Alain Guionnet – Journal Revision

30 novembre 2011

FAUTE À VOLTAIRE

Filed under: Uncategorized — guionnet @ 14:53

Voltaire provoque toujours de graves conflits. Paul-Éric Blanrue dit Blanbec a sorti Voltaire de sa fouille dans son sketch avec Simon Kreuzfeld et Gnieudonné. Guillotine a hésité avant de trancher. Il était sûr que cette citation était fausse, bien qu’il crût connaître les envolées de Voltaire, qui n’était pas diplomate.

Et voilà que Blanbec se réjouit. Ça y est, j’ai gagné se dit-il, j’ai vaincu Aigle Noir. Il publie sur son site la couverture des OEuvres complètes de Voltaire, tome quarante-unième paru en 1785. Puis la citation disputée, qu’il devient possible de situer dans son contexte grâce à la phrase du philosophe qui précède : « De-là vient que les médailles juives sont si rares, & presque toutes fausses. » Soudain on comprend mieux, Voltaire étant réputé s’être plusieurs fois fait arnaquer par des juifs.

On comprend mieux aussi en voyant que la citation conclut la section « Juifs ». Autrement dit Voltaire récapitule ce qu’il a dit. Il a expliqué pourquoi le juif est barbare, en quoi il est ignorant, etc. D’où sa phrase virulente suivie de sa ritournelle en italique : « Enfin vous ne trouverez en eux qu’un peuple ignorant & barbare, qui joint depuis long-temps la plus sordide avarice à la plus détestable superstition, & à la plus invincible haine pour tous les peuples qui les tolèrent & qui les enrichissent. Il ne faut pourtant pas les brûler. »

Or ce n’est pas ce qu’a dit Blanbec dans le sketch, où il n’a pas cité cet ouvrage mais L’esprit de M. de Voltaire par Claude Valluret (1759). Écoutez bien ça, comme dit Kreuzfeld : Valluret, consciencieusement lu par Blanbec, a écrit « qui les toléreront & qui les enrichissent ». C’est là interprétation d’un partisan de Voltaire, qui joue au prophète avec son futur absurde. C’est cet élément qui nous a convaincu que cette citation est fausse. D’ailleurs la ponctuation de Voltaire et celle de notre transcription sont identiques, sauf à cet endroit, où nous avons écrit « qui les toléreront, et qui les enrichissent ». Eh oui, Voltaire respectait la concordance des temps, contrairement à Blanbec dans sa prose. Il n’allait pas accoler futur et présent, ce fût faute de raisonnement.

Récapitulons : Blanbec n’a pas tout à fait tort, mais il est coupable. Ce n’est pas après avoir lu la citation fautive de Villaret qu’il aurait dû chercher le texte original, mais avant. Et puis toute citation, hors contexte, a peu de valeur, les propos de Voltaire étant compréhensibles par rapport à ce qu’il dit dans les pages qui précèdent. Il serait en effet idiot de prétendre qu’un peuple ignorant peut être aussi dangereux pour l’espèce humaine.

Blanbec a droit à un deuxième +. Il est maintenant histrion ++. C’était la principale critique qui lui était faite dans « De l’intelligence », à laquelle il a répondu. Les autres amabilités, du genre « kapo bobo », « gros dégueulasse » (dans « Propos sibyllins ») sont anecdotiques.

Jacques Moulin a son idée sur l’affaire. Affolé par la révélation du site, qui met en question sa qualité d’historien, en réalité journaliste d’Historia, Blanbec a paniqué. Raison pour laquelle il répondit hier après-midi « on s’en fout », on signifiant dans ce cas Blanbec et les membres de sa secte, car ils n’avaient pas trouvé d’où sortait cette citation. Ce n’est évidemment pas Blanbec qui possède l’édition des OEuvres complètes de Voltaire parue en 1785. Surtout qu’elle n’est pas reliée, comme à BN, au British Museum, à l’institut Voltaire britannique, sans doute à l’Université libre de Bruxelles. Toutefois sa référence vient sans doute de Bruxelles, de Bricmont en l’occurrence, membre zélé de la secte que Blanbec évoque dans le sketch. Universitaire consciencieux, Bricmont a saisi l’importance de l’enjeu. Et puis nous avions indiqué que la citation est facile à trouver grâce à l’index des noms cités dans les œuvres de Voltaire. Le guide était sûr d’avoir raison, comme Blanbec vient de le démontrer grâce sans doute à Bricmont. Ce qui lui vaut circonstance atténuante.

En même temps cela renforce les thèses antijuives que ne partage pas Blanbec, vulgaire antisioniste, tandis que Revision, qui aime depuis toujours l’antijudaïsme de Voltaire, le juge parfois excessif. Surtout quand ses propos sont tirés de leur contexte, comme à présent. Revision compara autrefois l’antijudaïsme de Voltaire à celui de Shakespeare et Marlowe. Les thèses de Marlowe sont assez mal connues car peu de ses écrits nous sont parvenus, tandis que les conditions de sa mort sont obscures. En revanche vie et œuvre de Shakespeare sont bien connues. Et son antijudaïsme est plus fin que celui de Voltaire, mais il est vrai qu’en France faut être lourd pour se faire entendre. Toutefois lourd ne signifie pas bête, or l’antichémite made in France est soleil de bêtise.

Soleil de bêtise est expression de Moulin. Libre à lui de parler son jargon. La rédaction trouve intéressante son hypothèse, que la DCRI est à même de vérifier. À moins que des gens de la secte zététicienne se mettent à table. Si l’interprétation de Moulin est fondée, personne ne les incriminera. Cela montrera seulement que la qualité du renseignement goy, de lointaine inspiration galoise, monte en puissance.

BRAVO KLARSFELD !

Filed under: Uncategorized — guionnet @ 12:11

Le chérubin boche Arno Klarsfeld a bien grandi, il utilise maintenant sa langue comme une mitraillette. C’est lui qui est à l’origine du succès du site ce matin. Le public en redemande : « si jamais Israël disparaît, nous tuerons les négationnistes ! » Voilà paroles qui claquent à l’oreille. Encore que Klarsfeld soit débordé en ce moment. Quand il ne tire pas sur les négationnistes, il s’oppose à la « vague fondamentaliste » qui menace d’engloutir la France. Ou encore à la réformée Éva Joly, qui se prétend écolo mais qui ne le serait pas. On reconnaît là réflexe du juif allemand, qui craint plus le protestant que le catholique romain.

