Alain Guionnet – Journal Revision

1 novembre 2010

ARTILLERIE DU DÉMON

Filed under: Uncategorized — guionnet @ 20:10

Ça y est, tonne la grosse Bertha ! Le navire amiral de la flotte médiatique juive ouvre le feu sur la pétition Blanbec, sur son blog le premier novembre. Signe de la célérité du cahal et de ses capacités d’investigation. Il a certes des lacunes, mais peu évidentes. Voici le texte du papier, cinq coquilles mineures sont supprimées ainsi que diverses fautes de ponctuation. La preuve est faite, le Démon n’emploie plus de correcteur, sauf peut-être un pour ses éditorials et quelques papiers pointus. Il en conserve en revanche pour son magazine Démon diplomatique, moins presse pipole. Un correcteur n’aurait pas laissé passer « quelques 970 signataires » par exemple, la revue si, car elle est ennemie de Vaugelas.

___________________________________________________

L’écrivain Yann Moix, la pétition et les négationnistes

Il en est ainsi des pétitions. L’identité des signataires est souvent au moins aussi riche en enseignements que l’intitulé. Paul-Éric Blanrue, compagnon de route de Dieudonné, militant issu de l’extrême droite, qui s’évertue à brouiller les pistes et se prétend désormains « chaveziste », a une obsession : l’abrogation de la loi Gayssot, qui a instauré le délit de contestation de crime contre l’humanité.

Il s’y consacre depuis plusieurs mois sur les sites internet participatifs — comme Le post, où il a une page personnelle, ou Agoravox. Là où la donne est en train de changer, c’est qu’il s’est trouvé quelques « idiots utiles » pour parapher un texte, aux côtés de ce qui constitue un véritable Bottin mondain négationniste, Greciste et/ou nationaliste révolutionnaire, le tout complété par quelques « plumes » de Riposte laïque dont l’ultra-laïcisme de façade cache de moins en moins un alignement systématique et sans grande boussole sur la rhétorique de l’extrême droite « dure ». On y retrouve aussi de nombreux étrangers (surtout italiens, belges, suisses et américains) issus de la Nouvelle droite ou, pour certains d’entre eux, du néo-nazisme avéré.

On évacuera donc ici assez vite les têtes de gondoles qui servent à vendre la pétition et surtout à servir de cache sexe à des cohortes éminemment plus politiques.

Cet été, donc, était lancée une pétition pour l’« abrogation de la loi Gayssot ». Le texte utilisait le cas de Vincent Reynouard pour appuyer son propos. Condamné à un an de prison ferme le 8 novembre 2007 pour contestation de crime contre l’humanité, après la diffusion d’une « brochure » contestant le génocide des juifs par les nazis, Vincent Reynouard est un « client » : catholique intégriste et national-socialiste avoué, cet ancien membre du PNFE — un groupuscule néonazi — a été révoqué de l’éducation nationale. Il est en outre extrêmement actif sur le net où il s’échine à se tailler un costume de « proscrit pour ses idées », ce qui a encore renforcé son incarcération.

Petit tour d’horizon non-exhaustif des familles représentées parmi les quelques 970 signataires du texte.

Les « idiots utiles ». Évidemment, ce sont ceux que M. Blanue a mis au début de la liste. Certains sont étonnants. Comme l’écrivain Yann Moix qui affiche un soutien appuyé à la cause israélienne, et qui a récemment traité d’antisémite le responsable des cinémas Utopia (au motif qu’il boycottait un film israélien). Il y a aussi Robert Ménard, ex-président de Reporters sans frontières, ou encore le journaliste Dominique Jamet.

À gauche, peu de prises : le philosophe libertaire américain Noam Chomsky a soutenu l’initiative. Un de ses proches, le belge Jean Bricmont, a été l’un des plus actifs pour faire diffuser la pétition. Monseigneur Gaillot a quant à lui retiré sa signature. On trouve aussi un journaliste québécois du quotidien cubain Gramma, Jean-Guy Allard. Ce dernier dénonce avec constance Robert Ménard comme un « agent de la CIA ».

Les négationnistes. Tout le « gotha » a signé, à l’exception de ceux passés au Mouvement des damnés de l’impérialisme, comme Ginette Skandrani et Serge Thion.

