Alain Guionnet – Journal Revision

21 janvier 2010

JONATHAN LITTELL DIT LE BIENVEILLANT

Jonathan Littell est né en 1967 à Jew-Pork. Ses ancêtres juifs de Russie ont émigré aux États-Unis à la fin du dix-neuvième siècle, mais il étudia à Paris, au lycée Fénelon, et obtint grand succès de librairie avec son roman Les bienveillantes écrit en français. Publié chez Gallimard en 2006, son pavé de 900 pages reçut le prix Goncourt 2006 et le Grand prix du roman de l’Académie française 2006. Littell mit cinq ans à l’écrire selon lui, mais peut-être quatre ans, car ce n’est qu’en 2002 qu’Imre Kertész reçut le prix de Nobel de littérature pour son roman Sans destination sur sa déportation à Auschwitz puis à Buchenwald. L’année ayant suivi celle des attentats du 11 septembre 2009 en Amérique, l’académie suédoise décida de récompenser ce roman holocaustique.

Pourtant le livre de Kertész parut en Hongrie en 1975, Sorstalanság, publié en français en 1998 sous le titre Être sans destin, appartenait en 2002 à un passé révolu. Issu de Budapest, ville en pointe de l’autre côté du Rideau de fer, il fut écrit quinze ans avant sa chute, en 1989 — précipitée par la Hongrie. Imprégné de l’antijudaïsme magyar, cet ouvrage s’appuie sur la fibre émotionnelle donnant lieu à toutes sortes d’interprétations, en insistant sur la tradition neologique du juif hongroi. Point de vue que l’académie suédoise décida de promouvoir après les attentats supervisés par les sionistes. Elle signifia par là qu’elle n’était pas dupe de l’historiographie holocaustique ni de l’identité des commanditaires des attentats de l’année précédente, tout en ouvrant une porte au partisan du cahal : qu’il s’engage dans le roman holocaustique, il sera récompensé ! Message reçu cinq sur cinq par Littell, qui a saisi qu’il lui fallait associer néologisme et cahalisme dans son roman. Ce qu’il fit en se débarrassant du bébé holocaustique, en l’attribuant aux dirigeants du régime hitlérien.

Le Bienveillant écrit, en prêtant ses propos à un officier SS : « Quant aux Juifs, on a le choix : le chiffre consacré, même si peu de gens savent d’où il provient, est de six millions (c’est Höttl qui a dit à Nuremberg qu’Eichmann le lui avait dit ; mais Wisliceny, lui, a affirmé qu’Eichmann avait dit à ses collègues cinq millions ; et Eichmann lui-même, lorsque les Juifs ont enfin pu lui poser la question en personne, a dit entre cinq et six millions, mais sans doute cinq). Le Dr Korherr, qui compilait les statistiques pour le Reichsführer-SS Heinrich Himmler, en est arrivé à un peu moins de deux millions le 31 décembre 1942, mais reconnaissait, quand j’ai pu en discuter avec lui en 1943, que ses chiffres de départ étaient peu fiables. Enfin, le très respecté professeur Hilberg, spécialiste de la question et peu suspect de vues partisanes, proallemandes du moins, parvient au bout d’une démonstration serrée de dix-neuf pages au chiffre de 5 100 000, ce qui correspond en gros à l’opinion de feu l’Obersturmbannführer Eichmann. Va donc pour le chiffre du professeur Hilberg » (p. 21).

Robert Faurisson trouverait matière à écrire des pages là-dessus, mais pas le site, qui se bornera à quelques éclaircissements. Le Bienveillant botte en touche, il commence par renvoyer le bébé au boche prépucé. À Höttl, dont il « oublie » de signaler que cet officier fit carrière au CIA grâce aux révélations que lui aurait faites Eichmann un an avant la fin de guerre, à un moment où il était rond comme une queue de pelle. Puis ce fut Israël qui jugea Eichmann, pas les juifs. Ensuite le rapport du docteur Korherr parle des juifs « évacués », y compris ceux ayant bénéficié du régime spécial, par définition favorable (comme ça l’est en théorie en droit français, moins en réalité), pas des juifs exécutés ! Enfin Le Bienveillant « oublie » de préciser que Raoul Hilberg est d’origine juive hongroise, autrement dit néologique. Ce qu’il indique de façon voilée quand il fait dire à l’ancien officier boche « le très respecté professeur Hilberg, spécialiste de la question et peu suspect de vues partisanes, proallemandes du moins ». Déjà qu’allemand est semibarbarisme, mais proallemand, avec sa diphtongue, est pire ! Littel « oublie » de signaler qu’Hilberg a réduit considérablement le nombre de morts juifs hongrois dans son livre par rapport à la mythologie holocaustique. Il « oublie » enfin d’indiquer qu’Hilberg a avoué, dans ses derniers livres, que nombre de ses propos étaient erronés. Il les tenait de témoignages dont il a par la suite constaté le caractère fantaisiste. Autrement dit son estimation est à jeter au panier.

Dans ces conditions, que reste-t-il du roman de Littell ? Feu de paille, succès de librairie, encouragement à suivre la voie néologique, qui devrait amener à parler d’excision, shoah des shoahs. Shlomo Sand l’a fait maladroitement dans son livre tandis que les ticounistes américains suivent obscurément ce chemin en accusant le Messie d’avoir fait trop de compromis, à l’origine de son récent échec électoral au Massachusetts. Ils accusent Obama d’escalade militaire imbécile en Afghanistan et au Pakistan (sic), dans des guerres ingagnables, ce en quoi ils ont raison. Leur gauchisme de façade les rend cependant suspects. À cette situation il n’y a pas de solution carrée à donner. Comme disait Nordau, le juif assimilé est ridicule, mais le sioniste l’est tout autant, sinon plus. D’où les acrobaties de Littell, cet animal de cirque.

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