Alain Guionnet – Journal Revision

8 décembre 2011

MEILLEUR POUR LE FIN

Filed under: Uncategorized — guionnet @ 23:28

Voici les 36 derniers vers de la « Harangue des habitans de la paroisse d’Issy… » en versions originale et vulgaire (en italique). Cormary, qui fait réclame pour le site, traite Guionnet de « dernier écrivain rabelaisien », mais c’est faux ! Guionnet pouvant être uniquement rabelaisian, car le jargon d’Issy est françois de Parouart. Dans la première version du papier nous indiquions qu’un seul mot n’était pas traduit, Querquian, avec la conviction que cela n’allait pas durer longtemps. Une nuit de sommeil a suffi, Querquian signifie chrétien. La façon dont fut faite cette découverte est exposée en réponse à un commentaire imbécile de Duparc (d’« Aveu jésuitico-faurissonien »).

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Que gnieu vous le mette dans l’ame Que dieu vous le mette dans l’âme

et voute courage il enflamme. et votre courage il enflamme.

mais fauroit Monsieur de fleury Mais faudrait Monsieur de Fleury

engager dans noute party. engager dans notre parti.

il a voyez vous la puissance Il a voyez-vous la puissance

cheux nous et partoute la France chez nous et dans toute la France.

Car, Sangnienne, c’est pas assez, Car, palsambleu, c’est pas assez

de vouar les jesuites chassez de voir les jésuites chassés

des borgnes de voute gniocése, des bornes de votre diocèse,

ils seriont trop cor a leur aise. ils seraient trop encore à leur aise.

fauroit releguer ces méchants, Faudrait reléguer ces méchants

oú c’est qu’ils fesont les marchands ; où c’est qu’ils feront les marchands ;

pis faire ensorte qu’ils ne parlent puis faire en sorte qu’ils ne parlent

même en ce païs que de parles. même en ce pays que de perles.

Car tant que la Religion Car tant que la religion

sera conduite aleux façons, sera conduite à leurs façons,

Querquians seront si petit nombre, Chrétiens seront si petit nombre,

qu’apeine en restera-t-il l’ombre ; qu’à peine en restera-t-il l’ombre ;

oú putôt : seront si parvars, où plutôt seront si pervers,

qu’ils iront cestous aux Enfars. qu’ils iront tous aux Enfers.

La chouse est de grand’ consequence, La chose est de grand conséquence,

et merite bian, qu’on y pense. et merite bien qu’on y pense.

Je venons de vous indiquer Nous venons de vous indiquer

la route qu’il faut pratiquer ; la route qu’il faut emprunter ;

j’ons autant entré dans st’affaire, nous avons autant entrés dans c’t’affaire,

qu’exigeoit noute caractére. qu’exigeait notre caractère.

Le reste est de voute devoir, Le reste est de votre devoir,

et même est en voute pouvoir. et même est en votre pouvoir.

Vous avez assez de lumiere, Vous avez assez de lumières,

Vous etes homme de priere. Vous êtes homme de prière.*

rester ne pouvons plus longtems, Rester ne pouvons plus longtemps,

j’ons de l’ouvrage dans ces champs ; nous avons de l’ouvrage dans les champs ;

pétêtre aprésent que nos femmes p’t’ête qu’à présent nos femmes

jettont contre nous feux et flammes. jetteront contre nous feux et flammes.

A Gnieu donc, bon souar, Monsigneur, À Dieu donc, bonsoir, Monseigneur,

Gnieu vous garde, joucqu’a l’honneur Dieu vous garde, jusqu’à l’honneur.

Il y a ironie dans ces vers, comme quand l’auteur parle de gnieu qui garde l’archevêque jusqu’à l’honneur, façon de dire qu’il se mette sa crosse dans l’cul. Même discours que Guionnet demain soir, qui invitera Santini à se mettre ses trois tours dans l’cul. Pilé, sur qui nous fesons recherches, était génial. Nous en sommes, pour l’instant, au bouquin de Ségolène Daimville-Barbiche sur les derniers curés à Paris de 1695 à 1789, tandis que d’autres sources seront examinées. L’histoire déroule, là est essentiel.

Au fond, il y a contradiction dans le temps. « Mais faudrait Monsieur de Fleury  engager dans notre parti » place l’action vers 1740. « Car, palsambleu, c’est pas assez  de voir les jésuites chassés,  des bornes de votre diocèse » la situe après le bannissement des jésuites. Après 1772, comme indiqué par l’auteur en note, en première page du manuscrit. Selon Lancelot voir les jésuites chassés est très fort, cette locution indiquant un fait accompli. D’où l’impression que la pièce est antidatée.

À moins que l’auteur n’ait pas vu en Fleury personnage historique, mais figure emblématique. Il se serait adressé au Fleury d’une douzaine ou d’une quinzaine d’années avant la révolution, par défaut à l’archevêque de Paris, pour qu’il s’acharnât sur les jésuites, seulement capables de marchander selon lui. On appréciera l’âpreté du conflit auquel libertins et athées étaient somme toute étrangers. C’est dans l’église de France que se trouvait le ver, c’est elle qui favorisa l’éclatement de la révolution avec ses abus de pouvoir.

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L’astérisque indique que ce vers et celui qui précède furent ajoutés. Dire à l’archevêque de Paris « Vous avez assez de lumières,  Vous êtes homme de prière » est putassier. Ajout indiqué en marge de la pièce que nous avons hésité à reproduire, mais peut-être que la rage de l’auteur était émoussée quand il écrivit ces lignes. Il avait vraisemblablement atteint la soixantaine d’années, si on considère que la première mouture de la Harangue date d’environ 1740.

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