Il y a donc les frères Faurisson, Robert et Jean, ainsi que leur sœur Yvonne Schleiter ; Pierre Guillaume ; l’ancien avocat de Robert Faurisson Éric Delcroix ; Jean Plantin ; Pierre Panet (proche de Dieudonné et auteur d’un texte intitulé « Robert Faurisson un humaniste ») ; Michèle Renouf ; Mondher Sfar.

Il y a encore Michel Delacroix (auteur d’un pastiche négationniste) ; Gerorges Theil ; Guillaume Nichols, traducteur en anglais de Faurisson ; Andrew Slade ; Henri Roques ; Bernard Notin ; Siegfried Verbeke, qui a été condamné aux Pays-Bas et est proche de Vincent Reynouard. Ainsi que Mariette Paschoud, négationniste suisse condamnée, ou encore l’italien Franco Damiani.

On note aussi la présence de Roger-Guy Dommergue dit « Polacco de Menasce ». On ajoutera encore la signature de Richard Glize qui, s’il ne s’est pas signalé par des écrits négationnistes, a été poursuivi pour avoir diffusé une revue antisémitique à l’université de Lyon-III, Le livre de philosophie culturelle. Tout comme Jean Brière, ancien porte-parole des Verts, exclu du parti après des déclarations antisémitiques notamment parues dans son livre Le rôle belligène d’Israël et du lobby sioniste, aujourd’hui au Mouvement écologiste indépendant d’Antoine Waechter. Ou Israel Shamir, qui a parrainé avec Mondher Sfar et Ginette Skandrani l’édition du faux antisémite Le manifeste (judéo-nazi) d’Ariel Sharon.

La bande à Dieudonné/Égalité et réconciliation. On y retrouve donc le nouvel avocat de Faurisson, et de Dieudonné, John Bastardi-Daumont ; Dieudonné et sa compagne Noémie Montagne ; Olivier Mukuna, auteur d’un livre sur Dieudonné ; Cyril Rey-Coquais ; Maria Poumier et Francesco Condemi, tous trois anciens de la liste « antisioniste » ; Jacky Sigaux, assistant de Dieudonné ; Alain Soral ; Laurent James ; Marc George (ex-secrétaire général d’Égalité et réconciliation, il soutient désormais Bruno Gollnisch) ; Tahir de la Nive ; Pascale Giaj ou encore Johan Livernette. Et aussi Michel Drac (qui s’est récemment rapproché de Serge Ayoub et du mouvement Troisième voie].

Dans un autre genre, on relève également des conspirationnistes comme l’américain Ed Kendrick, qui soutient que le Mossad est derrière les attentats du 11 septembre, ou la française Nicole Guihaumé.

FN et périphérie. Si aucune personnalité de premier plan du Fron national n’a apposé sa signature, certains cadres n’ont pas hésité à le faire. Comme Hugues Petit, membre du comité central du bureau politique et président du Conseil scientifique du FN. On retrouve aussi Erwin Vétois, qui écrit dans le mensuel Droite ligne (lancé par Yvan Benedetti et qui soutient ouvertement Bruno Gollnisch dans la succession de Jean-Marie Le Pen). L’ancien candidat FN Axel Loustau est aussi signataire. À côté du FN, on retrouve Thomas Joly, n° 2 du Parti de la France de Carl Lang. Jérôme Bourbon et Camille Galic, respectivement actuel et ancienne rédactrice en chef de Rivarol. On peut aussi voir la signature de Franck Abed, contre-révolutionnaire, responsable du site GenerationFA8. Il y a encore Jean-Claude Manifacier, ancien conseiller régional du Languedoc-Roussillon, passé au MNR (signataire de la pétition lancée par Synthèse nationale sur la sécession de l’Europe).

Des anciens de la mouvance sont là comme l’ancien collaborateur François Brigneau, ou encore l’éditeur Philippe Randa. On peut y voir aussi François Ferrier, ex-RPR, ex-FN aujourd’hui à la Nouvelle droite populaire. Ou l’intégriste Henri de Fersant, condamné pour apologie de crime de guerre, et le chanteur d’extrême droite Vlaams Belang, Dr Merlin alias Christophe Lespagnon.