Petit problème cependant, selon les belligérants Kreuzfeld et Klarsfeld le conflit opposerait Israël et les négationnistes. Il n’y aurait que deux camps. Toute approche historique est évacuée, le choix serait uniquement politique. Kreuzfeld parle d’exactitude, Klarsfeld de justesse. Ce qui se comprend, car Kreuzfeld ne brille pas par son exactitude, alors que Klarsfeld n’est peut-être pas juif juste. Et puis son père est soupçonnés d’être juif de cour. Quand on voit que c’est la Fondation Klarsfeld qui a publié les documents de la direction de la construction d’Auschwitz, commentés par Jean-Claude Pressac, promu au rang d’historien, on peut s’interroger sur sa volonté réelle et sur celle de sa femme Beate.

Ou encore sur le vrai but de leur rejeton quand il explique que le destin d’Israël est directement lié à celui des négateurs, thèse qui ravit Kreuzfeld, champion en matière de provocation, comme Klarsfeld. Ainsi les dés sont pipés. Il ne saurait sortir de pareil conflit que du sang et des larmes. Voilà ce qui arrive quand la loi interdit d’écrire l’histoire.

29 novembre 2011

ALLIANCE MAGICO-JANSÉNISTE

Filed under: Uncategorized — guionnet @ 21:19

À la corbeille le précédent papier ! C’est la bibliothèque de la Société de Port-Royal, 169 rue Saint-Jacques 75005 Paris, qu’il fallait chercher, pas une mystérieuse bibliothèque janséniste qui n’existe pas. On trouve toutefois son portail sous ce nom. On y découvre l’histoire de la bibliothèque, qui appartient à une société privée à but non lucratif. Par chance ses deux conservateurs connus il y a une dizaine d’années ne sont pas fonctionnaires. Le local est petit mais contient quelques trésors.

L’alliance magico-janséniste existe bien cependant, ce qu’il s’agit de démontrer. Même si ce titre est maintenant un peu bancal.

PROPOS SIBYLLINS

Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse. L’heure de la révolte a sonné. Sans attendre sa réponse, voici missive envoyée à Paul-Éric Blanrue il y a peu. Il pourra difficilement se retrancher sous sa couenne, Blanbec étant publiquement défié.

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Salut,

Ça y est, maintenant « De l’intelligence » tient la route. Pas de chance pour Villaret, mais on ne la fait pas au lecteur assidu de Voltaire ayant lu tout ce qu’a dit le philosophe des juifs en BN. Ce n’est pas très long, ses propos étant répertoriés. À l’époque j’avais négligé Pascal, car je croyais à tort la polémique ayant opposé jésuites et jansénistes secondaire par rapport au problème juif. Seulement, pour ton information, comme pour Voltaire, il est hors de question de citer Pascal en français moderne.

Un conseil, mets-toi à Pascal, je suis en retard. Bien sûr j’ai un avantage en tant que lecteur de la bibliothèque janséniste, mais même en version aliénée lesdites Provinciales sont modèle de pamphlet. On y apprend comment combattre l’ennemi de l’intérieur, pas de l’extérieur. Pascal était philosophe de petite guerre. En revanche Kreuzfeld et Gnieudonné sont du genre große Bertha.

Je t’ai allumé sur Villaret mais ai été gentil avec toi en parlant de ton harem et des filles qui aiment ta confiture. J’ai même défendu le zététicien contre le molinéan. Dans une version précédente j’ai dit que t’es nul en boche, observation que j’ai supprimée. Mais essaye de prononcer Kreuzfeld correctement, le son est rigolo, comme a cru comprendre le tzigane ou juif (?) Bobo, de Propagandes.info.

Tu revendiques la paternité du sketch. C’est sans doute toi qui as pensé à jaser de l’Innommable et de Chaud-ananas, mais qu’en est-il en ce qui concerne Kreuzfeld ? J’imagine que c’est invention du casuiste.

Tu me dis « bon visionnage ! » Comme si j’allais écouter tes bêtises sans mot dire, ou maudire. Tu savais pourtant que j’allais gazer, ou jaser. Tu l’espérais. Tu te disais Guillotine me servira de couverture, tout le monde verra, en le lisant, qu’il est plus antijuif que moi, modeste réalisateur ne partageant pas les idées de l’Innommable.

Et puis, ça t’en bouche un coin de voir la cour d’appel de Versailles ordonner aux sociétés Doc en Stock et Arte France de verser au dossier les épreuves de tournage de Protocole des sages de Sion projeté sur Arte en 2008, comme le réclame le demandeur Alain Guionnet, qui prétend que ses propos furent tronqués et dénaturés. Et ce n’est pas fini, le conseiller de la mise en état ordonnera à la société Doc en Stock de supprimer ses propos diffamatoires sur Guionnet. Pour cela, faut attendre quelques mois, mais l’issue est certaine, Guionnet n’ayant jamais été condamné pour crime de la pensée en dépit de sa trentaine de condamnations, car il fut réhabilité. Il n’a jamais dit « les juifs au poteau ! », etc.

Tu n’es pas roseau, Blanrue, mais girouette. Tu sens le vent tourner, mais ce n’est pas tant grâce au casuiste Fofo que grâce au gars du quartier d’Issy appelé Voltaire en 1903, qui ne craint ni Versailles ni Lesquen.

Je t’envoie ce mail et le communique aussitôt sur mon site, car j’ai peur que tu ne me répondes pas. Comme Fofo-Kreuzfeld, comme l’administration en général, comme tout casuiste pris la main dans le sac.

À +,

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À 16h10 gros dégueulasse Blanrue a osé répondre à Aigle Noir : « On s’en fout. » Il est cuit. La question porte maintenant sur son mode de cuisson. Sans fines herbes, qu’il ne mérite pas, avec piment antillais, pour relever la sauce et pour donner du goût à l’animal, à chair flasque.

