Alain Guionnet – Journal Revision

25 août 2010

COMBAT DE MÓNUS

Filed under: Uncategorized — guionnet @ 02:20
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La guerre à Stormfront a cessé depuis longtemps, l’ennemi étant nul. Áron Mónus, qui avait herémisé Revision il y a peu, lui propose maintenant de fumer le calumet de la paix. C’est le monde à l’envers. Mónus recommence même à parler français ! Révolution, car il ne s’exprimait  qu’en magyar et en engluche ces dernières années.

Mónus habita longtemps Paris. Travaillant dans la finance, il voulut entrer dans le temple, où il finit par être initié, prétendent des frangins de la Grande Loge Nationale Française. Mais à quel prix ! car il y aurait des escrocs à Bineau, comme on disait à l’époque. Sa capitation n’aurait pas seulement été réclamée à Monus, dont le nom fut ainsi francisé, il lui aurait fallu payer des pots de vin. Sa mésaventure est vraisemblable, surtout quand on observe le complot mené depuis près d’un an contre Sultan Stifani par un nombre grandissant de fils de Pisan. Là encore il est question d’argent, car l’argent est partout, y compris chez la Veuve. En violation de la Constitution, qui interdit formellement de parler de « métal », interdiction qui parut s’imposer aux pères fondateurs de la franc-maçonnerie spéculatrice.

L’affaire n’en resta pas là, car Mónus se plaignit publiquement d’avoir été escroqué, avec son talent procédurier. En 1992, il publia Les secrets de l’empire nietzschéen, pavé de 800 pages. C’est le complot de la Société universelle des francs-maçons, comme disait Georges Boutmi, qu’il dénonce. Richement augmenté de dessins de Léo Taxil, le contenu du livre est taxilique.

Mónus fait petit magyarisme quand il annonce fièrement que son livre « se trouve aussi en librairie, par exemple à la Licorne Bleue ». Il a pourtant raison, car d’autres exemplaires sont conservés de-ci de-là, par des particuliers ou des institutions, mais Les secrets de l’empire nietzschéen sont bien gardés. D’où le mystère qui entoure aussi. Que signifie cet adverbe dans ce contexte ? Mystère (pour l’instant Licorne ne répond pas au téléphone).

Revision n° 35 d’avril 1992 publia une étude de l’ouvrage (des exemplaires sont encore disponibles au prix de 3,30 €). Après avoir un peu enquêté, après avoir parlé à Trestournel (responsable de la GLNF), après avoir entendu un enseignant de l’Institut hongrois dire que Mónus a un passeport israélien, Guionnet décida d’entrer dans la danse, intrigué par ces lignes de l’Express du 9 janvier 1992 : « Un mois plus tard [après la visite du grand maître du Grand Orient de France à Budapest], un livre sortait en librairie : L’Empire nietzschéen d’Aron Monus. Un torche-cul qui raconte — sans mollir  — que les juifs et les francs-maçons sont responsables de l’Holocauste. Dans la seconde, le gouvernement faisait saisir le livre. Et traînait l’auteur en justice ».

La rage de l’Express est séduisante. Le titre du livre de Mónus paru en hongrois en juin 1991 est incomplet, il s’agit de « Complot : l’empire nietzschéen ». Ensuite, Mónus ne dit pas que juifs et frangins sont responsables de l’Holocauste, c’est là interprétation du journaliste Vincent Hugeux. Mónus accuse la Veuve d’avoir « favorisé à dessein l’holocauste », pas d’en avoir été totalement responsable. Il se réfère en premier lieu à L’abandon des juifs par David Wyman (Paris 1987), livre préfacé par Élie Wiesel. Ensuite à Jacques Attali, en ce qui concerne les finances du Troisième empire, auteur tout aussi respectable que Wiesel. Enfin à Adolf Hitler, mais dans la version française de Mon combat supervisée par la coterie, qui traduit völkisch par raciste. Au fond, quand Mónus voit en Hitler « un agent sioniste malgré lui », c’est euphémisme. Depuis longtemps Revision l’appelle Père Israël.

Mónus oublie de signaler le quart de sang juif qui coulait vraisemblablement dans les veines du guide, c’est dommage. Mais c’est peut-être à dessein. En tout cas, il ne ment pas quand il évoque ses entretiens avec des juifs (619). Sauf qu’il parle des « francs-maçons juifs » car, selon lui, le franc-maçon est juif et vice-versa. Amalgame incompréhensible pour l’historien.

Mónus parle spontanément des « sages de Sion », qui auraient « estimé qu’il y avait déjà beaucoup trop de Juifs aux États-Unis pendant la guerre » (593). À savoir 5 millions, un peu moins de 10 millions à présent. Au lieu de reprendre l’expression sioniste sages de Sion, il aurait beaucoup mieux fait de parler des sages du cahal. À moins qu’il voulût ironiser, mais ce n’est pas le genre de Mónus.

Il y a plus grave : Mónus accrédite la thèse holocaustique, avec ses chambres à gaz ubique. L’idiot écrit : « L’Abandon des Juifs résume ainsi la situation qui prévalait vers la fin de l’année 1942 : “À Auschwitz, quatre nouvelles et énormes installations (chambres à gaz et fours crématoires) avaient été mises en service, accelérant le rythme déjà élevé des assassinats et portant la capacité à un niveau que l’on estime entre 6 000 et 12 000 meurtres et crémations par jour” » (594). Tout ou presque est faux, y compris la date indiquée.

Voilà peut-être le secret des secrets du prétendu empire nietzschéen : la prolongation du mythe holocaustique est étroitement liée à l’insolente et écrasante domination du capital financier. Enfin, pour l’anecdote, Mónus repart au charbon en voyant les succès obtenus par le site. Comme Blanc Bec, qui reprend la plume pour défendre bec et ongles que la république a toujours respecté la liberté d’expression. Comme en 1991, quand la République hongroise a saisi le livre de Mónus et lui a intenté un procès ?

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