À l’étranger, on note aussi Filiberto Pesciaroli, dirigeant du parti d’extrême droite la Destra (qui entretient de bons rapports avec le FN, puisque David Rachline, coordinateur national du FNJ était l’invité du mouvement de jeunesse de la Destra). Ainsi que le belge Ivan de la Duve, admirateur des écrits politiques de Drieu La Rochelle. Ou Koen Dillen, fille du fondateur du parti d’extrême droite Vlaams Belang, Karel Dillen, qui a traduit en flamand Paul Rassinier.

Grécistes. Jean-Yves Le Gallou, ancien du GRECE et proche du Bloc identitaire, est aussi présent. Il avait d’ailleurs diffusé le texte sur son site internet Polemia (plusieurs contributeurs réguliers de ce site sont aussi signataires).

Mais aussi le suisse Pascal Junod, ancien avocat de Roger Garaudy, président de l’association des amis de Robert Brasillach et animateur du cercle Thulé.

Parmi les grécistes, on trouve Philippe Baillet, spécialiste de Julius Evola et proche de Claudio Mutti, autre « évolien » lui aussi signataire. Ou Tomislav Sunic, autre figure de cette sensibilité GRECE-Nouvelle droite.

Néo-nazis revendiqués. Roger Degrémont, qui anime un cercle très troisième Reich depuis son pavillon de banlieue parisienne, est, entre autres, de la partie, tout comme l’américain Kevin Alfred Storm, condamné par ailleurs pour possession de photos pédophiles, ou Raoul Raketitch, ex de la FANE, de Militant et du FN.

Les identitaires. Deux cadres identitaires, Richard Roudier (ex tête de liste de la Ligue du Midi aux régionales de 2010 et président du Comité de soutien à René Galinier) et Bernard Lœuillet (responsable de la librairie du Pavillon à Nice et ancien candidat dans le sixième canton de Nice et secrétaire de Nissa rebella) sont signataires du texte. Cela ne va pas arranger les affaires de Fabrice Robert, qui, depuis qu’il a diffusé sa tribune où il affirmait se défaire de son passé de militant d’extrême droite radicale, doit gérer certains militants pas vraiment rentrés dans la ligne.

Riposte laïque. Un certain Luc Roche et le dénommé Marc Noé (signataire de la pétition lancée par Synthèse nationale sur la sécession de l’Europe) sont signataires notamment sous l’étiquette de Riposte laïque (RL). Ce dernier est l’auteur d’un texte sur le site RL paru sous le titre « Pour guérir la France malade, il faut abroger les lois antiracistes, liberticides et anti-françaises ». Le raisonnement est le suivant : pour faire sauter le délit de diffamation raciale instauré par la loi Pleven de 1972 — et sans doute pour faire bonne mesure — il faut faire sauter la loi Gayssot. Selon M. Noé cet arsenal législatif oblige à avoir une « opinion halal ».

On attend avec impatience de Riposte laïque qu’ils exposent leurs vues sur la loi Gayssot au Bnai Brith qui les ont invités pour leur salon du livre du 14 novembre…

En conclusion. Sur son blog Yann Moix explique « pourquoi » il est « contre la loi Gayssot », avec des arguments qui sont tout à fait recevables dans le cadre d’un débat intellectuel. Il cite également une prise de position de Robert Badinter qui s’est prononcé aussi contre la loi Gayssot. Une chose est d’avoir une discussion sur la question, une autre est de signer une pétition aux côtés de néonazis et de négationnistes à la manœuvre et de leur servir de caution morale et de produit d’appel médiatique. L’on supposera que Yann Moix n’a pas vu le piège.

Abel Mestre et Caroline Monnot

(Menus Propps de Mestre et Monnot ont été corrigés le 31 décembre 2015, car ces scribes jassent trop mal françois.)