27 novembre 2011

DE L’INTELLIGENCE

Une heure du mat’, inquiet, Blanbec envoie mail à Guillotine. Il l’invite à voir sketch qu’il a tourné avec Fofo et Dieudo’. Il conclut sa missive par « @++ ». Zut ! Aigle Noir n’a pas droit à trois +, peut-être que Blanbec anticipe. Il songe à la troisième étoile dite A que va perdre la France auprès des instituts de notation censés faire la loi sur les marchés, alors que la chute de la France est anticipée, après que les zimmis Balladur et Charkeuz se furent dépensés sans compter pour plonger l’économie française dans le rouge. Et puis, il y a hostilité entre Blanbec et Guillotine, qui ont autrefois un peu mangé au même râtelier.

Quelques mots sur le sketch, vu et jugé minable hier, car y apparaissent les poncifs de la bande des trois. Revu il y a peu, avec meilleure qualité son, il apparaît autrement. Au départ l’idée était de n’en point parler, tant les propos des trois lascars sont bêtes. Avec un + ou un – bête en ce qui concerne Paul-Éric Blanrue dit Blanbec, considérons les trois personnages en partant du maître de cérémonie Dieudonné dit Gnieudonné.

Gnieudonné est pur antichémite. Un engluchophone pensera qu’il n’a pas honte de son antisémitisme, mais telle n’est pas la signification du mot. Gnieudonné vient de se convertir à la cause du Chaud-ananas plutôt qu’à celle de la Shoahnana. Bien, mais quel retard ! Forcément, il est métis nègre. Invité à le faire par le sournois Fofo, il revient sur son histoire de quenelle et ne parle heureusement pas de sa biquette. Comme s’il commençait à comprendre qu’il peut être drôle en jouant moins à l’idiot. À cette réserve près que la bêtise du comique est pour lui arme capitale, à condition de ne pas en abuser. Personne ne reprochera à l’humoriste sa bêtise, pour peu que les gens intelligents y trouvent grain à moudre. Gnieudonné devrait s’inspirer de Villon et de Pascal plutôt que du marabout de banlieue.

Suit le casuiste Fofo, dit Simon Kreuzfeld, qui porte kippa noire ; casuiste dans le sens donné par Blaise Pascal. Nom idéal pour ne pas traiter Faurisson de Iésuite, bien que son éducation fût jésuitique. On peut le dire aussi moliniste (molinéan en issisois), mais il est supérieur aux molinistes et à la société de Jésus en sa qualité de pape du révisionnisme. Au point qu’il s’imagine jouir de l’infaillibilité pontificale. Quand Revision lui signale une de ses confusions en boche, le casuiste englo-français fâché avec cet idiome n’a qu’à la corriger, personne n’y verra que du feu, mais le pape s’en fiche. Hautain comme Juppé, il est persuadé avoir toujours raison.

Avec sa voix parfois « flûtée », Fofo se croit très malin. Il s’est prétendu athée, ce qu’il n’a jamais été, puis zététicien, alors qu’il méprise le zététicien, car il est persuadé que le fin justifie les moyens. Eh oui, on disait le fin au dix-septième siècle, pas la fin. Vaine subtilité, cette fois maçonnique, qui consista à changer le genre du mot (le fin du fin en témoigne). Si vous dites le fin, comme en italien fino, vous parlez d’une chose précise, définie. Si vous dite la fin, c’est vague, indéfini. Or la société de Jésus fut ordre religieux le plus politique au temps semi-moderne, qui avait un objectif : défendre la monarchie absolue en chassant l’hérétique.

Il n’y eut qu’un seul illustre imitateur de la société de Jésus : l’auteur du Protocole des sages de Sion. Comme le jésuite, il proposa grâce à géométrie variable. Le jésuite avait créé le molinisme qui lui permettait de rassembler gens ayant sentiments tout contraires, tandis que l’auteur du pamphlet antigoy chercha à rassembler les juifs au nom du Talmud. Mais sans le citer, car il risquât de provoquer la zizanie, outre de se démasquer. Il vanta le mosaïsme en revanche, qui a énorme succès auprès des fils de Caïn ; un peu comme le jésuite invoqua Jésus, homme-dieu, en laissant de côté sa crucifixion. Car le jésuite n’avait pas vocation à être martyr, il est plutôt force de coercition.

Comme Fofo, dit Kreuzfeld, qui étale sa casuistique quand il dit voir en Gnieudonné « un pur et simple nègre ». Ce qui est faux, car un juif voit en Gnieudo’ un bretok, vu que c’est la mère qui transmet la race. Autrefois on savait presque toujours qui elle était, contrairement au père. Puis le prétendu Kreuzfeld s’exclame « Mon Dieu ! » expression impensable dans la bouche du juif, sauf sous la pression de gens extérieurs à sa secte.

L’avantage de Kreuzfeld est son talent de compilateur. Il cite Arno Klarsfeld : « Si jamais Israël disparaît, écoutez bien ça, nous tuerons les négationnistes ! » Avant de poursuivre : « Israël est sacré, la Shoah est également sacrée ! » Notez l’amélioration de sa rhétorique. Herr Professor prétendait encore il y a peu que l’Holocauste est religion, ce qui est faux. En revanche le dire sacré est passable, surtout quand tout est désacralisé hormis l’argent. Et puis le chérubin Klarsfeld est goy de race boche. Aussi Klarsfeld ne parle pas au nom de la synagogue, mais plutôt à celui de la synagogue de Satan (Apocalypse 2,9).

Ensuite le casuiste cite Ida Zajdel, qui aurait dit en 1987 : « En fin de compte, tout bien pesé, bon, peut-être que les chambres à gaz n’ont pas existé. Mais, si elles ont existé, c’était uniquement du fait que les nazis, qui ont fabriqué cette calomnie pour tourner les juifs en dérision, et avec l’idée que ce serait une bombe à retardement contre nous autres. » Admirez la casuistique. Tout le monde sait depuis toujours que la chambrette à gaz d’Auschwitz n’a pas existé (le mythe des chambres à gaz repose là-dessus). En 1987, une juivasse l’admettait, comme Pierre-Vidal Naquet implicitement, mais Fofo s’est accroché à ce qui était pour lui alpha et oméga, alors que la page était facile à tourner. Sans chambres à gaz, Hitler a voulu bannir et en grande partie ruiner des juifs d’Europe. Là est seule question, ainsi que les modalités d’exécution du plan, la solution finale de la question juive ayant toujours été inscrite dans le cadre du plan Orient.

Incidemment, l’historien note que Kreuzfeld est incapable de faire la moindre citation sans l’interpréter. Dans le propos de Klarsfeld, il ajoute « écoutez bien ça ». C’est le maître d’école qui parle. Il indique à l’élève ce qui est important : « nous tuerons les négationnistes ». Dans la citation de Zajdel, Kreuzfeld ajoute « bon » après « en fin de compte, tout bien pesé », quelle emphase ridicule ! Il utilise ce truc pour détourner l’attention de l’auditeur, car la syntaxe de ce qui suit est bancale. Le prof’ de français connaît l’efficacité du procédé. En construisant une phrase douteuse au plan grammatical on éveille la suspicion de l’auditeur, surtout que le raisonnement est tordu : si les chambres à gaz ont existé, c’est de la faute aux nazis qui les ont inventées, car ils y voyaient bombe à retardement destinée à exploser dans les mains des juifs, qui allaient forcément, un jour ou l’autre, être accusés de mensonge. Et reconnus coupables, espère Fofo, comme ils le furent dans l’assassinat de Jésus et plus encore d’Étienne.

Le procédé est le même dans les deux cas : le juif se dit innocent dans la mort de Jésus, car il fut sacrifié par les Romains ; comme il se dit innocent du canular des chambres à gaz, que les nazis auraient inventé. Mais il y a au moins deux ombres au tableau : le martyre d’Étienne en l’an 35, condamné à mort par le Sanhédrin avant d’être lapidé ; l’invention de la chambre à gaz par Max Nordau au premier Congrès sioniste de Bâle, en 1897.

Comme toujours, Fofo veut faire monter les enchères. S’appuyant sur sa Sorbonique, comme on disoit au dix-septième siècle, il a conduit combat suicidaire pour ceux qui l’ont défendu. Mais il n’y avait point d’autre choix valable à l’époque, ni de liberté comparable à celle dont Pascal a bénéficié quand il sortit son magnifique pamphlet, sous forme de feuilleton, en 1656-1657. Toutefois la différence est gigantesque, car Pascal était génial contrairement à Fofo. Il pesait ses mots qui tombaient comme des flèches. Il ne déformait pas les propos de la partie adverse. Il ne les interprétait pas en se mettant en avant. Il ne s’esquivait pas en faisant mine d’avoir réponse à tout. Il répondait aux questions qui lui étaient posées, contrairement à Fofo-Kreuzfeld.

Au lieu de ça, Fofo-Kreuzfeld cherche à rallier gens à sa cause à coups de molinisme, au nom de la croix (Kreuzfeld signifie champ de croix). Il les invite à partager son point de vue, qu’il croit rassembleur. Les chambres à gaz n’ont pas existé ? Soit, mais après ? Rien, même pas Jésus, seulement la croix, le pape conduisant ses partisans à faire du sur-place. Il attend uniquement que la foule se pâme devant sa bulle. Il commença par faire semblant de prendre aux sérieux les bêtises techniques des judéocideurs, avant de les réfuter une à une, laborieusement. De telle sorte que Fofo est entré dans la chambrette à gaz d’Auschwitz il y a un peu moins de cinquante ans et qu’il n’en est toujours pas sorti. Quel exemple pour les jeunes ! Il les dissuade d’entreprendre toute recherche historique.

Suit Paul-Émile Blanc selon Gnieudonné, plus cuistre que casuiste. Histrion +, il a gardé des souvenirs de ses études d’histoire. Il date Deutéronome du cinquième siècle avant notre ère. Il cite la Bible de Jérusalem, référence acceptable, car il existe énorme nombre de versions de la Bible — celle dite de Jérusalem étant considérée comme assez fiable. La place de la Bible de Vatican II, par exemple, est dans la corbeille, sans qu’il s’agisse de la brûler, l’« auto-da-fé » étant coutume juive.

Mais l’histrion se plante quand il prétend citer Voltaire à partir du livre de Claude Villaret L’esprit de M. de Voltaire publié en 1759. Selon Blanbec, Voltaire aurait dit : « Vous ne trouverez dans les juifs qu’un peuple ignorant et barbare, qui joint depuis longtemps la plus sordide avarice à la plus détestable superstition, et à la plus invincible haine pour tous les peuples qui les toléreront, et les enrichissent. Il ne faut pourtant pas les brûler. »

Villaret a interprété les propos de Voltaire, qu’il a télescopés. Les juifs sont barbares ? Bien sûr. Ignorants ? Mais de quoi ? Des bonnes manières ? C’est certain. Mais ce mot appelle complément, le juif n’ignorant pas les vertus du mosaïsme ni du commerce de l’argent, pas plus que de celui des idées. Détestable superstition ? D’accord. Mais plus invincible haine pour tous les peuples qui les toléreront, et les enrichissent est propos de partisan qui interprète les écrits de Voltaire, que Villaret résume en les dénaturant. Quant à il ne faut pourtant pas les brûler, cette locution de Voltaire est maintes fois attestée. Elle s’imposait à la fin (ou au fin).

Problème de Blanbec : il est nul en moyen françois, plus encore en ancien françois, parlers qu’il n’a jamais sérieusement étudiés. Comment a-t-il pu confondre une interprétation des écrits de Voltaire avec ce qu’il a vraiment dit ? Les propos antijuifs du philosophe de l’histoire sont riches et variés, en même temps ciblés. Seulement, faut les lire dans les éditions originales, surtout pas dans les versions falsifiées publiées en français moderne. Mais Blanbec, journaliste d’Historia, ne s’est pas donné cette peine. Depuis toujours il préfère la facilité. Chic ! s’est-il dit, Villaret a fait le boulot à ma place, je n’ai qu’à le citer.

