme toute favorable puisque le peu d’estime pour la gloire, le peu de gloire même, mesure l’étendue de la résignation généralisée. Pour le tyran, loin de décourager, cette exigence démesurée attire. Mais il a Guionnet sur sa route, ses fédérés et ses quelques païens.

    Guionnet a ceci de séduisant c’est qu’il se sert du passé pour transformer le présent, contrairement à l’historien professionnel soumis à la coterie juive, contrairement aux lopes d’Historia ou de L’Histoire qui développent impudemment et imprudemment le principe d’une histoire objective, d’un passé dont il serait en quelque sorte possible de fixer les termes de manière définitive, post 1945. Au contraire pour Guionnet le passé n’est pas seulement repensé, mais découvre, et par conséquent se modifie à la lumière du présent ; et surtout pas à la manière policière, stalinienne, dénoncée par Orwell dans 1984. La réécriture de l’histoire passée contient chez lui la confrontation nécessaire et constante de la connaissance et de l’ignorance, de la nouveauté et de son dépassement. Il est du parti de l’insurrection, on aurait un peu trop tendance à l’oublier.

    Danny, un adorateur du chêne et de la fontaine.

    Commentaire par Danny — 16 décembre 2011 @ 18:29 | Réponse


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