Alain Guionnet – Journal Revision

15 décembre 2011

DISJONCTION DUE À LEBEUF ?

Filed under: Uncategorized — guionnet @ 00:39

Il y a toutes sortes d’historiens dont aucun n’appartient au circuit universitaire. Hérodote, mais aussi l’abbé Lebeuf et quelques autres. Comme René Le Bacon, qui a publié livre intéressants sur le château des princes de Conty en 2000, comme presque Ségolène Daimville-Barbiche en 2005, avec son ouvrage sur Les derniers curés de France. Presque, car elle n’indique pas si le dernier archevêque de Paris de l’Ancien Régime, Antoine-Éléonore Leclerc de Juigné, était franc-maçon, ce que de nombreux éléments suggèrent. Jean Favier aussi semble civilisé, car les études du Moyen-Âge sont plus libres que celles du temps moderne.

Comme indiqué précédemment, notre tactique consiste à jaser du passé pour en arriver au présent. Sur cette base, beaucoup de choses deviennent claires. Seulement l’internaute est dépassé, il ne comprend pas qu’on écrive l’histoire en direct, qu’on expérimente ses balivernes et qu’on les corrige incessamment. Pourtant c’est l’avantage de la toile, on peut tout réécrire en permanence, on n’a pas honte de rectifier le tir.

Quelques nazebroques ont apparemment compris. Ils se disent que Guillotine a un plan, il sait où il va. Ils le respectent ; surtout qu’ils sont quasiment à poil avec leurs Gustave Le Bon et Julius Evola, qui n’ont pas inventé la poudre. Guionnet est réputé fortiche sur le Protocole, sur la chambrette d’Auschwitz, jusque là tout baigne. Ensuite éclate l’histoire entre jésuites et Port-Royal, alors le nazebroque est paumé, comme l’ultragauchiste.

Il y a disjonction, mais il n’y eut jamais jonction. Aigle Noir soutient que la France fut gouvernée d’Issy de 1726 à 1743, impossible de lui donner tort. Il ajoute que les courtisans sont plaie, hier comme hui. Il propose la rédemption, qui passe par la reconnaissance du talent de tout un chacun. Comme celui de l’abbé Lebeuf, qui a fait admirable recherche même s’il a commis de menues erreurs, comme toujours en pareil cas.

Voyez ce que disait Lebeuf dans la réédition d’Histoire de la ville et du diocèse de Paris de 1883, troisième tome, 4 : « Je pourrai dire volontiers que les Druides ont pu se retirer en ce lieu, mais sans ériger un Temple à Isis. Il ne leur falloit que des bois & des fontaines, et c’est ce qu’ils trouvérent sur la montagne d’Iscy. Je ne doute pas que le chêne, leur arbre favori, n’y eut leur préférence, ce même arbre que nous trouvons quelquefois nommé dans les anciens monumens Iscol, Ischal, & Iscum. C’est pourquoi je me suis déterminé à ne pas trouver plus de mystere dans l’origine du mot d’Issy, que dans celle des noms du Chênoy, Chesnaye, Quesnoy. Je ne doute aucunement que ce Fisicus Isciacensis n’existât au VI siècle de JESUS-CHRIST, qu’il n’ait pu être donné alors par le Roi Childebert à l’Eglise de Saint-Vincent du fauxbourg de Paris, à la réserve que Clovis I avait donné ses dépendances à l’Eglise de Saint-Pierre, dite depuis de Sainte-Geneviéve. »

Propos qui permet de qualifier Lebeuf de galican. Page 3, il évoque Issy-l’Évêque, mais aussi Isse dans le diocèse de Nantes, Issé en français moderne, dans l’arrondissement de Châteaubriand, et Isques, dans l’arrondissement de Boulogne, en Pas-de-Calais. Thèse à comparer avec l’interprétation dominante des historiographes de Santini, qui prétendent qu’Issy signifie sous les bois (de Meudon). Bien sûr ils ne citent pas Lebeuf, dont la thèse a le mérite d’être claire contrairement à la leur.

Son excellente connaissance du latin et du christianisme, après avoir examiné son histoire à travers celle de chaque paroisse, lui a permis d’avoir des intuitions géniales. Longtemps avant les archéologues, Lebeuf avait compris que Lutèce ne se trouvait pas sur l’île de la Cité. Il dut également batailler ferme contre les gens qui prêtaient à Notre-Dame de Paris une ancienneté qu’elle n’avait pas (ils prétendaient que Charlemagne avait commencé à la construire), ou encore pour révéler que c’est en s’appuyant sur le culte de saint Étienne que le christianisme est finalement parvenu à se greffer en France sur le paganisme.

Par la suite les différents ordres religieux eurent chacun leur histoire. On peut certes en parler à coups de généralité, mais aussi les étudier dans le détail, en observant les transactions financières et de prérogatives opérées, comme l’a fait Lebeuf. Par exemple celle qui eut lieu entre l’université de Paris (la Sorbonne) et Saint Germain le Vieu, qui confirme l’ancienneté de cette église baptismale autrefois nommée Saint Jean-Baptiste.

Toutes choses maintenant admises dans l’histoire officielle, mais avec deux siècles et demi de retard. C’est dur d’avoir raison avant les autres, mais deux siècles et demi, ça fait beaucoup. Jean Lebeuf parle aussi de la magie dans ses Dissertations sur l’histoire ecclésiastique et civile de Paris (1739). Selon lui, le mage est astronome, en même temps que sçavan. Il est tout à fait cohérent. Si la tête noire disjoncte, c’est de sa faute, Lebeuf n’y est pour rien.

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