Blanbec a le même rapport avec Fofo. Il se dit que Herr Professor a fait le travail, je n’ai qu’à me tourner les pouces et à exploiter le filon. Avec mes diplômes, mon expérience journalistique, mon harem, le soutien de ma secte, je ne crains rien. Surtout que j’enrichis le jargon antisémitique. C’est moi qui ai proposé à Gnieudonné d’employer le mot Innommable, c’est moi qui ai balancé Yahvé à plusieurs reprises dans le sketch. Car j’ai de la confiture, comme disent les filles de mon harem.

En évoquant Yahvé Blanbec est encore loin de gazer d’Élohim, mais c’est pas mal dans un sketch où la mention d’Élohim fût déplacée. Surtout qu’il s’agit de séduire la tête noire, sans la brusquer. Cependant son antisionisme est celui d’un bobo, car quand Golda Meïr dit que « les Palestiniens n’existent pas », elle a raison. À l’exception des chrétiens et des incrédules de Palestine, il n’y a que des ottomans musulmans dans la région, polygames, esclavagistes, antinudistes, adeptes du sacrifice humain, opposés à la philosophie de l’histoire. Blanbec invite l’auditeur à sortir son mouchoir en songeant à leur malheur, mais ils n’avaient qu’à pas être à ce point enjuivés ! Quand Yisraêl fait mine de respecter le réviso Mahmoud Abbas, formé à l’école soviétique, il a raison. Mais tort, car l’État juif traite Abbas comme dernier des lampistes, par avarice territoriale.

Désolé Blanbec, Guillotine ne versera pas une larme pour l’ottoman. Il craint plutôt l’invasion des bobos, dont il sait qu’il n’arrivera pas à les exterminer. Blanbec devrait inscrire sur sa carte de visite kapo bobo. Le judéocideur a certes raison de s’inquiéter en voyant des bobos comme Blanbec soutenir le casuiste, mais il tient le bobo pour guimauve. Même si Arno Klarsfeld et Blanbec appartiennent à cette race.

Raisons pour lesquelles ces sornettes ont failli être blackoutées quand Guionnet était plongé dans les Provinciales du camarade Blaise Pascal. Pamphlet merveilleux, à lire dans la langue de l’époque, plus riche et imagée que le français moderne, idiome dans lequel l’ouvrage est maintenant aliéné. Avec Pascal, on découvre l’art du pamphlet et l’intelligence, étrangère au casuiste. Pascal est génial, mot comportant deux consonnes mouillées accentuées, rares dans son livre. (Le titre Provinciales, avec consonne mouillée accentuée, n’est pas de lui.) Dans son œuvre, Pascal ouvrit la voie de la philosophie de l’histoire, bravo !

Il est trop tôt pour en parler car nous n’avons pas trouvé sur Gallica version originale des Provinciales ; en « français (moyen) », comme disent les saligauds de BN. Il serait pourtant temps que BN et Revision collaborassent. Hier matin, lettre de BN, qui réclame du Revision, mais à impossible nul n’est tenu. Pascal est mort à 39 ans, comme Boris Vian, signes de la faible espérance de vie des gens intelligents. Et nous invitons les antichémites à soutenir le parti des bonnes mœurs, du bien-vivre et de l’intelligence ; pour l’antijudaïsme, contre l’antichémitisme. Un peuple, un guide, antijuif !

(À noter que c’est Dailymotion qui diffuse le film, ce qui inquiète la coterie dominante. Heureusement qu’il est bête, se disent ses responsables. Cela n’empêchera pas Dailymotion d’être poursuivie en justice pour crime de lèse-majesté juive. Même si les ligues de vertu sont déboutées dans un an et demi, ce sera autant de temps de gagné.)

25 novembre 2011

TROISIÈME BATAILLE

Filed under: Uncategorized — guionnet @ 20:22

Depuis le début de la dernière bataille d’Issy, aucun mort, aucun blessé. Du coup la masse internautique s’en fout. Elle veut du sang. Elle rêve de destruction pour compenser sa lâcheté de tous les jours. Les visites du site chutent, car il voit loin en regardant de près, comme un aigle.

C’est plus tard que la tête noire s’apercevra de l’importance de l’affrontement. Peut-être après que la complice d’Aigle Noir Éva Joly sera venue à Issy protester vigoureusement contre le projet fou de Santini de construire trois tours dans la ville, dont au moins deux de 180 mètres de haut. Elles ne feront pas d’ombre, prétend l’escroc. Elles détruiront l’espace urbain, créeront des embouteillages et alaidiront la perspective des Hauts d’Issy. Si le despote persiste dans cette idée, c’est possible de s’accorder, à condition que les tours ne dépassent pas 15 étages.

Dire que la normande Joly est une copine serait exagéré, mais c’est elle, juge d’instruction, qui prononça un non-lieu pour le Manifeste antijuif d’Attila Lemage paru en 1991. Elle a du culot malgré son accent discutable. Et la gueuse viendra en ville (pas maintenant, c’est prématuré), accompagnée des hordes d’Aigle Noir, qui seront à son service pour protester contre le projet du monstre. Il s’agit d’associer Actevi, éventuellement le Modem, à l’opération. Mais c’est Aigle Noir qui aura été à son origine, c’est lui qui aura contacté les gens pour l’accomplir. Il ne saurait en aucun cas en être exclu car c’est lui la bête noire de Santini.

Surtout qu’il a vu les deux batailles d’Issy de 1870-1871 et d’avril-mai 1871, dont l’Issisois fut victime. Coup sur coup les dégâts occasionnés furent comparables, bien que ceux ayant opposé la garde nationale de Paris aux Versaillais fussent plus importants, les demandes d’indemnisation des habitants, pourtant proches, ne traduisant pas la réalité. Pour la raison que certains habitants furent tués et que d’autres fuirent la ville. Les statistiques sont éloquentes, 9 202 habitants en 1866, plus de 10 000 en 1870, 7 775 en 1872. Issy fut alors deux fois humiliée et meurtrie.