______________________________________________

Ils se mettent à deux pour écrire ces conneries, peut-être un juif et une goye, ou l’inverse. Coup d’œil suffit pour se convaincre de leur ignrance. Ils écrivent : « On évacuera donc ici assez vite les têtes de gondoles qui servent à vendre la pétition et surtout à servir de cache sexe à des cohortes éminemment plus politiques. » Quelle lourdeur que servir à servir ! Ou encore : « ce qu’a renforcé son incarcération ». C’est la première fois que nous entendons parler d’un emprisonnement qui renforce on ne sait quoi. Pis, Reynouard n’est pas « extrêmement actif sur le net ». Formé à la vieille école, ce fervent lecteur de Libération en est resté au papier imprimé, ce qu’il regrette maintenant, même si ses débuts cinématographiques sont assez prometteurs.

Yann Moix « affiche un soutien appuyé à la cause israélienne », expression juste. « À gauche, peu de prises » est discutable en revanche, les auteurs ayant eu pour but de démontrer que le révisionnisme est d’extrême-droite, ont tort, comme le souligne Gazette de Francfort.

Ensuite il apparaît que Revision a loupé de nombreux noms du gotha réviso, mais le premier papier ne sera pas corrigé. C’est dû à la mauvaise présentation de la pétition de Blanrue, mais aussi à la volonté de pousser l’ennemi à l’erreur. On constate alors que Panet n’est pas réviso, mais second couteau de Dieudo’. Ensuite Verbeke a bien été arrêté aux Pays-Bas, mais il n’y fut pas condamné. Le prétendre est faire injure aux calvinistes. Puis Mukuna n’est pas auteur d’un livre sur Dieudo’, mais d’un film ! Ensuite Maria Poumier n’est pas classée parmi les révisos à juste titre. Zoophile, sa place est dans l’enclos de Dieudonné, raison pour laquelle elle n’a toujours pas répondu à la proposition du guide de Revision.

Bonjour au passage à la conspirationniste Guilhaumé, qui porte joli nom. Le Démon a réussi son coup. Selon lui, les supporteurs de Reynouard seraient presque tous d’extrême-droite ou antisémites, il n’y aurait pas d’antijuif d’ultragauche parmi eux. Mais le gotha du Démon est incomplet. Seule information qu’il donne : Riposte laïque est invitée au salon du livre du Bney Brith le 14 novembre. Parce que le BB de Big Brother serait laïque ? Voilà nouvelle extraordinaire ! Pour Pierre Cassen cela se comprend, mais pour les autres ?

Enfin Moix, pote de Bernard-Henry Lévy, n’aurait pas vu le piège en signant la pétition ; à d’autres ! Moix reste ce qu’il a toujours été, un Machiavel au petit pied.

Et puis le papier « oublie » Georges Piscoci Danescu, roumain avec qui le frangyar Guionnet arrive à s’entendre. D’un grade qui correspond à celui d’ancien colonel de la Securitate il y a une quinzaine d’années, son nom n’est pas relevé par le Démon, qui veut exclure Europe centrale et orientale de la polémique. Mais l’Europe centrale en est au cœur en France, où Guionnet défend la Hongrie, toujours victime. De l’accord de Trianon, voulu entre autres par le sinistre Mandel, de la deuxième guerre mondiale ensuite, dont ce pays francophile a souffert les monstruosités, pendant et après. Le petit nombre des concordants magyars s’explique par le poids écrasant de la coterie juive en Hongrie et par le filtrage opéré des thèses révisotes, aussi bien par Viktor Orbán que par Jobbik, dont la coalition préfère concentrer exclusivement ses efforts sur le petit révisionnisme de Trianon.

Même principe que partout ailleurs : les propagandistes se focalisent sur le petit révisionnisme de leur choix, soi-disant par souci d’efficacité, grave erreur !

Un commentaire »

  1. Comment faut-il comprendre cette remarque ambiguë : (je cite, concernant Georges Piscoci Danescu) : « D’un grade qui correspondait à celui de colonel de la Securitate il y a une quinzaine d’année » (une pseudo révolution a mis fin au régime Ceaucescu en 1989, soit il y a plus de 20 ans. Par conséquent, il y a 15 ans, la Securitate n’existait plus (officiellement s’entend). Merci des précisions.

    (C’est très juste, même si la Securitate n’a pas disparu en 1989, elle a seulement changé de nom. Je vais essayer de trouver une solution, NDLR.)

    Commentaire par vautour blanc — 2 novembre 2010 @ 11:56 | Réponse


RSS feed for comments on this post.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :