Alain Guionnet – Journal Revision

25 novembre 2011

TROISIÈME BATAILLE

Filed under: Uncategorized — guionnet @ 20:22

Depuis le début de la dernière bataille d’Issy, aucun mort, aucun blessé. Du coup la masse internautique s’en fout. Elle veut du sang. Elle rêve de destruction pour compenser sa lâcheté de tous les jours. Les visites du site chutent, car il voit loin en regardant de près, comme un aigle.

C’est plus tard que la tête noire s’apercevra de l’importance de l’affrontement. Peut-être après que la complice d’Aigle Noir Éva Joly sera venue à Issy protester vigoureusement contre le projet fou de Santini de construire trois tours dans la ville, dont au moins deux de 180 mètres de haut. Elles ne feront pas d’ombre, prétend l’escroc. Elles détruiront l’espace urbain, créeront des embouteillages et alaidiront la perspective des Hauts d’Issy. Si le despote persiste dans cette idée, c’est possible de s’accorder, à condition que les tours ne dépassent pas 15 étages.

Dire que la normande Joly est une copine serait exagéré, mais c’est elle, juge d’instruction, qui prononça un non-lieu pour le Manifeste antijuif d’Attila Lemage paru en 1991. Elle a du culot malgré son accent discutable. Et la gueuse viendra en ville (pas maintenant, c’est prématuré), accompagnée des hordes d’Aigle Noir, qui seront à son service pour protester contre le projet du monstre. Il s’agit d’associer Actevi, éventuellement le Modem, à l’opération. Mais c’est Aigle Noir qui aura été à son origine, c’est lui qui aura contacté les gens pour l’accomplir. Il ne saurait en aucun cas en être exclu car c’est lui la bête noire de Santini.

Surtout qu’il a vu les deux batailles d’Issy de 1870-1871 et d’avril-mai 1871, dont l’Issisois fut victime. Coup sur coup les dégâts occasionnés furent comparables, bien que ceux ayant opposé la garde nationale de Paris aux Versaillais fussent plus importants, les demandes d’indemnisation des habitants, pourtant proches, ne traduisant pas la réalité. Pour la raison que certains habitants furent tués et que d’autres fuirent la ville. Les statistiques sont éloquentes, 9 202 habitants en 1866, plus de 10 000 en 1870, 7 775 en 1872. Issy fut alors deux fois humiliée et meurtrie.

Flétrissure poursuivie ensuite. En 1903 l’Issisois fut traité du nom insultant d’Isséen. Il dépendait de l’arrondissement de Sceaux et du canton de Vanves, où se trouvait le commissariat de police. Pour le frangin, les habitants d’Issy étaient coupables, un peu pour avoir résisté au prusco, mais surtout pour avoir résisté, souvent malgré eux, à l’armée de Thiers en 1871. Aussi étaient-ils maudits, ravalés au rang de banlieusards ouvriers. Issy n’approvisionnait plus Paris comme autrefois en victuailles et en pinard, ses mines étaient délaissées, son autorité administrative et judiciaire, qui date de Childebert Premier, fils de Clovis, annulée ; l’Isséen était devenu esclave du Grand Architecte de l’Univers en 1903. Il était seulement capable de produire dans les manufactures.

Il y avait pourtant l’aérodrome, des artistes comme Dubuffet plutôt que Matisse, mais l’Issisois était nié, comme Abel le fut par Caïn. La plaine cédait, mais la butte résistait. On l’appelait alors quartier Voltaire, car les traditions jansénistes, gallicanes et des Lumières y restaient fortes. En 1903, comme en 2011, elles étaient et demeurent antijuives et antimaçonniques. Raison pour laquelle le fils de Voltaire fut maudit par le frangin, qui n’assure pas sous son tablier. Ce dernier n’ayant fait que remplacer le jésuitre dont il s’est inspiré dans sa constitution, tandis que son jargon est calqué sur le modèle jésuitique, la compagnie étant devenue fratrie.

D’où revanche à prendre en s’appuyant sur les nouvelles populations de la ville. Pas sur les bobos que Santini fait affluer, mais sur la partie de la population traditionnellement industrieuse et innovante, de tempérament naturiste et anarchiste, qui n’hésite pas à dire par le cul Santini, comme elle disait avant par le cul gnieu !

Le projet du despote est horrible, il compte faire construire trois tours en bord de Seine, près de la station de métro RER Val-de-Seine, en liaison avec d’autres tours sur l’île Séguin qui dépend de Boulogne-Billancourt. Le dément défie la nature. Il a oublié l’histoire des îles maintenant englouties par la Seine. Il sous-estime l’action destructrice de l’eau sur les fondations. Il n’a pas entendu parler des glissements de terrain. Ses projets sont ceux d’un vieux déjà victime de deux infarctus. Il cherche la vie éternelle alors que la mort tape à sa porte. Il a oublié qu’un des balcons de son appartement de l’île Saint-Germain s’est effondré il y a peu. Cet homme de la plaine est dangereux pour la population.

En face, il y a Brison, qui habite le bas coteau d’Issy et diverses associations, y compris de Meudon, mais c’est du haut de la butte et du plateau que vient l’espoir. Avec Guionnet, convaincu qu’il ne faut pas chercher à guerroyer contre la nature. Avec Étienne Béranger, qui habite mi-coteau est du plateau, qui ne dit pas non au plan Éva Joly. Que la gueuse y prenne part peut être bonne chose selon le parti du Vatican.

Le point de vue des gens des Hauts d’Issy est très différent de celui des gars de la plaine, y compris des corsicauds dont le Point souligne le grand nombre. Avantage pour eux, ils ont taux de consanguinité moins élevé à Issy que s’ils étaient restés vivre en Corse. Bien que près de 1500, ils sont difficiles à identifier, surtout qu’ils ne sont pas tous flics ou truands. On peut les distinguer à la pâleur prononcée de leur peau, éventuellement avec leur accent guttural modéré. Ou encore en parlant des Génois dans un lieu public. Le corsicaud tourne alors son regard vers l’orateur, car il déteste le Génois. « Jacobin » de cœur, surtout pas ultramontain, il reproche au pointu les tergiversations de sa classe politique. Aussi a-t-il pu apprécier les coups de gueule de Santini. Comme quand il crie : « gouverner, c’est savoir dire non ! » Avant d’assurer « il faut être culotté ». Mais le corsicaud comprend qu’on veuille maintenant frotter les oreilles du tyran, car sa boulimie phallique est clairement nuisible.

Les « jansénistes » reprochaient aux jésuites leur laxisme. S’ils ressuscitaient ils feraient le même reproche à Santini. Ils l’accuseraient de laxisme vis-à-vis de la haute finance.

Jean-Marc Brison précise qu’il est possible de dire son avis en mairie jusqu’au 3 décembre sur le projet fou du despote, mais il s’en foutra ! Il faut le traiter à la hussarde, seul argument qu’il comprenne.

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