Flétrissure poursuivie ensuite. En 1903 l’Issisois fut traité du nom insultant d’Isséen. Il dépendait de l’arrondissement de Sceaux et du canton de Vanves, où se trouvait le commissariat de police. Pour le frangin, les habitants d’Issy étaient coupables, un peu pour avoir résisté au prusco, mais surtout pour avoir résisté, souvent malgré eux, à l’armée de Thiers en 1871. Aussi étaient-ils maudits, ravalés au rang de banlieusards ouvriers. Issy n’approvisionnait plus Paris comme autrefois en victuailles et en pinard, ses mines étaient délaissées, son autorité administrative et judiciaire, qui date de Childebert Premier, fils de Clovis, annulée ; l’Isséen était devenu esclave du Grand Architecte de l’Univers en 1903. Il était seulement capable de produire dans les manufactures.

Il y avait pourtant l’aérodrome, des artistes comme Dubuffet plutôt que Matisse, mais l’Issisois était nié, comme Abel le fut par Caïn. La plaine cédait, mais la butte résistait. On l’appelait alors quartier Voltaire, car les traditions jansénistes, gallicanes et des Lumières y restaient fortes. En 1903, comme en 2011, elles étaient et demeurent antijuives et antimaçonniques. Raison pour laquelle le fils de Voltaire fut maudit par le frangin, qui n’assure pas sous son tablier. Ce dernier n’ayant fait que remplacer le jésuitre dont il s’est inspiré dans sa constitution, tandis que son jargon est calqué sur le modèle jésuitique, la compagnie étant devenue fratrie.

D’où revanche à prendre en s’appuyant sur les nouvelles populations de la ville. Pas sur les bobos que Santini fait affluer, mais sur la partie de la population traditionnellement industrieuse et innovante, de tempérament naturiste et anarchiste, qui n’hésite pas à dire par le cul Santini, comme elle disait avant par le cul gnieu !

Le projet du despote est horrible, il compte faire construire trois tours en bord de Seine, près de la station de métro RER Val-de-Seine, en liaison avec d’autres tours sur l’île Séguin qui dépend de Boulogne-Billancourt. Le dément défie la nature. Il a oublié l’histoire des îles maintenant englouties par la Seine. Il sous-estime l’action destructrice de l’eau sur les fondations. Il n’a pas entendu parler des glissements de terrain. Ses projets sont ceux d’un vieux déjà victime de deux infarctus. Il cherche la vie éternelle alors que la mort tape à sa porte. Il a oublié qu’un des balcons de son appartement de l’île Saint-Germain s’est effondré il y a peu. Cet homme de la plaine est dangereux pour la population.

En face, il y a Brison, qui habite le bas coteau d’Issy et diverses associations, y compris de Meudon, mais c’est du haut de la butte et du plateau que vient l’espoir. Avec Guionnet, convaincu qu’il ne faut pas chercher à guerroyer contre la nature. Avec Étienne Béranger, qui habite mi-coteau est du plateau, qui ne dit pas non au plan Éva Joly. Que la gueuse y prenne part peut être bonne chose selon le parti du Vatican.

Le point de vue des gens des Hauts d’Issy est très différent de celui des gars de la plaine, y compris des corsicauds dont le Point souligne le grand nombre. Avantage pour eux, ils ont taux de consanguinité moins élevé à Issy que s’ils étaient restés vivre en Corse. Bien que près de 1500, ils sont difficiles à identifier, surtout qu’ils ne sont pas tous flics ou truands. On peut les distinguer à la pâleur prononcée de leur peau, éventuellement avec leur accent guttural modéré. Ou encore en parlant des Génois dans un lieu public. Le corsicaud tourne alors son regard vers l’orateur, car il déteste le Génois. « Jacobin » de cœur, surtout pas ultramontain, il reproche au pointu les tergiversations de sa classe politique. Aussi a-t-il pu apprécier les coups de gueule de Santini. Comme quand il crie : « gouverner, c’est savoir dire non ! » Avant d’assurer « il faut être culotté ». Mais le corsicaud comprend qu’on veuille maintenant frotter les oreilles du tyran, car sa boulimie phallique est clairement nuisible.

Les « jansénistes » reprochaient aux jésuites leur laxisme. S’ils ressuscitaient ils feraient le même reproche à Santini. Ils l’accuseraient de laxisme vis-à-vis de la haute finance.

Jean-Marc Brison précise qu’il est possible de dire son avis en mairie jusqu’au 3 décembre sur le projet fou du despote, mais il s’en foutra ! Il faut le traiter à la hussarde, seul argument qu’il comprenne.

24 novembre 2011

GUERRE À LA HUSSARDE

Filed under: Uncategorized — guionnet @ 19:09

Le magazine le Point de ce jour titre « Issy-les-Moulineaux — Le cas Santini », avec la tronche du despote en prime, les yeux bridés, faisant mine de sourire. Le « spécial 20 pages en fin de journal » n’est apparemment pas publié dans le Newsletter de la gazette, truc pour vendre la presse papier. Plusieurs informations sont intéressantes. Maire d’Issy depuis 1980 (rares sont les empereurs ayant régné plus de trente ans), ce fils de bistrotier de Barbès, puis de Courbevoie, dirige son territoire « à la hussarde », dit Étienne Béranger, conseiller municipal Modem. « Il n’hésite pas à tuer politiquement d’anciens alliés », écrit Pascal Mateo. Seules vraies poches de résistance à la politique urbaine démente du despote, l’association Actevi et Alain Guionnet, qui a soutenu victorieusement Actevi contre l’abominable projet de téléphérique, qui soutient maintenant l’association citoyenne contre le projet des trois tours du tyran, dont deux de 180 mètres de haut en bord de Seine, la troisième en centre ville.

Les deux partis sont complémentaires, avec le soutien implicite du Modem, car Guionnet est seul à parler langue du hussard et à avoir étudié la p’tite guerre. Après s’être penché sur les techniques de l’insurrection armée dans sa jeunesse, sur l’histoire de la Commune de Paris, mouvement socialiste national qui n’avait aucune chance d’aboutir à cause de la bêtise de ses chefs, de leurs conflits internes et de leur revendication : l’autonomie absolue de Paris. Et puis, la Commune éclata trop tard, c’est en septembre 1870 qu’elle aurait dû être déclarée sous autre forme. Guionnet a aussi étudié le coup d’État bolchévique de novembre 1917, auquel de nombreux juifs se rallièrent, mais pas tout de suite. Il est bien décrit par Malaparte, qui omit de signaler que le francophone Lénine avait pour modèle la révolution de 1789 plus que la Commune de Paris, même s’il faisait mine de plagier Marx à ce sujet. Puis apparut l’insurrection armée idéale, celle d’octobre 1956 en Hongrie, qui fut écrasée après avoir gagné. Elle avait chance de succès, contrairement à l’armée de Paris en avril-mai 1871. Le Magyar eut alors du culot, comme en 1848-1849. Il fit pour le jeune Issisois* figure de modèle, raison pour laquelle il a appris sa langue barbare et étudié les techniques de p’tite guerre, à nulle autre comparables.

Le comique Santini se fend de quelques remarques décapantes dans l’entretien qu’il accorde au magazine : « Que pensez-vous de Nicolas Sarkozy ? Il est incontestablement le meilleur, le seul et le dernier à avoir du culot. (C’est peut-être vrai, mais le culot de Charkeuz est celui d’un zimmi juif sataniste, NDLR.) De François Fillon ? Il est en net progrès. (Vrai, mais il part de loin, NDLR.) D’Alain Juppé ? Il n’aime pas les gens. (En tout cas il est hautain, NDLR.) Et de François Hollande ? Il n’est pas à la hauteur. (Vrai, NDLR.) Le clivage gauche/droite est-il encore pertinent ? Non, la différence se fait sur l’intelligence. Une bonne idée aujourd’hui n’a pas de prix ! (Soit, NDLR.) Avez-vous une devise ? Voir loin, y regarder de près. (Bien, NDLR.) »

Autre devise : on combat l’ennemi en le respectant. Traiter Santini de tyran ou de despote n’est pas insulte dans la bouche du hussard, c’est presque compliment. Santini l’a compris, il a autorisé Guionnet à regarder de près l’histoire d’Issy, c’est-à-dire l’histoire de France en raccourci. Tout le monde est au courant du conflit qui oppose les deux camps dans la sixième ville la plus riche de France. Autre différence entre les belligérants, Santini est juriste, Guionnet historien. Ou encore Santini aurait rêvé diriger un groupe de presse, question que Guionnet ne se pose pas, car il est guide de presse (par jalousie, Santini traite Revision de torchon).

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* Le barbarisme Isséen, au lieu d’Issisois, date au moins de 1903, quand dominait la République maçonnique. C’est en 1994 que Robert a falsifié le nom « gentilé », comme dit sa rédaction. En 1993 encore Robert appelait l’habitant d’Issy-les-Moules issisois, mot toujours en usage chez les gens opposés aux coteries dominantes.

22 novembre 2011

PLAISE À GNIEU !

Filed under: Uncategorized — guionnet @ 17:29

Voilà diction du jour. Tels furent les derniers mots à une jeune fonctionnaire de Parties et pays de l’Ain prononcés par le guide hui. La jeune fille fut aimable, comme celle d’Issy-l’Évêque la semaine dernière, comme madame Ville, retraitée de Montalieu ce matin, comme la gueuse de l’Office de tourisme de Montagnieu en début d’après-midi. Toutes, sauf la fille d’Issy-l’Évêque, qui n’était pas au courant, s’intéressent à la thèse suivant laquelle Montagnieu, Montalieu et Vercieu sont synonymes.

Bien sûr l’incroyant peut dire par le cul gnieu, comme en ancien françois par le cul bieu, mais bieu, cieu, gnieu, lieu signifiaient la même chose en ancien et moyen françois, quand de nombreuses gens répugnaient à parler de dieu, mot étranger bien que plus d’origine grecque que latine.

Ville habite Montalieu. Elle avertit le François que le nom du petit village associé au bourg de Vercieu à la suite de la révolution se prononce Montayeu. Avant de se libérer en révélant que Montalieu se dit en patois Montayu. Du coup, on perd de vue le rapport à dieu du mont, qui va vers lui. Comme Vercieu va au cieu, comme Montagnieu va à gnieu. La paroisse de Vercieu, dont l’existence est attestée en 1183, fut rattachée à l’évêché de Lyon. Il existerait trois sites appelés Montalieu en Isère, contre deux Montagnieus en Ain, un en Isère (la distance entre Montagnieu et Montalieu-Vercieu est de six kilomètres). De telle sorte qu’on voit en Montalieu et Montagnieu même mot, comme Denis Pilé, auteur de Harangue des gens d’Issy, qui parlait de Gnieu, dieu, et de gnieu, lieu. Ce qui devient compréhensible dans la conversation, quand on s’aperçoit à quel point il est facile de confondre Montalieu et Montagnieu.

L’histoire du parler local n’est pas résolue, mais ses nombreux mots en u et eu indiquent son origine franque — sons initialement inconnus en provençal. Il ressort aussi que le mot gnieu est ancien, car le village de Montagnieu (500 habitants) s’appelait ainsi avant la révolution. Pour savoir depuis quand, il s’agit de consulter d’abord les Archives de l’Ain, personne au village ne le sachant. Surtout que ses habitants s’appellent maintenant montagnolands,* leurs élus ayant pris pour modèle Disneyland, alors que leurs ancêtres ont calqué le nom de l’agglomération sur celui de Vercieu (Montalieu-Vercieu a 3000 habitants). Gnieu n’est donc pas issisois, mais françois. Il est lié à bieu et lieu, comme on le savait, mais aussi à cieu (sans x).

Il y a aussi la mode. Un groupe de musique rock biélorusse créé en 2007 s’appelle Gnieu, mot emprunté au roumain, qui l’a piqué au françois. Les Biélorusses ont choisi nom écrit en lettres romaines afin d’être mieux connus. Ils ont eu raison, vu leur succès, mais ils prétendent que gnieu signifie colère, ce qui est faux. Demi-mensonge, puisque dieu est réputé pour ses colères, mais voilà exemple de dérive sémantique, dans ce cas dû au fait que les historiographes de la Veuve ont nié l’existence de gnieu. Ce qui est un peu étonnant de la part de Littré, mais gnieu n’existait pas en ancien françois. Ensuite Littré n’a pas voulu évoquer le parler populaire moyen françois, car la tâche eût été insurmontable. Pourtant gnieu n’est ni mot de patois, ni d’argot.

Heureusement, tout finit par fuiter en France, par la grâce de gnieu et du gniable, son adversaire.

Les archives parlent

23 novembre, les archives commencent à parler. Il y a deux Montagnieus en Ain : Montagnieu et Montagneux (maintenant appelé Saint-Trivier-sur-Moignans), les deux localités ayant été appelées Montagnieu. L’actuel bourg de Montagneux Saint-Trivier-sur-Moignans en 1655, in « Visites pastorales », le village de Montagnieu en 1789. Le titre du document de 1655 est éloquent, car des religieux ont alors parlé de gnieu dans le but de mieux évangéliser la population. En même temps de soutenir la politique du royaume de France contre la Savoie.

Voilà exemple de politique gallicane de l’Église, qui a parlé de gnieu pour séduire les populations récalcitrantes au nom de dieu. Pourtant l’origine de Montagneux est claire, Villa Montanicus (944), Montaigneu (1238), Montagneu (1324), Montagneux (1789). Les révolutionnaires ont tranché pour éviter l’homonymie des deux localités : Montagneu s’appellera Montagneux, Montaigneu (1655) Montagnieu. Sans peut-être s’apercevoir qu’ils inscrivaient dans la topographie le nom de dieu dans sa forme vraisemblablement d’origine populaire, gnieu, récupérée par des religieux au dix-septième siècle.

Voilà comment le nom de gnieu n’est plus daté des environs de 1740, mais de 1655. Voilà comment il s’inscrit à présent dans la liste des mots à consonne mouillée accentuée employés par l’église de France. Toutefois sous réserves, comme expliqué dans « Jargon d’Issy ».

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* On dit Montagnieusois en françois.

20 novembre 2011

NOUVEAU JEU

Filed under: Uncategorized — guionnet @ 17:24

Septembre ou ctobre 2007, le téléphone d’Alain Guionnet sonne, c’est Maître Bernard Jouanneau qui l’appelle. Il veut savoir si Guionnet l’autorise à reproduire grande partie de Revision n° 108 d’avril 2007, qui raconte le procès Badinter qui s’est déroulé du 12 mars au 2 avril devant la dix-septième chambrette. Oh ! avec interruption, le tribunal de Paris ne jugeant pas les affaires de presse comme au Royaume-Uni. À Paris c’est l’abattage, surtout quand le plaignant s’appelle Robert Faurisson qui attaque le monstre sacré Robert Badinter pour diffamation.

C’est Badinter, qui joue la carte assimilationniste, qui avait demandé à son baveux de téléphoner à Guionnet pour lui faire cette proposition, car il jugeait sa chronique judiciaire valable. Voilà texte ennemi publiable, s’est-il dit. Guionnet est de mauvaise foi, mais il respecte la règle. Il n’invente rien. Et puis, pour vendre un livre que personne ne lira, c’est bien d’y publier du Guionnet, cela donnera l’impression d’être impartial.

Mais le coup a manqué, car Guionnet a réclamé des droits d’auteur. Aux éditions du CNRS ! rendez-vous compte, c’est impensable, ses responsables ne payent jamais un radis aux auteurs. Il croient que ce sera pour eux un honneur d’être publiés par le CNRS, l’État brisant ainsi la loi de l’offre et de la demande, cassant le libre commerce des idées.

Maintenant la situation est différente. Si Santini propose à Guionnet de publier ses observations sur l’ancien Issy, Guionnet n’exigera pas forcément d’être payé. Cela lui donnera tribune et passera pour reconnaissance de son sérieux. Non comme chroniqueur judiciaire cette fois, mais comme historien, son métier. Avec sa capacité de reconnaître ses erreurs, qu’il s’empresse de corriger.

À Santini de saisir la balle au bond. Guionnet est de mauvaise foi car il soutient la butte contre la plaine, mais il est exotique, son esprit sied aux anciens propriétaires des maisons de plaisance de la bourgade. En plus son nom colle. Des habitants de la butte autrefois s’appelaient Gogue, alors que lui est fils de Magog.

L’ésotériste Santini sait qu’il ne doit pas toucher au fils de Magog. Les chevaliers d’Apocalypse l’épargneront peut-être quand ils dévaleront le coteau, à condition que Santini les respecte. Sinon il sera occis.

19 novembre 2011

CABALE GOYE

Filed under: Uncategorized — guionnet @ 18:21

Il y eut autrefois cabale juive, puis cabale chrétienne. Surgit la cabale goye, qui date de ce jour. Ses premières lignes se trouvent dans « Jargon d’Issy », article loin d’être achevé. La cabale goye n’existait pas, elle vient d’être créée. Elle ne repose pas sur les nombres, ou assez peu, mais sur la phonétique des mots liée à la sémantique, terrain de prédilection de Grand Frère.

L’existence de Grand Frère fut révélée en 1948 par le francophone George Orwell, mais il y eut avant lui des classes dirigeantes qui virent dans la langue arme pour renforcer leur autorité. Elles ne disposaient pas des énormes moyens de Grand Frère, leurs méthodes étaient artisanales en comparaison. Aussi est-il plus facile d’observer les trucs employés autrefois, car ce n’est pas en cliquant, en zappant ou en switchant qu’on peut comprendre comment nous en sommes arrivés là.

Oyez braves gens ! c’est un François qui parle, formé à l’école d’Orwell. Il n’a pas trouvé la cabale goye en flânant dans la rue, il est allé la chercher là où elle se trouve, notre pensée étant coulée dans les formes de la langue.

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